Plein-Ciel

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Titre : Plein-Ciel

Type : Roman tome unique

Genre : Fantasy

Public : Jeune Adulte/Adulte

Pitch : Une dompteuse de rubans se fait recruter contre son gré à l’Opéra Plein-Ciel. Plongée au cœur des intrigues artistiques et politiques qui fourmillent dans les coulisses, elle devra choisir soigneusement ses alliances pour tirer son épingle du jeu.

État de progression : Le roman est écrit et en phase de correction.

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Résumé : Il y a plus de trois siècles que l’Opéra Plein-Ciel règne sur la Nébuleuse. Chaque soir, sur scène, la journée du lendemain se joue. Si le spectacle s’avère de mauvaise qualité, il n’y a pas de pain à la table du petit-déjeuner, les épidémies se propagent dans la capitale et les dons des citoyens deviennent incontrôlables. Afin d’enrayer la menace quotidienne, l’Opéra est dirigé d’une main de fer par la dynastie des Pourpres-Aux-Joues.

Depuis le jour de sa naissance, Ivoire doit se battre pour qu’on lui reconnaisse le droit d’exister. La Nébuleuse ne jure que par les apparences, or Ivoire est une albinos grise, un être difforme à la peau aussi pâle que la lune. La jeune femme pense avoir trouvé un semblant de paix en rejoignant les Ateliers des artisans, loin des feux de la capitale. Elle ne commet qu’une erreur : elle dompte un ruban pour la favorite de l’Opéra, attirant ainsi l’attention des hautes instances de la Nébuleuse. Plein-Ciel exige qu’elle se mette à son service.

Ivoire ne rêvait que de solitude et d’une petite maison au bord des rizières, la voilà propulsée au cœur du monde. À l’Opéra, le rythme infernal des coulisses ne s’interrompt jamais. Musiciens, artisans et serviteurs se plient sans sourciller aux exigences de la comtoise afin qu’il y ait un lendemain.

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           À peine avait-elle fait trois pas dans la pièce que la voix haut-perchée du Maître-Jouet prenait d’assaut les voûtes de la salle d’œuvre :   

           — Ivoire ! Mon velours s’étiole, mes boutons se font la manche et cette damnée collerette se prend pour une équerre ! C’en est fini de Démesure !     

           Habituées au vacarme ambiant, les Petites-Mains ne levèrent pas la tête de leur ouvrage, continuant de broder, tisser et coudre alors que l’artisan en chef pestait en traversant la pièce pour rejoindre Ivoire.  

           Démesure était extraordinairement petit pour un homme qui faisait autant de bruit. Vêtu de sa sempiternelle salopette de travail en coton noir, le tailleur arborait une panse volumineuse et une masse de cheveux blanchie par l’angoisse. Entre ses bras tendus, une robe de taffetas pourpre reposait à la manière d’une femme alanguie. Le Maître-Jouet n’avait pas son pareil pour flatter les vêtures féminines : il ne fallait pas en attendre moins d’un dompteur de  jupons. 

           — Regarde ! Contemple comme elle dépérit ! s’exclama l’homme en brandissant l’objet de son affection. 

           Ivoire posa un œil critique sur la robe : des bandes de velours jaune poussin fendaient le taffetas du corsage comme des rayons de soleil obliques. Le bustier étroitement lacé n’en était pas moins conçu pour une poitrine abondante. Des fleurs en organza encadraient le décolleté d’une frise dorée, donnant un petit aspect sage à une tenue qui ne l’était pas pour un sou. Et pour cause ! Cette robe était destinée à la favorite de l’Opéra : Kélicia-Désirée. 

            Plein-Ciel, Siècle Vaëlban