Le Cri Soleil

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Titre : Le Cri Soleil 

Ce récit est le second de trois contes post-apoétiques indépendants. Comme les deux autres, il a vocation à devenir un projet à quatre mains – un roman illustré par Anouck Faure aka Amaryan 

Type : Roman illustré  

Genre : Anticipation poétique 

Public : Adulte 

Pitch : Au cœur du monde froid où le soleil ne brille plus, trois personnages rencontrent la mort et le vent du changement. Ils devront prendre le chemin des bois, celui du cœur et de l’astre lunaire pour bâtir l’existence à laquelle ils aspirent. 

État de progression : Premier jet achevé en décembre 2020. En relecture chez ses alpha-lectrices. 

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Résumé : D’épaisses couches de nuages ont masqué le soleil. La terre est désormais plongée dans une semi-pénombre permanente où la neige et les brumes forment un paysage glacial et incolore. Il n’y a pas si longtemps, la secte du Phénix transformait ses enfants en Cri Soleil pour que les hommes et les femmes puissent contempler un pan de ciel bleu. Mais les temps ont changé. Aujourd’hui, on chérit les derniers trésors de la nature, les animaux, les rares enfants qui naissent encore et surtout la technologie des Xiang grâce à laquelle les communautés humaines survivent au sein de hameaux-cloches.

Nour est un disciple du Serpent et l’un des postiers qui assure la liaison entre les Cloches du sud. Profondément attaché à son existence nomade, sa vie bascule lorsqu’il doit prendre en charge une dangereuse fillette aux yeux de lave.

Adonaï adore s’occuper de sa Cloche Cathédrale : elle entretient le potager, restaure la voûte, tient ses petits vieux au chaud, jusqu’au jour où un inconnu frappe à leur porte, charriant dans son sillage la menace latente des Bois Dormants.

Phare est un Cri Soleil à l’apogée de sa puissance. Il règne sur la dernière Cité Lumière. Par le passé, il a connu la joie de servir ; à présent, il n’aspire qu’au repos et à la solitude. Mais qui acceptera de le laisser partir et de perdre l’éclat souverain du soleil ? 

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          « Les paroles de la femme le pénétrèrent jusqu’aux os et Phare se sentit glisser dans un tombeau où nulle lueur ne viendrait le réchauffer.

— Aussi, poursuivit Némésis, je vais me présenter devant le Tribunal du midi et proposer une expédition jusqu’à la Mer de glace. Nous ramènerons un enfant, idéalement deux, au cas où la première mutation se solderait par un échec, et tu les formeras.

Une affirmation. Pas une supplique ou même une demande. Un ordre.

— Non, refusa Phare.

Les yeux de Némésis étincelèrent, ceux de Phare se rivèrent aux grains de lavande d’un bleu-gris qui lui rappelait la couleur des iris de Tempérance.

— C’est ta destinée et ton devoir ! martela la doyenne du Phénix. Tu existes pour transmettre le Soleil et former d’autres Cri.

Il n’existait que pour cela : on le lui avait seriné chaque jour, une éternité de journées. Il l’avait cru, il s’était offert. Il avait regardé ses frères et sœurs solaires mourir de trop de feu. Il avait vécu l’opprobre de ceux qui considéraient son existence comme une aberration. Il avait enduré l’admiration oppressante des mangeurs de lumière. Il avait survécu à la phase blanche, la blonde, la mûre et la vénitienne. Phare glissa une main froide aux ongles automnal dans l’ample chevelure qui lui battait désormais les épaules. Il avait accédé à la flamboyance rousse, il avait régné. Non, il régnait toujours et jamais il n’infligerait ce qu’il avait vécu à un autre enfant. Jamais. »

Le Cri Soleil, Siècle Vaëlban