Ceci n’est pas un article

 

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Vaëlban : Salut à toi, visiteur de Heart Shaped Glasses Theory. Voilà, on a un problème. Après quelques mois d’errance, de négociations lamentables, de fausses excuses, de sens des priorités mal placé, la Muse de Siècle en a eu assez et elle l’a capturée cette semaine pour la mettre au taff bien comme il faut. Parce qu’on a beau dire, c’est une chose de vouloir écrire des histoires, mais encore faut-il se planter devant son clavier et ECRIRE ! Et ce, même quand on se fait des noeuds au cerveau lors de l’étape des corrections. Bref. On a perdu Siècle et, tu m’excuses, mais moi les articles de blog c’est pas trop mon truc, donc il va falloir attendre qu’elle revienne. Genre quand sa Muse aura eu son content de mots. Amuse-toi bien d’ici là, toi qui te balade dans le coin, et mange pas trop de myrtilles, on a vu l’effet désastreux que ça avait sur la propension à écrire de certains pious frappadingues que je ne nommerai pas !

 

Atelier Univers – Apprendre à s’émerveiller

 

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Hello hello, cher visiteur !

J’espère que tu vas bien, que tu as fait bon usage de ce petit nectar de folie que j’ai dissimulé dans ta besace la dernière fois et que tes lunettes en forme de cœur sont prêtes à l’emploi !

Aujourd’hui, nous retournons dans l’Atelier Univers et nous allons nous pencher sur l’un de mes outils préférés : l’émerveillement. Je te sers une coupe de nénuphou ou une tasse de monflu-crème (au choix^^) pour célébrer ce moment privilégié.

 

A ta santé et à tes rêves, merveilleux visiteur !


Source

 

Bien bien bien. ^^ Et maintenant, prends ta gradine et ton maillet, enfile ton tablier à fleurs, c’est parti !!!

Dans le dernier article, je te présentais l’Atelier de l’Univers, la démarche du Sculpteur de statue et ses premiers coups de maillets. Je te propose de t’intéresser, cette fois-ci, à un outil à consommer sans modération lorsque l’on choisit de suivre la voie et la voix de l’Univers : l’émerveillement, donc. Sacré sujet. Sujet sacré, à vrai dire^^.

Oui, cher visiteur ? Tu as une question ? Tu as raison, il y a plein d’outils sympathiques qui accompagnent le Sculpteur dans son périple vers lui-même. Alors pourquoi commencer par cet outil-là précisément ? Et bien parce que j’en ai envie, parce que mon intuition me dit que c’est le bon outil par lequel commencer et que lorsque j’envisage de t’en parler, l’énergie coule, les mots me viennent plus facilement : autant de petits signes Univers qui m’indiquent que c’est la bonne direction. ;-)

 

C’est quoi s’émerveiller ?

Commençons par une rapide définition sièclienne. S’émerveiller c’est, dans toute chose, choisir de voir la part lumineuse, le beau, le bon, le magique, l’inspirant. C’est ré-enchanter le monde. C’est valoriser l’être partout autour de soi. C’est ré-accéder à la profondeur de la vie à travers la légèreté. C’est se réconcilier avec sa part d’enfance, s’interroger, s’amuser d’un brin d’herbe, essayer de voir pour la première fois à chaque instant. C’est poser un regard aimant sur le monde et porter des lunettes en forme de coeur. C’est observer les rouages, les clés de la création et rendre grâce. C’est faire des bulles de savon, élargir sa croyance et déployer son imaginaire vers un horizon sans limites.

 


Source

 

Pourquoi cultiver l’émerveillement ?

Pour te donner une explication qui plaise davantage à ton mental, cultiver l’émerveillement, c’est faire d’une pierre trois coups :

  • Progresser dans son travail de Sculpteur, élaguer la gangue, se rapprocher de soi.
  • Générer une émulation positive qui rend le chemin, ses chutes et ses pentes escarpées plus faciles à négocier. En bref, de la motivation !
  • Trouver le plaisir, la joie dans l’instant présent, dès aujourd’hui.

 

dialogue1 Vaëlban : Pardon ? Excuse-moi de te déranger, Siècle, mais je ne vois pas en quoi le fait de m’écrier « Oh, un petit oiseau bleu ! Qu’il est joli ! Et en plus, il fait de la musique naturelle !!! » va me permettre de sculpter ma statue. Déjà, l’oiseau, il est extérieur, et tu m’as bien dit la dernière fois que mon seul terrain d’action, il était à l’intérieur de moi. Si je me focalise sur un pioupiou qui couine dans son nid, je ne saurais pas davantage qui je suis ! Je suis là pour travailler sérieux, moi ! Pour souffrir au service de la cause ! Pas pour chantonner, les yeux ouverts et la tronche naïve tournée vers les étoiles.

 

Bah justement, si !


Source – Apod Nasa

 

Siècle : Cher Vaëlban, hum, merci de partager avec nous tes questions. Déjà, je t’invite à réévaluer l’objectif final du Sculpteur de statue : savoir qui tu es, c’est une démarche sur le long terme. C’est incarner et même t’émonder en incarnant, pas à pas. Ce n’est pas viser et atteindre. C’est devenir. Dans cette optique, pratiquer l’émerveillement te permettrait, petit à petit, de te recentrer sur un sentiment (intérieur) de joie, de contemplation, de beauté et ce sentiment participe à ta transformation vers toi. L’émerveillement t’encourage à choisir l’Amour plutôt que la Peur. Lorsque tu ressens de la joie, lorsque tu admires, tu sculptes (parfois sans même t’en rendre compte) ta propre statue puisque tu dégages de sa gangue la part de toi belle, joyeuse, aimable et merveilleuse.

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Deuxième point important dans ce que tu dis et qui m’interpelle : c’est qu’il faut souffrir pour sculpter et se transformer. Et que l’émerveillement (ressenti positif par excellence) ne peut logiquement pas être la voie qui mène à l’Univers, et donc à toi-même.

 

La souffrance – Petit point métaphysique (en quelque sorte^^)

Disclaimer : J’ai pas mal hésité avant de faire ce petit point métaphysique sur la souffrance, mais je trouve pertinent d’aborder les rouages de notre fonctionnement pour t’expliquer à quel point l’émerveillement a des répercussions profondes sur la structure de l’être. Comme toujours, ce qui suit a été dit et répété par de nombreux pious avant moi, et ce n’est que le fruit de ma réflexion que je t’expose. Une vérité authentique parmi d’autres. Si c’est trop emberlificoté et que ça ne te parle pas, n’hésite pas à défiler l’article jusqu’à la Fée Clochette et à reprendre ta lecture à partir de là. ;-)

C’est une erreur d’appréciation fréquente que de considérer la souffrance comme « l’unique chemin menant au divin » (je suis d’ailleurs la première à la faire, à la refaire, à la re-re-faire. >< Heureusement, il y a les myrtilles et le Dieu des Pious. Merci à eux). La culture judéo-chrétienne est enracinée dans nos sociétés occidentales, et nous avons (tous) intégré cet héritage plus ou moins conscient : la souffrance mène à « Dieu », il faut « souffrir pour être beau », on ne mérite l’accès au bonheur, à soi, que lorsque l’on traverse de grandes épreuves pour y arriver. D’un point de vue « Univers », ce n’est pas exactement comme cela que ça marche.

Ce qui est vrai, c’est que nous sommes confrontés (durant notre incarnation sur Terre) à la souffrance, physique, mentale, émotionnelle. Pour être précis, ce dont nous souffrons d’abord (la cause première sur le plan métaphysique), c’est la séparation d’avec le divin, avec la part divine en nous, avec nous-même. Lorsque nous nous incarnons, nous oublions qui nous sommes, et nous passons notre vie à rechercher (souvent inconsciemment) notre identité perdue. De cette séparation originelle découlent les autres formes de séparation et la souffrance sous toutes ses formes.

Prenons un exemple rigolo dans lequel je suis une poire : belle, entière, délicieusement courbe, ravissante. Oui, oui, je sais, cher visiteur, la poire est un noble fruit, un peu juteux, mais noble. Presque autant que la myrtille, je te le concède volontiers. Hum. Revenons à notre poire : un jour où l’aigle volait au-dessus des flots, j’ai pris mon couteau préféré et j’ai séparé la poire (que je suis) en deux. (Le pourquoi j’ai décidé de me fendre en deux est une question extrêmement intéressante, mais on ne va pas s’en sortir si je l’aborde ici, tu me pardonneras, j’espère, de ne pas m’y attarder aujourd’hui). Lorsque j’ai séparé ma poire en deux, j’ai créé, ce faisant, un vide entre les deux parts du fruit. J’ai oublié instantanément ma deuxième moitié et j’ai cru être (depuis toujours) une moitié de fruit. Depuis, je souffre de l’absence de ma totalité, sans avoir pour autant conscience que ma forme originelle, totale, entière, c’est la poire et non la demi-poire.

 

C’est mon couteau préféré qui a fait ça !°_°


Source

 

Notre part de lumière est bien là, elle est à sa place. Mais elle est incomplète. Notre aspiration au divin, à la totalité, c’est l’idée qui persiste dans notre inconscient de la forme de la poire entière. Puisque ma seconde moitié d’être à disparu, puisque je l’ai oubliée, je ne vois que le vide, l’absence.

Et c’est là que nous faisons généralement une petite erreur d’appréciation. Nous cédons au besoin impérieux de compléter notre poire avec la première chose que nous avons sous la main : la souffrance issue de la séparation. Cette souffrance va constituer la matière première de nos ombres.

Pourquoi cette erreur d’appréciation ? Le vide, si tu te souviens bien de l’opposition conceptuelle que je t’ai présenté dans le dernier article, c’est le Néant, c’est le contraire de l’Être. Ce vide m’est insupportable. Je suis prêt à tout accueillir plutôt que rien. Tout plutôt que ce vide, que ce manque, que cette absence de demi-poire ! Mon royaume pour une demi-poire complémentaire, qu’importe si elle est tissée de souffrance, de colère, de tristesse ! Pour accéder à ma totalité divine, j’embrasse ma souffrance, j’embrasse mes ombres, elles me sont nécessaires ! Je vais combler le manque de ma moitié perdue par n’importe quel moyen. Je vais (de manière quasiment automatique) répondre à ce besoin en construisant mes ombres et en les positionnant à l’endroit où je manque.

Que sont les ombres ? Les ombres sont l’expression énergétique, mentale, émotionnelle et physique de la Peur avec un P majuscule (soit le contraire de l’Amour avec un grand A). La Peur est issue de la souffrance de la séparation, du moment où l’Être (la poire) s’est déchiré en deux. Là où il n’y avait que la complétude de l’Amour, il y a aussi désormais (en négatif, dans le sens photographique du terme) la déchirure de la Peur. Les symptômes de la Peur sont, par exemple : la jalousie, l’angoisse, la colère, l’orgueil, la tristesse. Il y en a bien d’autres, cela va de soi.

Au final, nous voilà composés d’une demi-poire d’Être bien juteuse et fondante (l’expression de l’Amour) et d’une demi-poire d’ombres (l’expression de la Peur) qui nous semble indispensable et inamovible. Nous pensons que nos ombres, notre souffrance est le seul chemin pour re-devenir divin/entier. En fait, c’est la transcendance, la transmutation de la souffrance en lumière qui est divine (au sens christique du terme) pas le fait de serrer les dents et d’encaisser. Il y a souvent confusion sur cet aspect des choses. ;-)

Ce qui m’est, en réalité, nécessaire, ce n’est pas de souffrir ou de cultiver mes ombres, mais de retrouver la plénitude de ma forme entière.

 

Ceci est l’image de ma poire intérieure réunifiée : adorable, n’est-ce pas ?^^


Source – ©Karen l’Hémeury

 

Voilà venu le moment du choix. Le choix de sculpter ma statue pour retrouver la mémoire de ma forme primordiale, retrouver ma moitié de poire originelle, ou le choix d’accueillir une fausse moitié de poire qui me donne la sensation biaisée, éphémère, de retrouver mon entièreté. Mais souvent, je préfère cette illusion confortable plutôt que d’accepter le vide, et la quête de la demi-poire perdue.

Regardons dans le miroir cinq minutes : ne nous le cachons pas, nous avons tous constitué une demi-poire d’ombres pour palier à la séparation et au Néant. Tous. Et maintenant ? Maintenant, deux portes se matérialisent devant nos mirettes écarquillées. Si je prends la porte de métal aux arabesques argentées et parfaites, je choisis d’entretenir ma souffrance, mes ombres (quelles que soient leurs manifestations dans ma vie). Si je prends la porte en bois moussue, un peu brinquebalante sur les bords, je choisis de transformer, de transmuter, de mettre mes ombres en lumière.

L’ombre s’installe dans l’espace du manque. L’ombre, ce n’est pas l’adversaire, le démon, l’entité qui « combat la lumière ». L’ombre, c’est l’absence de lumière. Mais si j’éclaire mon ombre, elle disparait.

Pourquoi je ne le fais pas ? Tout simplement parce que j’ignore la cause de mes maux. Je confonds les symptômes (ou les causes indirectes) avec la cause première de ma souffrance. Parce que j’ai oublié pourquoi je souffre, parce que j’ai oublié que je suis séparé. Parce que je ne sais pas que ma demi-poire d’ombres a été générée pour compenser le vide, pour lutter instinctivement contre le Néant. Parce que, du coup, je crois que mon identité est une poire composée d’ombres et de lumière. Je crois que mes ombres sont inévitables. Et en posant cette croyance là (tous les jours), je renouvelle mon allégeance aux ombres, j’entretiens la pérennité de ma souffrance. Pour être plus précis, j’entretiens la pérennité de mon ressenti de souffrance.

Note : Il est essentiel de distinguer la souffrance extérieure (que je rencontrerai partout dans le monde) de la manière dont je ressens/je gère/j’accueille cette souffrance. Cette souffrance extérieure ne m’appartient pas et je ne peux pas la transformer d’un coup de baguette magique (même si ce serait cool^^).

 

Source

 

Ce qui compte, ce n’est pas ce que l’on vit, c’est ce que l’on ressent, ce n’est pas ce qui nous arrive, mais ce qu’on en fait.

 

« Frodo : I wish the ring had never come to me. I wish none of this had happened.

Gandalf : So do all who live to see such times. But that is not for them to decide. All we have to decide is what to do with the time that is given to us. There are other forces at work in this world Frodo, besides the will of evil. Bilbo was meant to find the Ring. In which case, you were also meant to have it. And that is an encouraging thought. »

The Lord of the Rings, Tolkien

 
(Je me permets une petite traduction en français pour les non anglophones.^^)
 

« Frodon : Je voudrais que l’anneau ne soit jamais venu à moi. Que rien de tout ceci ne se soit passé.

Gandhalf : Comme tous ceux qui vivent des heures si sombres. Mais ce n’est pas à eux d’en décider. Tout ce que nous avons à décider c’est quoi faire du temps qui nous est imparti. Il y a d’autres forces en action dans ce monde, Frodon, à part la volonté du mal. Bilbon était supposé trouver l’Anneau. Et puisque c’est le cas, tu étais également supposé le posséder. Et c’est une pensée encourageante »

Le Seigneur des Anneaux, Tolkien

 

Ma marge d’action est (once again, hé hé^^) à l’intérieur de moi : ma croyance, ma manière d’accueillir la souffrance extérieure, d’y répondre, de l’entretenir ou de la transformer. Au moment où je prends conscience de la cause première de ma souffrance (la séparation de ma poire), je récupère aussi la possibilité de poser une autre croyance, un autre choix. Je peux décider de me reconnecter avec ma moitié de poire originelle. Je peux décider de sculpter ma propre statue, décider de mettre mes ombres en lumière. Et une excellente manière de transmuter ses ombres en lumière, c’est… d’apprendre à s’émerveiller.^^

Vaëlban : J’en suis comme deux ronds de poire écrabouillés !°_°

Siècle : Je te comprends, c’est des trucs compliqués tout ça. T’inquiète pas, on va passer à des choses plus pragmatiques, à présent ! Pour reprendre tes mots, mon grand : à chaque fois que tu écoutes vraiment le chant d’un oiseau, que tu t’extasies sur la couleur de son plumage ou de la perfection avec laquelle il agence les branchages de son nid, tu es sur le chemin de l’Univers et tu te rapproches de toi. Tu vois, l’émerveillement te permet de sculpter ta propre statue. Il te permet aussi de générer de l’émulation. De te nourrir de matière positive, de t’abreuver de nectar de piou mis en bouteille. L’émerveillement te donne envie de continuer d’avancer, de voir la suite, de progresser. Un peu comme si tu te coachais toi-même sur le chemin de l’Univers.^^

Vaëlban : Allez, Vaël, tu peux le faire !!!

Siècle : Voilà.^^

Vaëlban : Je donne tout ce que j’ai là.

Siècle : Brave petit. La cerise sur le gâteau, c’est que plus tu t’émerveilles, plus tu vis, au quotidien, des moments où tu te sens bien, où tu te sens heureux, il y a donc un troisième effet Kiss Cool qui s’installe assez vite lorsque l’on apprend à s’émerveiller. Et ça fait du bien !

 

 « Kiss Cool, c’est frais, mais c’est pas grave »


Source

 

L’émerveillement : Comment ça marche sur le plan énergétique ?

Pfiiiouuuuu… ça dépote, tout ça !^^.

Courageux visiteur, je te file deux ou trois notions sur le fonctionnement de l’émerveillement et après on passe aux travaux pratiques. D’accord ? Tu te souviens de tes trois premiers coups de maillet (ceux qu’on a donné ensemble dans l’Atelier précédent) : la responsabilité envers soi-même, agir plutôt que subir, remplir son Lac ?

Pour s’émerveiller, on va avoir besoin des trois. S’émerveiller c’est remplir son Lac. Pour s’émerveiller, il est essentiel de savoir qu’on a le choix de ce que l’on sème à l’intérieur de soi, de ce qu’on cultive en positif ou en négatif. On reprend alors sa responsabilité en agissant dans le sens de l’émerveillement et non en subissant les ombres douillettement installées dans leur cocon d’habitude. Oui, je sais, ce n’est pas facile, elles sont tenaces, les coquines !

Vaëlban : J’en ai marre ! Pourquoi elles s’accrochent comme ça, ces ombres velues ? Je frotte, je passe la serpillère, je me concentre super fort pour voir le positif, mais j’y arrive pas ! Il y a des vagues entières de rancune et de fatigue qui me submergent la gueule jusqu’à plus soif ! C’est trop dur de faire pioupiou, en fait !

Siècle : Bah oui.

Vaëlban : Comment ça « bah oui » ? Tu fais pioupiou tout le temps, toi !

Siècle : Et tu croyais que c’était naturel, que ça faisait partie intégrante de ma petite personne et que je suis née comme ça ?

Vaëlban : Euh… bah oui.

Siècle : Bah non. En réalité, le Dieu des Pious, c’est la forme que j’ai choisi de donner à mon émerveillement quand j’ai commencé à le cultiver, il y a plusieurs années. Avant, je ne faisais pas pioupiou du tout. Je contemplais, le front noble et l’œil humide, la profondeur de mes abysses et les splendides ombres qui valsaient pour l’éternité sur l’océan de ma souffrance !

Vaëlban : Ah ouais… ça avait l’air sérieux, ton histoire. Classe, hein, mais…

Siècle : Déprimant ?

Vaëlban : Ouais, j’avoue.

Siècle : Un poil grandiloquent sur les bords ?

Vaëlban : C’est toi qui le dit !

Siècle : En effet. Tu veux un bonbon à la myrtille ?

 

Source

 

Vaëlban : Euh… Peut-être une prochaine fois ? ><

Siècle : A ta guise, mon grand. Tout ça pour dire que s’émerveiller, ce n’est (la plupart du temps) pas une capacité innée. La raison pour laquelle on a l’impression de s’engluer dans des tas d’ombres lourdes et pas pioupiou, c’est parce que, pendant des années, on a choisi d’entretenir son ressenti souffrant plutôt que son ressenti positif. On récolte les graines de centaines de moissons passées. Notre énergie se coule bien plus facilement dans le vieux sillon de trois mètres de profondeur plutôt que dans le nouveau chemin que l’on vient d’esquisser.

On sème pour aujourd’hui et demain. On récolte ce que l’on a semé hier et aujourd’hui. Forcément, au début, l’émerveillement nous parait factice, forcé, artificiel. C’est la réitération du geste émerveillé, c’est le fait d’arroser la graine du merveilleux tous les jours (qu’il vente, pleuve ou fasse soleil) qui va permettre à l’arbre de l’émerveillement de prendre racine à l’intérieur de nous. Grâce à la répétition et à la persévérance, l’énergie creuse un nouveau sillon qu’il nous sera de plus en plus facile d’emprunter au fil du temps et de préférer à l’ancien sillon.

 

On suit la règle des 3C : Création. Constance. Confiance.

  • Je crée un nouveau sillon, je plante la graine du merveilleux en moi.
  • Tous les jours, toutes les heures, toutes les secondes, constamment, je l’arrose.
  • J’y crois à cette graine, j’ai confiance en ce qu’elle m’apportera et en l’Univers qui me l’a confiée.

 

L’arbre du Merveilleux


Source – The Fountain

 

Apprendre à s’émerveiller

Ça va, cher visiteur ? Tu es toujours là ? (Je m’émerveille que tu sois toujours là.^^)

Vaëlban : Moi je suis toujours là en tout cas ! Ca y est, tu as fini de blablater ? On passe aux travaux pratiques ?

Siècle : Allons-y !

C’est quoi la technique ultime pour s’émerveiller ? Eh bien, il n’y en pas. Ou plutôt, il y en a un nombre infini. Le meilleur conseil qu’on pourrait donner à celui ou celle qui décide de semer l’émerveillement dans sa vie, c’est de fabriquer sa propre recette avec les ingrédients qui lui conviennent et de l’assaisonner avec sa propre sauce magique.

 

Use your imagination !

Source – ©Hook/Steven Spielberg

 

Déjà, un point à retenir (même si on n’arrivera pas à le mettre en application à chaque instant) : on peut s’émerveiller de tout, tout le temps. S’émerveiller de petites, moyennes et grandes choses. S’émerveiller, ce n’est pas être niais, naïf, ignorant des dures réalités du monde, c’est avoir la sagesse de balayer d’abord à l’intérieur de sa maison avant de balayer devant sa porte. C’est planter du bonheur pour soi et pour les autres. S’émerveiller, c’est prendre soin. Ce qui nous émerveille, ce qu’on aime, on a aussi envie de le protéger, de le partager.

 

Voilà quelques pistes d’émerveillement :

 

  • Se nourrir de la beauté du monde

Contempler la beauté et s’y attarder partout où elle frappe notre œil, notre oreille, nos papilles, nos sens, c’est une excellente manière de s’émerveiller. La beauté peut prendre bien des formes, peut conjuguer les sens, les savoirs-faire, la nature et la création de l’esprit. On peut la voir au coin de la rue, à travers la Toile, les images, les sons, l’art, le cosmos.

 

La nature est une source perpétuelle de beauté


Source

 

« There is a sunrise and a sunset every day and you can choose to be there for it. You can put yourself in the way of beauty »

(Wild, Jean-Marc Vallée)

 
(En en français, ça donne…)

« Chaque jour, le soleil se lève et le soleil se couche et tu peux choisir d’être là pour le contempler. Tu peux te placer sur le chemin de la beauté » »

(Wild, Jean-Marc Vallée)

 

On peut s’émerveiller de l’infiniment grand

Source : Nasa/APOD

 

S’émerveiller de l’infiniment petit


Source – Boîte de Petri

 

De la patte de l’homme dans la matière

Source – La Sagrada Familia

 

De la virtuosité scénique et musicale

La reine de la Nuit – Diana Damrau dans La Flute enchantée – Mozart
     

  • S’émerveiller à travers l’empathie

On accède aussi à l’émerveillement par le biais de l’empathie. Non pas l’émotion personnelle qui nous submerge, mais la capacité à se mettre en lien avec tout ce qui est. Un peu comme si le monde/les autres étaient une extension du soi, et qu’il y avait un peu de nous dans chaque être vivant.

L’empathie, la vibration de connexion entre les êtres, est la quintessence du merveilleux.

Se poser la question de la perception de l’autre. Voir en chacun le beau. Mettre en valeur ce qu’il y a de plus touchant chez lui, chez elle, c’est ennoblir, adouber le merveilleux dans sa propre vie et dans celles de ceux qui sont enluminés par le regard émerveillé.

 

Naissance et connexion

Source

 

Parfois, on entre en lien avec des émotions ancestrales, inexplicables par les mots, ou par la logique. Là encore, l’empathie est à l’oeuvre.

 

Les racines de l’émotion sont partout

Source
     

  • On peut aussi cultiver l’émerveillement par des exercices pratiques au quotidien

♥ – Remercier. Pour ce qui nous est donné de vivre. Les petites choses qui embellissent notre existence, mais aussi les épreuves douloureuses dont nous pouvons tirer des fruits. Plus on remercie, plus on arrose en soi un sentiment de reconnaissance qui pousse comme une fleur d’émerveillement. Remercier ou rendre grâce, cela semble très très simple comme geste. Mais le faire vraiment demande une grande volonté. Il s’agit d’un acte énergétique pourtant extrêmement puissant.

♦ – S’entraîner à voir le verre à demi-plein et non le verre à moitié vide dans toutes les situations que nous expérimentons. On peut, par exemple, s’exercer en tenant un cahier dans lequel on écrira 10 réalités de notre vie pour lesquelles nous sommes reconnaissants tous les matins.

♠ – Transformer ses habitudes. On peut choisir de se reprendre à chaque fois que l’on se plaint de quelque chose, changer ses mots, son vocabulaire, y introduire des notions joyeuses, lumineuses, légères.

♣ – S’amuser. Si tu veux retrouver tes lunettes d’enfant, Art Mella (une merveilleuse artiste, chercheuse d’eau et d’images ;-) ) propose un chouette exercice à faire sur son blog.

 

Les opportunités de s’émerveiller sont aussi nombreuses que les étoiles, cher visiteur, à toi de forger ton chemin entres les galaxies, si tu le souhaites ! Vers l’infini et au delà !

 

Lumière sur ta journée !

 

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Si cet article t’a intrigué, que tu as un peu de temps devant toi et que tu as envie de t’émerveiller (au travers d’une exploration périlleuse et renversante, je te préviens^^), je t’invite à emprunter d’autres paires de lunettes que les miennes et à regarder cette longue et magnifique vidéo sur la Conscience.

 

En Conscience

Source – Tistrya – Documentaire « En conscience »

 

 

Exercer sa créativité !

Cher visiteur, lumière sur ta journée !

Aujourd’hui, je vais babiller le temps d’un court article (une fois n’est pas coutume^^) au sujet de la créativité.

Comme tu peux le voir à t’en écarquiller les mirettes : création, acte créatif, créateurs de tous poils, créatures à lunettes et autre créa-choses prolifèrent librement sur ce blog. Ils en sont même l’objet principal. Que l’on parle d’écriture, d’œuvres d’art et d’initiatives créatives, ou de développement personnel, le fil rouge d’HSGT, le point commun entre ces différents sujets, c’est toujours l’acte créateur.

 

Devenir en créant !

Source

 

Pourquoi cette obsession pour la création, ma petite Siècle ? me diras-tu. Est-ce que tu gagnes une myrtille à chaque fois que tu places le terme créatif dans l’un de tes articles ? Pas exactement. Mais, euh… en fait si. En quelque sorte. L’Univers adore qu’on parle de création et il me récompense en myrtilles énergétiques. Merci Univers.^^

Hum. Entrons dans le vif du sujet. Pour amorcer cette réflexion, je vais utiliser une image, celle des journées-boucles et des journées-surprises. On y va ? Prêt, feu, partez !

 

Journées-boucles et journées-surprises

Dans la vie de chacun d’entre nous, il y a des journées-boucles et des journées-surprises. Les journées-boucles sont celles durant lesquelles nous répétons une routine quotidienne, des habitudes, des gestes automatiques. Lorsque nous observons, ultérieurement, cet ensemble de journées-boucles, notre mémoire nous fournit (avec papier cadeau en prime) une seule journée-souvenir ornée d’un gros ruban. Un peu comme si les événements vécus lors de ces différentes journées s’étaient contractés pour n’en former plus qu’un.
Si nous accumulons un grand nombre d’actions-boucles ou de journées-boucles, le temps accélère et nous avons souvent l’impression de nous faire dépasser par le train de la vie et de rester à quai. Immobile. Spectateur. Pas ultra agréable comme sensation, je te l’accorde volontiers.

 

Attendez-moi !°_°

Source

 

Ce qui va donner de la couleur, du mouvement, une délicieuse odeur de vivant à notre existence, ce sont les journées-surprises, celles qui rompent avec le quotidien de mille et une manières.

 

Comment génère-t-on une journée-surprise, par exemple ?

  • En partageant un moment important avec une personne (et je ne pense pas à un échange du type : « tu as pensé à acheter du pain, ce matin ? Non, la boulangerie était encore fermée ! Décidément, ça devient une habitude, ils feraient mieux d’ouvrir un magasin d’origamis à la place ! » Là, on est dans un échange-boucle).
  • En se détachant suffisamment de l’habitude pour s’émerveiller de ce qui nous entoure et de ce que nous vivons. On reviendra plus en détail sur la notion d’émerveillement dans l’Atelier des sculpteurs au prochain article.
  • En vivant des événements nouveaux, imprévus ou qui nous engagent en profondeur, qui nous demandent d’improviser, de sortir de notre zone de confort, de prendre des décisions. Typiquement, quand je pars en voyage (au hasard^^), chaque journée diffère de celle d’avant, je parle à de nouvelles personnes, mon environnement varie, suscitant des réflexions inattendues, un expérientiel unique.

 

Les journées-surprises sont comme des cadeaux : une expérience de plus dans le sablier du temps !


Source

 

Géant ! t’enthousiasmes-tu. Je signe tout de suite pour des journées-surprises à gogo ! Avec plaisir, cher visiteur, pioche donc une paire de lunettes en forme de paquet cadeau dans le chapeau d’allégeance ! Tu commences à me connaître alors je suis certain que tu sais ce que je m’apprête à te dire : il t’appartient de vivre une journée-boucle ou une journée-surprise, c’est à toi de choisir. ;-)

Oui mais, contestes-tu encore, je n’ai pas la possibilité de partir en voyage, les conversations passionnantes, encore faut-il les dénicher… et une baguette de pain me serait bien plus utile qu’un origami ! Si je signe, il est où mon ingrédient magique ?

Le veux-tu, le voilà ! L’ingrédient magique, celui ce qui différencie les journées-boucles des journées-surprises, c’est… taratataaaaaaam… l’acte créatif ! (Je t’ai pris par surprise, là, avoue !^^)

Oui, parce que créer, ce n’est pas seulement créer « une œuvre », c’est aussi créer une situation, un projet, une relation. Trouver des solutions. C’est innover, improviser, imaginer, élucubrer, inventer. Lorsque nous nous mettons en « mode créatif », nous basculons du même coup en mode conscient, éveillé, actif. Nous réveillons la part de nous-même (semi-comateuse, à force de répéter en boucle °_°) qui veut le mouvement, l’inattendu, l’expérience, qui veut apprendre. Nous l’aiguisons, nous la défions d’échafauder, de projeter, d’assembler, de concevoir. Nous la libérons de son carcan d’habitude. Or, cette part de nous en meurt (et pas que littéralement) d’envie car son essence, c’est justement de créer. De créer dans le monde et de se créer elle-même au passage.

Lorsque je vis des journées-surprises, j’ai l’impression que le temps s’étire et ma mémoire me restitue, au final, plusieurs journées-souvenirs enrubannées au lieu d’une seule. Créer, c’est vivre deux fois (ou plus), à travers un rapport au temps différent d’une part, et à travers la multiplication (et non la répétition) des expériences que nous faisons, d’autre part.

 

Créer, c’est vivre deux fois


Source

 

Il est où le piège ?

Si c’est si facile de créer, si c’est un besoin, pourquoi ne déployons nous pas notre créativité à tous les vents tel le cerf-volant moyen ? Nous sommes ralentis par notre environnement, nous sommes arrêtés par nos peurs.

Prenons un exemple très concret d’environnement qui peut brider la créativité : la systématisation et l’automatisation des tâches. La vie d’entreprise simplifie, réglemente, sectorise le travail dans un objectif d’efficacité. Si de nombreuses personnes sont malheureuses ou peu motivées par leur quotidien professionnel, c’est parce que celui-ci a été vidé de toute part créative, de la responsabilité personnelle d’innovation, de l’opportunité de concocter des solutions, d’inventer des projets. L’effet pervers de cette situation, c’est que l’entreprise qui fonctionne ainsi se prive de la richesse créative de ses membres qui perdent leur motivation à s’investir dans les tâches quotidiennes… désormais vidées de sens/d’essence. Bien entendu, ce n’est pas une généralité et il y a des entreprises tout à fait créatives, au demeurant. 

La vraie raison, celle qui nous fige, prend toujours racine au même endroit : la peur. Nous avons souvent peur de devenir créateur, peur de créer, car nous craignons de chuter, de ne pas être à la hauteur de nos propres espérances, ou devrais-je dire de nos propres exigences. Nous craignons de nous perdre en chemin, de devenir autre. Et cette peur nous paralyse. Si nous acceptons la responsabilité de notre créativité, nous acceptons aussi le pouvoir qui va avec et ce que nous en faisons, ou n’en faisons pas… ;-) Je ne développe pas davantage ce point ici car j’en ai déjà parlé en détail le mois dernier dans l’Atelier Univers.

 

Ouverture

Sur le long terme, l’acte créateur nous offre un grand nombre de journées-surprises, il nous offre du temps, il nous abreuve de sens.
Lorsque nous créons, nous sommes plus vivants, nous vibrons davantage. Nous sommes plus heureux aussi. Nous nous nourrissons, nous nous transformons, nous nous renouvelons. Nous libérons notre image in air pour aller à la rencontre de nous-même.
C’est pourquoi, saisir toute occasion de créer, petite et grande, sur le court, le moyen et le long terme mène à l’épanouissement. C’est pourquoi, à titre personnel, je me crée l’occasion de créer (des articles) en créant un blog où l’on parle de création. Par exemple.

 

Et hop !^^


Source

 

Et toi, cher visiteur, crées-tu tes propres portes ?°_°

Atelier Univers – Sculpter sa propre statue

 

univers-babillage

Cher visiteur,

Je suis ravie de te retrouver sur cette page !

 

Le temps est venu d’entrer de plein fouet dans un sujet qui me tient à cœur. Nous allons aborder aujourd’hui un acte créateur de nature plus subtile : la création de soi-même. Je ne te cache pas qu’au moment d’entamer ce babillage vertigineux (et subjectif, garde bien cela en mémoire ;-) ), mes mirettes s’écarquillent quelque peu. Hum. Tout le monde a bien chaussé ses lunettes en forme de cœur ? Sûr et certain ? Bon, d’accord. Ne tergiversons pas plus longtemps. Allons-y !

 

L’Univers !

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Source : Wertn et APOD – Nasa

 

Dans cet article, audacieux visiteur, je vais essayer de t’aider à percevoir la nature de ce drôle de truc qu’on appelle « Univers ». Impossible de te donner une définition carrée, traditionnelle et purement rationnelle. L’Univers s’intéresse à l’essence de ce qui est. Or, tenter de délimiter l’essence de l’être en quelques phrases, c’est un peu comme sauter dans un marais à la faune prolifique après s’être soigneusement badigeonné de miel des pieds à la tête : un poil risqué.

Cela dit, comme tu l’as probablement déjà remarqué, je communique avec toi à l’aide de mots, j’écris sur un blog et il va bien falloir que j’essaye d’approcher la chose armée de mon clavier. °__° Aussi, je vais, au fil de cet article, te donner une multitude d’images métaphoriques, de définitions variées, d’angles de vue différents pour approcher ce concept d’Univers qui n’est pas, en fait, comme tu l’auras saisi, un concept, mais un être.

Disclaimer : c’est évident, mais je le répète quand même (sait-on jamais^^), je n’ai pas le monopole des idées que j’aborde dans cet article, elles ont été abondamment développées par bien d’autres au fil des siècles. Tout ce que je dis est à prendre avec des pincettes : il ne s’agit pas de vérités mais de ma réflexion personnelle.

 

Préambule

Commençons par le commencement. Dans une série de quelques articles (qui seront regroupés sous le titre « Atelier Univers ») je parlerai en long, en large et en travers des Sculpteurs de statue. Alors, je te pose la question à 3000 ksecs : ça veut dire quoi, sculpter sa propre statue ?

 

statue
Source

 

  • Sculpter sa propre statue

A l’origine, sculpter sa propre statue est une métaphore employée par Plotin, philosophe de l’Antiquité grecque et exégète de Platon, dans son œuvre les Ennéades.

Voici ce qu’il nous dit :

Comment peut-on voir cette beauté de l’âme bonne ? Reviens en toi-même et regarde : si tu ne vois pas encore la beauté en toi, fais comme le sculpteur d’une statue qui doit devenir belle ; il enlève une partie, il gratte, il polit, il essuie jusqu’à ce qu’il dégage de belles lignes dans le marbre ; comme lui, enlève le superflu, redresse ce qui est oblique, nettoie ce qui est sombre pour le rendre brillant, et ne cesse pas de sculpter ta propre statue, jusqu’à ce que l’éclat divin de la vertu se manifeste, jusqu’à ce que tu voies la tempérance siégeant sur un trône sacré. Es-tu devenu cela ? Est-ce que tu vois cela ? Est-ce que tu as avec toi-même un commerce pur, sans aucun obstacle à ton unification, sans que rien d’autre soit mélangé intérieurement avec toi-même ? Es-tu tout entier une lumière véritable, non pas une lumière de dimension ou de forme mesurables qui peut diminuer ou augmenter indéfiniment de grandeur, mais une lumière absolument sans mesure, parce qu’elle est supérieure à toute mesure et à toute quantité ? Te vois-tu dans cet état ? Tu es alors devenu une vision ; aie confiance en toi ; même en restant ici, tu as monté ; et tu n’as pas plus besoin de guide ; fixe ton regard et vois.

Source : Gilles Jobin – Citations

 

Impressionnant, n’est-ce pas ? Dit autrement, sculpter sa propre statue, c’est retirer le superflu, l’artificiel, tout ce qui n’est pas nous pour accéder à l’être véritable. C’est dégager son essence de la gangue que la vie (l’éducation, la société, le quotidien) a tissé autour de ce que nous sommes. C’est éplucher la surface de l’être de ses masques, de ses personas, ceux que nous revêtons pour nous dissimuler (à nous-même) notre propre nature. C’est prendre la voie de l’Univers. Et celle de l’Amour avec un grand A, à commencer par l’Amour de soi.

 

Sculpter sa propre statue, c’est apprendre à s’aimer

amour

Source : Potdecitations – Benoît Lacroix

 

Oui, oui, je sais, j’emploie des grands mots : Univers, Amour, Véritable ! C’est bien beau tout ça, me diras-tu, mais euh… ça se passe comment en pratique ? Quel est l’Atelier qui nous propose, l’air de rien, de tailler notre statue, d’en ratiboiser la surface à la recherche de l’être véritable ? Et avec quels outils ? Ils sont fournis par le prof ? C’est qui le prof, d’ailleurs ?

Doucement, doucement, je vais y venir dans le corps de cet article, on est toujours dans le préambule là ! Mais en très très gros, l’Atelier, c’est la réalité énergétique. Le professeur attitré, c’est l’Univers, et les outils sont déjà sous ton oreiller, c’est juste qu’ils ont tendance à devenir invisibles au fil du temps.

 

  • La réalité énergétique – l’Atelier des Sculpteurs

La plupart du temps, quand on se demande de quoi est composé un être vivant, disons plutôt un être humain pour ne pas prêter à confusion, on identifie trois parties (en fait, il en existe d’autres, mais je vais rester sur une approche simple ici^^) :

◊ le corps physique (la matière qui nous procure des sensations)
◊ le corps émotionnel (les émotions, les sentiments)
◊ le corps mental (la pensée qui nous permet de manier les idées)

Il existe une quatrième dimension de l’être qui englobe les trois autres et qui se diffuse à travers la sensation, l’émotion, la réflexion : il s’agit du corps spirituel/du plan/de la réalité énergétique (qui nous ouvre les portes de l’Atelier « travaux pratiques » sous la bienveillante supervision de l’Univers).

Peut-être que tu as déjà fait l’expérience suivante, cher visiteur : alors qu’il ne faisait pas froid (35°, c’est dire !), que tu étais tranquillement assis sur ton transat en train de lire un roman, tu as buté sur une phrase particulière et tu as ressenti un frisson profond, une sensation physique avec un arrière-goût d’autre chose. L’autre jour, tu étais au cinéma et, devant tes yeux, un personnage a vécu une situation qui t’a particulièrement touché. Pendant des mois, tu t’es souvenu de cette scène avec émotion, elle s’est gravée à l’intérieur de toi avec une intensité que tu ne t’expliques pas. Alors que tu faisais face à une situation insoluble, tu as été frappé par une illumination : une idée a soudainement jailli dans ton esprit, t’ouvrant une nouvelle manière de considérer les choses.

Lors de chacune de ces expériences, tu as vécu l’expression de ce qu’on appelle la réalité énergétique. Seulement, l’énergie est quelque chose de subtil. Certains la perçoivent de manière innée, mais dans la plupart des cas, on apprend à la percevoir. Par réflexe, nous rangeons ces manifestations dans des cases qui nous sont plus familières. On le fait tellement qu’on finit par oblitérer cette quatrième dimension de l’être. Un peu comme la théorie des lunettes en forme de coeur. Tu sais, au moment où le chapeau d’allégeance se carapate de notre mémoire et qu’on oublie qu’on a le choix ? Eh bien, c’est la même chose ici. Exit l’Atelier des Sculpteurs. Bye bye, Univers. Fais bon voyage !

 

bye-bye
Source

 

Tant mieux ! me dit-on dans l’oreillette. On est en plein blabla métaphorique là ! Elle est où ta preuve de ce machin énergétique dont tu nous parles ? Ton approche n’est ni rationnelle, ni scientifique ! On dirait un dogme religieux à la sauce hippie ! Franchement, Siècle, tu as fumé la moquette ? Tu te souviens qu’on est au XXIe siècle, ma petite ?

Oui, oui, je m’en souviens à peu près. Et non, je n’ai pas de preuves papier à te fournir illico presto, mon cher visiteur. Il est difficile de prouver une réalité énergétique à travers un prisme rationnel qui utilise le raisonnement pur et la recherche de la vérité avec un grand V. En tout cas, moi, je ne sais pas le faire. Je te fais juste part de ma perception des choses. Libre à toi de t’y intéresser ou d’aller plutôt tricoter des chaussettes dépareillées pour l’hiver. Ce que je comprendrais parfaitement, j’ai une grande tendresse pour  les chaussettes dépareillées.

 

Jamais sans mes chaussettes

chaussettes
Source

 

  • Univers versus science : une fausse opposition

Ah oui, un petit truc quand même. La voie de l’Univers peut être comprise comme une recherche spirituelle, une volonté d’accéder à son être profond. Ce n’est en aucun cas une approche dogmatique ou religieuse, il n’y a pas d’Eglise, pas de pouvoir temporel auquel se référer. Il s’agit davantage d’une philosophie de vie. Donc rien à voir. ;-)

Ensuite, on imagine souvent que l’énergie s’oppose à l’esprit rationnel, que les perceptions extra-lucides dégainent le mousquet face à l’expérimentation scientifique. Pas du tout. Les plus grands scientifiques se sont intéressés à l’Univers au sens large, à l’Amour avec un grand A, au sens de la vie, à cette toile d’énergie merveilleusement agencée qui lie les êtres entre eux.

A commencer par Albert Einstein qui parle de l’Univers en ces termes là :

 

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Source

Si tu es curieux, tu peux aller regarder d’autres citations de ce grand homme par ici !

 

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Source

 

Et si tu veux chausser une paire de lunette plus actuelle, je t’invite à lire un extrait de l’interview de Joël de Rosnay, ci-dessous :

Je parle en effet de spiritualité et d’émerveillement, deux mots étranges pour un vulgarisateur scientifique. Mais je ne suis pas le premier à être émerveillé par l’unité et l’harmonie de la nature… Einstein, Spinoza, Pythagore ou encore Jacques Monod l’ont été avant moi. Lorsqu’on observe cette perfection, on ne peut que se demander ce qu’il y a derrière. On dirait que tout a été fait pour aboutir à cette harmonie. Pour beaucoup, la réponse à cette question est « Dieu ». Mais je ne suis pas dans une approche religieuse, du rite, du dogme. Néanmoins, comme mes amis Hubert Reeves et Yves Coppens, je m’interroge sur cette forme d’organisation inexpliquée qui pose question. Le scientifique que je suis avoue ne pas connaître la réponse. C’est un « mystère inexplicable, mais présent ». Dans mon livre, je fais référence à la tapisserie de la licorne. La plupart des gens ne voient que le résultat, sublime. Mais les scientifiques ou les philosophes vont voir derrière la tapisserie pour essayer d’interpréter les motifs. Je ressens un sentiment de spiritualité laïque, émergeant de l’unité, qui m’incite à donner du sens à ma vie et à transmettre.

Source : La tribune – Joël de Rosnay

 

Tout ça pour dire qu’il existe bien des vérités authentiques et conciliables, cher visiteur. Même la myrtille a le droit d’exister. Si si, je t’assure.^^

Sur cette noble déclaration, entrons dans le vif du sujet.

 

Suivre la voie de l’Univers, mais pour quoi faire ?

 

  • Ma zone de confort est douillette et confortable, j’y reste !

 

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Un visiteur dissimulé derrière un masque vénitien : C’est assez rigolo ce dont tu parles, Siècle (surtout la partie sur les myrtilles) mais au fond, ma vie ne se passe pas trop mal, j’ai un toit sur la tête, de quoi manger dans mon assiette, une famille et des potes plutôt cools, à quoi cela me servirait-il donc d’aller prendre des cours dans l’Atelier des Sculpteurs ? (Ce soir, il y a le prochain épisode de The Big Bang Theory à la télé en plus, c’est un peu pareil, non ?)

Siècle : Okay, pas de souci, passe une bonne soirée !

Notre visiteur masqué : Non, mais sérieusement, pour quoi faire, l’Univers ?

Siècle : Dis-moi qui tu es et je te dirai pourquoi l’Univers ?

Le visiteur tombe le masque : Je m’appelle Vaëlban, j’ai vingt-neuf ans, j’ai fait des études de…

Siècle : Nan, mais je ne te demande pas ton nom, ton âge ou ce que tu fais dans la vie, ce n’est pas cela qui te définit… je te demande qui tu es ?

Vaëlban : Mais j’en sais rien, moi ! Quelle question pourrie !

Siècle : Tu trouves ? Soit. Je t’en pose une autre. C’est quoi le sens de ta vie, ton but, la raison pour laquelle tu te lèves tous les matins ?

Vaëlban : Euh… pour les muffins du petit déj ? Non, je te taquine, fais pas cette tête, enfin. Je me lève pour aller au boulot, prendre un verre avec des amis, lire un bouquin sympa…

Siècle : Et tu ressens quoi à la fin de ta journée ?

Vaëlban : Je sais pas, ça dépend des jours. Parfois, je trouve que je manque de temps, c’est court, vingt-quatre heures. Mais le plus souvent, j’ai fait des trucs sympas, je suis plutôt satisfait.

Siècle : Donc en fait, si je résume ce que tu viens de me dire, le but de ta vie, c’est un ensemble de journées où tu te sens satisfait ?

Vaëlban : Ouais… mais attends, je partage des trucs avec des gens aussi ! Je sors les poubelles de ma voisine, je joue à la Playstation 3 avec mes neveux, et je file un coup de main aux associations bénévoles de mon quartier !

Siècle : Admettons. Et tout ça te rend heureux ?

Vaëlban : Autre question pourrie, pourquoi je m’étonne. Je suis satisfait de ma vie, c’est déjà bien. Et ça veut dire quoi être heureux, d’abord ? C’est juste un concept vide de sens !

Siècle : Eh bien voilà, tu touches du doigt le nœud du problème. Être heureux, ce n’est pas un concept, ça tient plutôt de l’accomplissement de l’être. Et c’est exactement pour étudier ce sujet de manière expérimentale que faire un tour entre les mains des Sculpteurs de statue te ferait le plus grand bien !

Vaëlban : Siècle, il y a vraiment des jours où tu me sors par les oreilles !dialogue2

Siècle : Dans mes bras, mon grand ! Viens faire un câlin et ça ira mieux ! Et tiens, prends une gradine au passage, tu vas en avoir besoin !

 

  • La quête des chercheurs d’eau

Comme nous le disait fort bien Vaëlban, nous sommes souvent englués dans nos zones de confort, dans des quotidiens qui se répètent, inlassablement, et qui nous laissent satisfaits, à défaut d’extatiques. Nous sommes prudents. Nous nous disons : mieux vaut une vie cadrée, solide, sécurisante, qu’une vie où je traverse déserts sentimentaux, interrogations renversantes et pics d’exaltations grandioses. Nous nous disons aussi : je sais ce que je perds, je ne sais pas ce que je gagne. Ou encore : je suis comme tous les autres, je ne vais pas prendre le risque de faire différemment. Je n’appartiendrais plus si je bifurquais de la voie principale, et j’ai besoin d’appartenir à quelque chose, une communauté, un groupe, car si je n’appartiens plus, au fond, qui suis-je ? (Note bien qu’on en revient au qui suis-je…^^)

Bien entendu, il y a de nombreux humains qui ne sont pas satisfaits de leur quotidien, qui souffrent (consciemment) de l’absence de sens dans leurs vies et qui sont prêts à ne plus appartenir pourvu de savoir qui ils sont. Ils regardent à droite, à gauche, ils cherchent des solutions, mais ils n’en trouvent pas. Parfois, ces humains en quête de sens (que nous appellerons les chercheurs d’eau, au fil de cette rubrique) laissent leurs émotions prendre le contrôle : ils sont envahis par une tristesse latente et lourde, ou bien ils accusent, ils blâment la société, les institutions, le voisin. Pour des prétextes. Ils cherchent une réponse extérieure au sentiment de vacuité intérieure qui les habite.

 

Avoir soif d’essentiel

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Le Petit Prince – Chapitre XXV – Saint-Exupéry

 

– Les hommes, dit le petit prince, ils s’enfournent dans les rapides, mais ils ne savent plus ce qu’ils cherchent. Alors ils s’agitent et tournent en rond…
Et il ajouta :
– Ce n’est pas la peine…
Le puits que nous avions atteint ne ressemblait pas aux puits sahariens. Les puits sahariens sont de simples trous creusés dans le sable. Celui-là ressemblait à un puits de village. Mais il n’y avait là aucun village, et je croyais rêver.
– C’est étrange, dis-je au petit prince, tout est prêt : la poulie, le seau et la corde…
Il rit, toucha la corde, fit jouer la poulie. Et la poulie gémit comme gémit une vieille girouette quand le vent a longtemps dormi.
– Tu entends, dit le petit prince, nous réveillons ce puits et il chante…
Je ne voulais pas qu’il fît un effort :
– Laisse-moi faire, lui dis-je, c’est trop lourd pour toi.
Lentement je hissai le seau jusqu’à la margelle. Je l’y installai bien d’aplomb. Dans mes oreilles durait le chant de la poulie et, dans l’eau qui tremblait encore, je voyais trembler le soleil.
– J’ai soif de cette eau-là, dit le petit prince, donne-moi à boire…
Et je compris ce qu’il avait cherché !
Je soulevai le seau jusqu’à ses lèvres. Il but, les yeux fermés. C’était doux comme une fête. Cette eau était bien autre chose qu’un aliment. Elle était née de la marche sous les étoiles, du chant de la poulie, de l’effort de mes bras. Elle était bonne pour le cœur, comme un cadeau.

Source : Le Petit Prince – Antoine de Saint-Exupéry

 

C’est une des lois de l’Univers et c’est une excellente nouvelle – le monde gris et terne qui nous entoure ne changera pas d’un coup de baguette magique. Il n’y aura pas de chevalier flamboyant pour nous tirer de notre morosité quotidienne. Les soucis que nous identifions dans notre vie ne seront pas résolus par une solution extérieure : la réponse est intérieure. Le monde tel que nous le percevons n’est, au final, que le reflet de notre relation avec nous-même. Si nous n’avons de relation qu’avec l’apparence de nous-même, les couches supérieures de notre oignon, nous évaluons la vie à l’aune de concepts éducatifs, d’une vision de la société et de notre rôle à l’intérieur de celle-ci. Nous jouons avec des formes, des idées et, au final, nous mourrons de soif. Nous avons soif d’essence, d’être, de vérités authentiques, de saveurs nouvelles. Nous aspirons à goûter à la quintessence de ce que nous sommes et, à travers elle, à l’Univers tout entier. Mais pour savourer la relation authentique à soi, il est nécessaire de se connaître. Et sculpter sa propre statue mène à la connaissance du moi véritable. Tu vois où je veux en venir, cher visiteur ?^^

 

  • Obstacle numéro un : la peur de se perdre

Admettons qu’on s’intéresse à ce qui fait le sens de la vie, à la recherche du bonheur, à qui sont les êtres humains sous leurs couches de peaux et d’éducation. Ou bien qu’on ressente le besoin vital d’entrer en relation avec soi-même. Admettons que la voie de l’Univers propose des pistes d’exploration et des outils énergétiques pour les chercheurs d’eau assoiffés que nous sommes. Pourquoi renacle-t-on alors à l’emprunter ?

 

J’ai pas envie d’avoir envie !

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Source – ©Peyo

 

Il y a plusieurs raisons qui nous poussent à détourner le regard de l’Univers. Je m’attarderai ici sur l’un des obstacles clé que nous affrontons : la peur de perdre notre identité.

Notre réflexe premier, animal presque, c’est de survivre, d’asseoir et de protéger notre identité, ou du moins l’image que nous nous faisons de qui nous sommes. Sculpter sa propre statue procède du mouvement inverse. C’est volontairement se dépouiller de son manteau d’apparence, de ce que l’on connait de soi pour aller à la rencontre d’un soi intérieur dont on ne sait, au fond, pas grand-chose. Ce soi est un autre, un inconnu. Nous avons donc une résistance bien naturelle à nous mettre à nu pour découvrir ce qu’il y a en dessous de nos couches de peaux. Nous avons peur de perdre ce que nous avons toujours cru être nous. En fait, nous avons peur de mourir.

Lorsqu’on se dit « j’aimerais changer, j’aimerais voir les choses plus positivement, j’aimerais modifier, supprimer cette réaction, ce schéma que je répète dans ma vie », on est souvent prêt à transformer quelques attitudes en surface. Mais si on veut vraiment changer, il faut se défaire de ses schémas racines. Pour accéder au soi véritable, de petits ajustements ne sont pas suffisants. Il est impossible de renaître sans mourir un peu. Et face à cette perspective, nous passons notre chemin.

Ce qu’il est essentiel de comprendre, et ce que nous dit l’Univers, c’est que : si nous choisissons de sculpter notre statue, nous n’avons pas besoin de savoir à l’avance la forme qui émergera de la pierre. La personne que nous découvrirons au bout du chemin sera parfaite. Parfaite parce qu’authentique. Quitter le paraître pour l’être, ce n’est pas un adieu mais des retrouvailles. Mais, me diras-tu, dans transformation, il y a devenir autre, laisser derrière soi, lâcher prise. Renoncer. Et pour renoncer, il faut avoir confiance. Comment avoir confiance en l’inconnu ? En fait, on ne peut pas avoir confiance dans ce qu’on ne connaît pas et le premier geste du Sculpteur de statue, c’est de sauter dans le vide, de poser un acte de foi.

 

Premiers coups de maillet

 

Ça va, cher visiteur ? Tu t’en sors ? J’ai bien conscience que le sujet n’est pas hyper facile à mâchouiller… on continue encore un peu ? Attends, je vais mettre une image relaxante, histoire de respirer un poil avant la suite.

 

L’Univers – again (mais je ne me lasse pas !°-°)

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Source : Wertn et APOD – Nasa

 

Bien bien bien. Reprenons. Partant du principe que Vaëlban (au hasard), jeune piou innocent parmi les pious, décide de s’inscrire à l’Atelier des Sculpteurs. Brave petit. Il a pris ses outils, son maillet et sa gradine. Il se tient debout devant son bloc en pierre. Il est d’accord pour se dépouiller de ses couches superficielles, et maintenant quoi ?

Vaëlban : C’est vrai ça, parce que faire confiance, poser un acte de foi, sauter dans le vide, c’est supra théorique pour moi ! Comment on fait en vrai ?

Eh bien, on passe un deal avec soi-même, le deal de prendre l’Univers comme professeur, et de suivre ses conseils, de commencer à travailler notre bloc de pierre selon ses indications. Même si on n’a pas l’image du résultat devant les yeux, même si on ne comprend pas très bien pourquoi il faut mettre un coup de maillet ici et pas là.

 

Et voilà les trois premiers coups de maillet que nous indique l’Univers :

 

  • La responsabilité envers soi-même

Premier coup de maillet. J’accepte d’être responsable de tout ce qui m’arrive. Si je suis créateur de la réalité dans laquelle j’évolue, j’en ai semé (même inconsciemment) les graines. Je ne rejette pas sur les autres (que ce soit des personnes ou des institutions) ce qui me fait souffrir. Je suis responsable de la manière dont je reçois ce que la vie m’apporte (le bon et le moins bon). Nous avons fort peu de prise sur le monde extérieur. Il y aura toujours la séparation, la mort, la souffrance. Et si j’attends que cela change, je vais attendre longtemps… Par contre,  je peux décider de transformer ce que je ressens, la manière dont je réagis à ce qu’il m’est donné de vivre : à moi d’en tirer des fruits. Le vrai terrain de bataille, celui où mon action compte, il se trouve à l’intérieur de moi. Attention, ce n’est pas parce que je suis responsable que je suis coupable. Il est aussi mal ajusté de se blâmer et de se rendre coupable de tout, que de rejeter la responsabilité ailleurs. Comme souvent, la justesse se trouve dans l’équilibre. ;-) Premier coup de maillet donc, parce que j’accepte d’être responsable, je m’octroie la possibilité de changer ma vie et de semer de nouvelles graines.

  • Agir/Subir

Deuxième coup de maillet. Dans la lignée directe de la responsabilité, il est important de distinguer si j’agis, si je suis le moteur de ma réalité, si je suis créateur, acteur, dans le mouvement. Ou si je subis le quotidien, mes souffrances, les décisions des autres, certaines valeurs que je me suis imposé (typiquement la mission de devoir dont nous nous chargeons si souvent). Au deuxième coup de maillet, j’entre en action, je prends les rênes et j’avance.

  • Remplir son Lac

 

De l’eau, de l’eau, de l’eau !

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Source : Siècle Vaëlban

 

Troisième coup de maillet. La fameuse (parce que je l’aime beaucoup^^) métaphore du Lac.

Dans cette métaphore, je suis un poisson/dauphin/baleine/créature aquatique (comme tu veux, cher visiteur, choisis ta créature !^^). Et je vis dans un Lac dont je suis le gardien. Autour de moi, il y a de nombreux Lacs habités par de sympathiques bestioles. Parce que je suis un poisson au coeur palpitant, je vais m’assigner (tout seul, comme un grand) la mission d’abreuver les autres Lacs. Pour ce faire, je vais utiliser des tuyaux, des pompes, et toutes mes forces pour siphonner l’eau de mon Lac afin de remplir celui des autres. A chaque difficulté (grande ou petite) rencontrée par le poulpe du coin, je m’empresse de vider mon Lac pour aider poulpinet. Les autres Lacs ont toujours la priorité sur le mien. Vient un moment où mon Lac est asséché et, comme je suis une créature qui a besoin d’eau pour vivre, j’agonise.

Or, l’Univers m’avait donné une mission, pas cinquante mille : j’étais le gardien de mon Lac. On me demandait de faire la nage de la pluie tous les jours pour qu’il reste plein jusqu’à ras bord. Et même que, précise l’Univers en faisant les gros yeux (l’Univers est très très fort pour faire les gros yeux °___°), si j’avais correctement accompli ma mission au lieu de n’en faire qu’à ma tête, si j’avais effectué la nage de la pluie tous les jours avec enthousiasme, mon Lac aurait été tellement plein qu’il aurait débordé, inondant tous les Lacs des alentours au passage. Ces autres Lacs auraient été abreuvés de mon eau excédentaire, et non de celle qui m’est vitale, qui m’appartient, qui m’a été confiée.

Nous sommes tous des Lacs d’énergie. Nous sommes tous responsables de prendre soin d’abord de nos Lacs à nous. Et quand nous en prenons soin, notre énergie augmente, rayonne, et vient nourrir tous ceux qui nous entourent. Mais nous ne devrions jamais nourrir les autres au détriment de nous-même. Nous sommes le premier autre dont nous sommes responsables. Nous sommes les gardiens de nos Lacs. Troisième coup de maillet, adjugé vendu, ou presque. ;-)

 

Choisir l’allégeance à l’Univers et les lunettes-boussoles

 

Vaëlban : C’est vrai qu’ils sont jolis mes trois premiers coups de maillet. Je suis très satisfait ! Et comment ça se passe pour la suite ? Je tâtonne quand même un peu à chaque pas, Siècle. Je suis responsable, d’accord. Je protège mon Lac, ça c’est fait (du moins, je vais essayer°-°), et j’agis. Mais j’agis comment, et dans quelle direction ? Une boussole me serait bien utile pour suivre la voie de l’Univers !

Siècle : En effet, et ça tombe bien, comme je te le disais plus haut, les outils sont déjà sous ton oreiller. Lorsque tu pioches dans le chapeau d’allégeance tous les matins, tu choisis ta paire de lunettes. Tu peux choisir des lunettes en forme de boussole, si tu veux !

  • Comment ça se passe l’allégeance à l’Univers ?

Déjà, ton choix d’allégeance se renouvelle tous les jours, voire toutes les minutes^^ donc il nécessite une certaine volonté. Et de la constance : un seul coup de maillet ne libère pas la statue de sa gangue. ;-)

 

Choisir sa boussole 

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Source – ©Jenndalyn

 

Regarder la vie à travers des lunettes-boussoles, ça veut dire, dans chaque décision du quotidien, minuscule ou énorme, amusante ou difficile, me concernant ou concernant mon action par rapport à autrui, dans chacun de mes choix : identifier la voie de l’Univers, et la suivre. Cet ensemble de micro, moyenne et macro décisions participe à déterminer ce que nous sommes. Le but de l’Univers étant de nous reconnecter à notre être véritable, si nous suivons ses conseils à chaque intersection, nous taillons notre bloc de pierre en direction de nous-même, nous sculptons notre propre statue.

  • Mais comment je sais quel est le choix de l’Univers ?

Avec un peu d’expérience, en travaillant son intuition, on apprend à « tester » à l’intérieur de soi ce qui est juste et ce qui ne l’est pas à un instant T. Le chemin où l’énergie coule, où l’on se sent bien se distingue de celui où les obstacles se multiplient, où notre fatigue s’accroît à chaque pas supplémentaire. Quand tout bloque, on n’est pas sur le chemin de l’Univers. Il s’agit alors de choisir, dans la pratique et de manière systématique, l’option qui sonne juste, même si ce n’est pas notre préférée.

Il est important de distinguer le choix à court terme du choix sur le long terme. Je peux avoir dans l’instant très envie de manger l’intégralité du paquet de bonbons à la myrtille (3 kilos, quand même !°_°), ça me fait plaisir, mais à moyen terme et à long terme, ce n’est pas vraiment le choix juste pour moi. Si je sens que c’est injuste, même si je suis tentée, il serait logique que je m’abstienne ici. Tu vois ce que je veux dire ?

Bien entendu, je te le dis sans attendre, cher visiteur, même quand on suit le chemin de l’Univers avec ses petites mirettes gonflées de cœurs depuis des années, on se plante tout le temps ! Et ce n’est pas grave. L’important ce n’est pas de chuter, c’est de se relever, ce n’est pas de faire un sans-faute accroché à ses lunettes-boussoles comme à une bouée de sauvetage, c’est de renouveler son allégeance. Quand on s’est planté, ou qu’on a pas su résister, il suffit de se dire : okay, c’est pas grave, je ferai mieux la prochaine fois. On transforme ses mécanismes, ses décisions, petit à petit et de manière durable. Pas d’un seul coup en un claquement de doigts. Il faut laisser le temps à l’énergie de creuser un nouveau sillon à l’intérieur de toi.

 

Pas facile de trouver l’équilibre juste !

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Source
  • Mais comment je sais quel est le choix de l’Univers, moi ??? – bis repetita

 

Vaëlban : Okay, suivre son intuition, séparer le juste de l’injuste, c’est très bien tout ça, mais c’est encore conceptuel ! Je te rappelle que, moi, je débute ! Je connais pas ces machins énergétiques ! Je ressens rien ! Quand j’ai un frisson, j’ai un frisson, nom d’un schtroumpf ! Comment veux-tu que je distingue une sensation « Univers » d’un simple courant d’air ? Par la pratique, l’expérience, d’accord, mais comment je pratique si je ne sais pas par où commencer ?

Siècle : Hum, je vois ton problème, Vaëlban, ne t’affole pas. Un pas après l’autre. Tout ira bien. Je vais te donner quelques grandes orientations de l’Univers pour t’aider à comprendre un peu mieux ce qui peut être un choix « Univers » et ce qui ne l’est pas.

 

◊ Transformation/Stagnation

L’Univers, c’est la vibration de la vie en mouvement perpétuel, c’est la transformation. Rien n’est figé, tout se transforme, se transmute, se métamorphose. Une situation immobile, stagnante, marécageuse, où l’on s’enlise, ou bien qui se répète sans arrêt, n’est pas la voie de l’Univers.

◊ Amour/Peur

Eh oui, la dichotomie n’est pas où on l’attend sur ce concept-là.^^ En énergétique, le contraire de l’Amour, ce n’est pas la Haine, mais la Peur. Pourquoi ? Parce que l’Amour (au sens divin) correspond à l’ouverture de l’être, à une vibration élevée, une expérience de grâce, à une empathie exponentielle, une acceptation inconditionnelle de ce qui est. La Peur, c’est la fermeture, l’exclusion, la séparation (non seulement avec les autres, mais avec l’autre que nous sommes, avec la partie divine en nous, celle qui nous lie à la toile de l’Univers).

Et j’ai presque envie de te dire : « La peur est le chemin vers le côté obscur : la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine… mène à la souffrance. » Hum, ça vous dit quelque chose ?^^ C’est très vrai, en tout cas, d’un point de vue Univers.

 

Maître Yoda

Source – ©Star Wars

 

◊ Être/Néant

Une opposition fondamentale. Tout ce qui a trait à l’Être (à la vie, la naissance, la mort, l’essence, la création) est du domaine de l’Univers. On n’oppose pas, par exemple, l’être au mal. Le bien/mal ou les ombres/la lumière font partie intégrante de l’Être. Ce sont des distinctions intéressantes en ce que la transmutation de l’ombre en lumière est un mécanisme de l’Univers (j’y reviendrai au cours de prochains articles) mais les ombres comme la lumière appartiennent à la sphère de l’Être. Ce qui n’est pas Univers, ce qui s’oppose à l’Être, c’est le Néant, l’absence de vie, l’absence d’énergie, le vide.

Il existe, bien entendu, d’autres oppositions conceptuelles, mais commencer avec ces trois-là, c’est déjà pas mal.

 

Ouverture

 

Dans la pratique, face à un choix donné, je peux me demander : que me dit mon intuition ? Est-ce que si je prends l’option A (ou B), je vais me sentir bien, je vais être motivé (dans une perspective de long terme) ? Est-ce que je respecte mes besoins et mes limites en choisissant cette option ? Est-ce que je remplis mon Lac ? Est-ce que c’est juste pour moi ? Je peux aussi essayer d’affiner avec les concepts présentés ci-dessus. En faisant ce choix-là, est-ce que je suis dans l’ouverture, ou dans la fermeture ? Le moteur qui me pousse, est-ce une peur de quelque chose, ou une volonté de partage, de largesse, d’abondance ? Est-ce que je participe à créer, à permettre le rayonnement de l’Être (le mien et celui des autres) ou est-ce que je favorise le Néant ?

Ensuite, il n’y a pas de secret, la pratique, la pratique, la pratique. On affine sa boussole « Univers » en chutant (beaucoup) et en se relevant (tout autant) !

 

Caramba, encore raté !

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Source – ©Hergé

 

Parce que je t’aime beaucoup, mon cher visiteur, je vais te faire une confidence : il existe un outil fabuleux qui illumine le travail des Sculpteurs de statue : l’émerveillement. Mais comme j’ai déjà beaucoup babillé aujourd’hui, je t’en parlerai en détail le mois prochain. ;-)

D’ici là, je te souhaite des tigres protecteurs à l’œil affuté, quatre gerbes de bambous blancs et un nectar de folie distillé dans un minuscule flacon en forme d’étoile.

 

Lumière sur ta journée !

 

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Si cet article t’a intrigué, que tu as un peu de temps devant toi et que tu as envie d’en savoir plus sur l’Univers, je t’invite à emprunter d’autres paires de lunettes que les miennes et à regarder cette longue et magnifique vidéo sur la puissance de l’intention.

 

La puissance de l’intention

Source : Youtube – Documentaire – La puissance de l’intention

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Ecrire, bêta-lire et apprendre la brasse coulée sur CoCyclics

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Cher visiteur !

*roulement de tambour pour ce premier article*

 

Je ne peux pas commencer à babiller au sujet de l’écriture sans te présenter plus en détail le forum de CoCyclics aka la mare aux nénuphars, sur lequel je crapahute depuis déjà cinq ans.

 

La mare aux nénuphars : forum des littératures de l’Imaginaire 

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Source : CoCyclics/Tremplins de l’Imaginaire

 

Préambule

Sache, en premier lieu, que CoCyclics est un endroit tout à fait sérieux qui abrite de nombreuses sections de travail, des modérateurs en collants rose-fuchsia, un dieu (Super Grenouille) dont la réputation fait frémir les batraciens les plus expérimentés, une caverne secrète qui ressemble à s’y méprendre au coffre-fort de Picsou (si on remplace l’or par du chocolat), une boisson radioactive au doux nom de nénuphou, des Agrumes innocents et tout un tas de bestioles bizarres (comme les chenilles fêtardes… Sainte-Horreur, ne me lance pas sur les chenilles à paillettes, cher visiteur, ce serait fort imprudent de ta part…)

 

Super Grenouille dans toute sa splendeur

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Source : Siècle Vaëlban

 

Ceci dit, revenons à nos chenilles, pardon, à nos grenouilles. Tu me diras : pourquoi des grenouilles et pas un animal plus noble comme l’ornithorynque ? Et tu auras raison. Mais c’est une question embarrassante et je vais plutôt répondre à celle que tu n’as pas posée. Je vais t’expliquer pourquoi ce forum a vu le jour.

 

Pourquoi un forum d’écriture ?

On le dit bien souvent : écrire est un acte solitaire. C’est vrai. Personne ne pourra se mettre devant la feuille (ou le clavier) à notre place pour pondre les histoires qui s’installent dans notre tête et qui exigent d’être racontées.
Oui mais, contrairement à l’idée reçue, écrire une histoire (longue ou courte) se fait rarement en un seul jet aussitôt abouti. C’est, au contraire, un travail de longue haleine durant lequel l’auteur rédige un texte, s’enthousiasme, corrige, re-corrige, commence à se décourager, re-re-corrige, jette son premier jet re-re-corrigé à la poubelle, passe par une phase de désespoir intense ponctuée de chocolat et de réflexions mélodramatiques, prend de bonnes résolutions, restructure son synopsis, écrit un nouveau jet, s’extasie, corrige, re-corrige, dégaine le briquet, hésite, range le briquet au fond du tiroir, se relit, décide que c’est mieux, va dormir, se réveille, se re-relit, décide que c’est nul, s’attèle à une nouvelle réécriture… et termine la tablette qui, va savoir pourquoi, traînait justement dans le coin.

 

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Source : Goodreads

Bref, le chemin est lent, douloureusement exaltant certes, mais pavé de pics et de ravins où il n’y a pas de myrtilles. Cheminer seul, c’est possible, le faire à plusieurs, c’est mieux, voire beaucoup beaucoup mieux.

Voilà pourquoi, il y a dix ans, une bande d’amis passionnés par l’écriture a décidé de mettre en place un forum de travail, une communauté de jeunes auteurs (comprendre d’auteurs débutants) afin qu’ils s’entraident sur leurs textes respectifs.

A noter que CoCyclics est un forum (spécialisé dans les littératures de l’Imaginaire francophone) axé autour des valeurs de gratuité, de réciprocité et de bienveillance. Pour en savoir plus, cher visiteur, tu peux lire l’article qui présente le forum en détail sur le site d’Actu SF.

Une autre question flotte dans l’atmosphère et je vais m’empresser de babiller dessus : comment CoCyclics peut-il aider nos écrivaillons ? Que va bien pouvoir changer un forum d’écriture dans leur combat contre la page blanche ou gribouillée ? Eh bien, pas mal de choses, en fait.

 

Comment ce forum aide-t-il les jeunes auteurs ?

  • Par le soutien, l’émulation de groupe, des encouragements récurrents à ranger le briquet dans le tiroir et à l’y laisser.
  • Par la bêta-lecture : la relecture critique et constructive des textes qui permet à l’auteur d’identifier ce qui fonctionne, ou pas, dans ses écrits et d’améliorer ses histoires et la manière de les raconter.
  • Par l’échange d’informations sur le milieu, souvent méconnu, de l’édition.

Entrons un peu plus dans le détail.

  • L’émulation

De nombreux auteurs, démangés par le virus de l’écriture, ne sont pas compris par leur entourage proche. Discuter avec des personnes qui rencontrent exactement les mêmes soucis qu’eux, qui se posent des questions similaires, c’est rassurant. Partager ses expériences, les galères que l’on traverse, les solutions que l’on découvre, c’est utile. Faire vivre ses univers devant des amateurs d’imaginaire bienveillants, parler de ses personnages, débattre sur les différentes techniques d’écriture, c’est extrêmement motivant. Et pour un écrivain, la motivation, ça n’a pas de prix !

 

Les émoticônes de CoCyclics !

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Source : CoCyclics/Tremplins de l’Imaginaire

 

  • La bêta-lecture

Au-delà de ces échanges aussi divers que variés, il y a la bêta-lecture. Douce et terrifiante bêta-lecture, à la fois crainte et révérée par l’auteur ! Crainte, car voir son texte décortiqué méticuleusement par un lecteur critique n’a rien d’une promenade de plaisir. Révérée, parce que si l’auteur arrive à prendre du recul pour analyser les remarques qui lui sont faites, il progressera dans son écriture et il améliorera parfois considérablement ses textes. Et au fond, c’est là l’objectif de celui ou celle qui écrit : concocter un roman, une nouvelle, un épisode littéraire de la plus grande qualité possible.
Quelque part, faire bêta-lire son texte, c’est accepter de le regarder à travers les paires de lunettes chaussées par d’autres lecteurs. Multiplier les subjectivités permet à l’auteur (biaisé par son implication personnelle) de se faire une image plus « objective » de son ouvrage et, à partir de là, de prendre la décision de le retravailler. Ou pas. ;-)
La bêta-lecture n’est pas le seul outil proposé par CoCyclics, mais c’est le cœur du forum. Si tu veux approfondir la compréhension de cet art délicat, ça se passe par ici sur Actu SF !

 

Agnès Marot parle de la bêta-lecture

Source : Youtube – chaîne d’Agnès Marot

 

  • L’information

Pour de nombreux auteurs en herbe, le monde de l’édition reste une réalité nébuleuse. Difficile de savoir ce que pensent les éditeurs, ce qu’ils attendent d’un auteur, ou d’un texte, et de quelle manière interagir avec eux. Il est, par exemple, utile à tout apprenti-écrivain de savoir qu’il existe une faille temporelle sournoisement infiltrée au milieu du processus de soumission éditoriale. C’est exactement ce genre de choses qu’on apprend sur CoCyclics. Les batraciens les plus aguerris y partagent leur expérience avec les plus jeunes. Sur ActuSF, par exemple, les grenouilles parlent aux grenouilles du fonctionnement de la chaîne du livrede la manière de faire publier un romanou encore des choses à ne pas faire lorsqu’on propose un texte à un éditeur.

Le Collectif propose également aux jeunes écrivains d’acquérir le GGG (Guide Galactique des Grenouilles) qui recense les éditeurs du milieu SFFF et leurs conditions de soumissions éditoriales. Très très utile pour un têtard prêt à lancer son roman dans la jungle de l’édition ! ;-)

 

Le GGG 3 !

ggg3 Source : CoCyclics/Tremplins de l’Imaginaire

 

Et pour de vrai à la surface du monde ?

Parfois, au détour d’une promenade à la surface du monde, j’évoque l’existence de cette mare littéraire à voix haute. Quand on me demande de définir CoCyclics, je réponds souvent qu’il s’agit une boîte à outils joliment achalandée pour quiconque se pique d’écrire des histoires. Et la question suivante s’invite alors dans la conversation : et, en vrai, tu les fréquentes, ces… gens ?
Eh bien oui ! L’âme de CoCyclic, bien entendu, ce sont les personnes, et les relations qui s’y tissent. Il y a des grenouilles dans plusieurs pays francophones qui se retrouvent régulièrement autour d’un thé pour percer les secrets de Super Grenouille, ou pour discuter de leurs histoires respectives, l’œil frémissant et la verve haute. Les membres du forum se rendent tous les ans dans de nombreux salons littéraires. Des relations de travail se tissent, et des amitiés de qualité tout autant.
Appartenir à CoCyclics, au final, c’est appartenir à une grande famille littéraire avec sa propre culture, ses règles de fonctionnement et ses chenilles favorites. Et en ce qui me concerne, j’y gagne quelque chose de précieux trois-cent soixante-cinq jours par an. Ou presque.^^

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Source : CoCyclics/Tremplins de l’Imaginaire

 

En conclusion…

Tsss tsss tsss, je vois qu’une dernière question te pend négligemment aux lèvres, cher visiteur. Je sais ce que tu penses : trop cool, ce forum vaseux, Siècle ! Mais à quoi vont te servir toutes ces charmantes grenouilles au fil de ce blog ? Réponse facile. Imagine un instant vouloir parler d’écriture et avoir, sous la palme, des centaines d’auteurs prêts à partager un petit morceau de leur expérience ! Imagine le nombre de paires de lunettes différentes auxquelles nous allons pouvoir recourir, toutes les expériences bizarres que le Dieu des pious va pouvoir commanditer sur ce blog ! Je ne sais pas pour toi, cher visiteur, mais moi, j’imagine carrément !