Lectures au coin du feu

Belle plongée printanière, chère visiteuse, cher visiteur, jeune pousse de séquoia déterminée à atteindre les étoiles océaniques !

La saison hivernale fut extrêmement fructueuse en lectures de mon côté : j’ai lu autant en ce début de l’année 2020 que durant toute l’année 2019 – et quelle joie de nager dans ces royaumes de mots multiples aussi divers que bariolés ! Je retrouve une souplesse de nage, une capacité de concentration, une facilité de lecture que je n’avais pas connue depuis bien longtemps : je constate par l’expérience que lire est un muscle qui se travaille, s’assouplit, s’entretient… et je vais tâcher de ne pas l’oublier et de pratiquer la lecture avec autant de ferveur que la contemplation de mon jardin !

C’est donc l’occasion d’un petit bilan sur ce blog et je vais zoomer sur six histoires, ou plutôt six univers de conteurs et conteuses qui m’ont enchantée, cet hiver.

Dès les premiers balbutiement de janvier, je me suis émerveillée du travail de Benjamin Lacombe...

J’ai redécouvert les deux Alices au travers des romans graphiques délicieusement illustrés par Benjamin Lacombe. S’y mêlent avec une grande justesse : illustrations de pleines pages, dépliants ingénieux, médaillons à croquer et croquis en noir, blanc et rouge. Les images s’entrelacent aux aventures farfelues d’Alice dans le terrier du lapin blanc avec un sens de l’à-propos et un jeu de réponses qui sert véritablement le texte.

Un plaisir de lecture que j’ai prolongé en acquérant le tout récent Histoires de fantômes du Japon : là encore, un ouvrage exquis à l’ambiance mystérieuse et inquiétante. Ces contes lents, doux et philosophiques ont une manière bien à eux de délivre leur message. J’aime la délicatesse avec laquelle Benjamin Lacombe a su rehausser, colorer, embellir ces contes d’un onirisme aussi esthétique et poétique que subtilement terrifiant.

Enfin, avec l’Artbook Curiosities, j’ai découvert de manière plus globale son travail d’artiste, un travail abondant, fascinant, pétri d’imaginaire et d’une belle gousse de sacré. L’illustration déborde du cadre des livres : pliages alambiqués, réalisation de maquettes en 3D, expositions artistiques où les installations et les décors proposent une plongée immersive par de multiples portes, fenêtres, hublots aux visiteurs-spectateurs : un travail extrêmement inspirant et d’une grande beauté.

Changement de cap avec la lecture de Sorcières de Mona Chollet !

Cet essai réflexif faisait partie de mes résolutions de lectures pour 2020. J’appréhendais un peu, je l’avoue, l’aspect didactique et aride de cette lecture : et pas du tout ! Rien d’aride dans la plume de cette autrice, de la nuance dans le propos tenu, engagé mais pas simpliste. Je l’ai dévoré… J’ai beaucoup aimé la manière à la fois documentée et personnelle dont Mona Chollet partage avec nous ses recherches et réflexions autour de la place du féminin dans nos sociétés, et le lien qu’elle établi avec la figure de la Sorcière et les « chasses aux sorcières » qui, il y a à peine quelques siècles, ont modelé la société d’aujourd’hui. Par une profusion d’exemples concrets et détaillés, cet essai nous amène à réfléchir, considérer, reconsidérer des éléments de notre pensée, du quotidien qui alimentent une structure sociale ou nos schémas propres sans que nous en ayons réellement conscience, ou en tout cas une conscience suffisamment poussée. Une lecture qui fait cogiter, qui questionne et que je recommande chaudement.

Nouveau changement de paradigme avec la série de fantasy d’Andrzej Sapkowski… j’ai lu les huit tomes du Sorceleur/The Witcher et c’était trop bien !

Je ne connaissais pas l’histoire, même si j’avais entendu parler des jeux vidéos et la découverte de la série télévisée a donc constitué ma première plongée dans l’univers créé par cet auteur polonais, une plongée qui m’a donné l’immédiate envie de découvrir les livres à la base de l’histoire. Et je n’ai pas été déçue du voyage, au contraire : une série de fantasy très très chouette, avec beaucoup d’humour et des personnages fouillés, incisifs et touchants (et chose pas si fréquente, des personnages féminins magnifiques : des femmes puissantes, terrifiantes, érudites, émouvantes et complexes – jubilatoire, vraiment). Andrzej Sapkowski aborde au fil des tomes des tonnes de questions humaines et profondes, actuelles et épineuses, qui sont traitées avec finesse par les péripéties, les choix et le cheminement des multiples personnages… qui n’ont rien de manichéen. Bref, un bouquin génial.

Autre destination avec deux lectures merveilleuses que je voulais absolument découvrir en 2020 : Les sept nuits de la Reine et Derniers fragments d’un long voyage de Christiane Singer.

Difficile de trouver les mots pour décrire la puissance de ces écrits-là : ce sont des perles de vie, du vibrant, du sacré, dont la profondeur est portée par une plume incroyablement précise et poétique. Ces deux lectures bouleversantes me donnent l’impérieuse envie de lire tout ce que Christiane Singer a écrit – nectar des nectars !

Je vous mets un petit extrait pour le plaisir :

« Quand je demande à ceux que je rencontre de me parler d’eux- mêmes, je suis souvent attristée par la pauvreté de ma moisson.
On me répond : je suis médecin, je suis comptable… j’ajoute doucement : vous me comprenez mal. Je ne veux pas savoir quel rôle vous est confié cette saison au théâtre mais qui vous êtes, ce qui vous habite, vous réjouit, vous saisit ? Beaucoup persistent à ne pas me comprendre, habitués qu’ils sont à ne pas attribuer d’importance à la vie qui bouge doucement en eux. On me dit : je suis médecin ou comptable mais rarement: ce matin, quand j’allais pour écarter le rideau, je n’ai plus reconnu ma main… ou encore : je suis redescendu tout à l’heure reprendre dans la poubelle les vieilles pantoufles que j’y avais jetées la veille ; je crois que je les aime encore… ou je ne sais quoi de saugrenu, d’insensé, de vrai, de chaud comme un pain chaud que les enfants rapportent en courant du boulanger. Qui sait encore que la vie est une petite musique presque imperceptible qui va casser, se lasser, cesser si on ne se penche pas vers elle ?
Les choses que nos contemporains semblent juger importantes déterminent l’exact périmètre de l’insignifiance: les actualités, les prix, les cours de la Bourse, les modes, le bruit de la fureur, les vanités individuelles. Je ne veux savoir des êtres que je rencontre ni l’âge, ni le métier, ni la situation familiale ; j’ose prétendre que tout cela m’est clair à la seule manière dont ils ont ôté leur manteau. Ce que je veux savoir, c’est de quelle façon ils ont survécu au désespoir d’être séparé de l’Un par leur naissance, de quelle façon ils comblent le vide entre les grands rendez- vous de l’enfance, de la vieillesse et de la mort, et comment ils supportent de n’être pas tout sur cette terre. Je ne veux pas les entendre parler de cette part convenue de la réalité, toujours la même, le petit monde interlope et maffieux : ce qu’une époque fait miroiter du ciel dans la flaque graisseuse de ses conventions ! Je veux savoir ce qu’ils perçoivent de l’immensité qui bruit autour d’eux. Et j’ai souvent peur du refus féroce qui règne aujourd’hui, à sortir du périmètre assigné, à honorer l’immensité du monde créé. Mais ce dont j’ai plus peur encore, c’est de ne pas assez aimer, de ne pas assez contaminer de ma passion de vivre ceux que je rencontre. »

« Lettre à un ami » – Les sept nuits de la Reine, Christiane Singer

On poursuit les découvertes avec les deux albums jeunesse de Laura Nsafou, illustrés par Barbara Brun : Comme un million de papillons noirs et Le chemin de Jada.

Deux albums d’une grande douceur aux lumineuses et chaleureuses illustrations, qui nous parlent de diversité, de colorisme et d’amour de soi. Les héroïnes de ces contes sont des petites filles noires qui souffrent de leur différence et vont apprendre à apprécier pour l’une la beauté de sa chevelure crépue et, pour l’autre, la teinte sombre de sa peau : des messages de bienveillance et de tolérance qui éveillent le cœur à la richesse de toute la palette des corps, des formes et des couleurs.

Enfin, un mot sur le dernier roman d’Audrey Alwett : Magic Charly !

Un roman jeunesse frais, bourré d’inventivité et d’humour, avec des personnages optimistes à la pétillance contagieuse. Moi qui suis une grande adepte de la pioupioutitude, j’ai été conquise par la grande gentillesse de Charly – on a besoin de personnages super gentils, ça fait beaucoup de bien ! Requinquant et drôle, Magic Charly se lit à tous les âges, car nous avons tous besoin de manger d’épaisses tranches de merveilleux, de fréquenter d’adorables serpillères et de saupoudrer notre vie de sucrétincelle, à consommer sans modération !

Et comme souvent lorsqu’on se plonge dans le monde des livres et que l’on s’acharne à faire descendre sa PAL (pile à lire pour les intimes), de nouveaux ouvrages, hop, se glissent en dessous de ladite pile déjà chancelante.

Voici donc six histoires qui ont rejoint ma PAL depuis le début de l’année et que j’aimerais découvrir en 2020 (ou presque^^) :

★ – La main gauche de la nuit d’Ursula Le Guin, dont my wonder agent m’a dit le plus grand bien.

★ – La trilogie Le Royaume de Pierre d’Angle de Pascale Quiviger, dont j’ai lu d’excellentes critiques sur le net.

★ – Le chevalier à l’armure rouillée de Robert Fisher, que deux personnes chères à mon cœur m’ont vivement conseillé et qui trône désormais dans mon étagère – il est bien temps de m’en régaler !

★ – Les quatre tomes du Cantos d’Hypérion de Dan Simmons qui m’ont été recommandés par un Vieux Maître que je tiens en haute estime.

★ – Le Prieuré de l’Oranger de Samantha Shannon qui fait beaucoup parler de lui et dont je suis fort curieuse.

★ – 8848 mètres de Silène Edgar dont j’ai suivi l’émouvant cheminement intérieur et que je me réjouis très fort de découvrir prochainement.

De superbes voyages dans le monde des histoires en perspective, j’en suis bondissante et tourbillonnante, très chère pousse de séquoia !

Et en ces temps où nous avons le temps, je te laisse en compagnie d’une vidéo documentaire en libre accès pour un petit moment sur le bonheur et sa recherche… on ne sait jamais, peut-être qu’elle nourrira tes cellules de joyeuses idées et de réjouissantes perspectives !

Lumière sur ta journée et sérénité dans ton cœur,

Siècle

Tricoter des histoires, oui mais comment ?

Rayonnant visiteur, lumineuse visiteuse, verdoyante pousse de séquoia, mes salutations,

J’espère que les feuilles de platane étaient croquantes sous la dent, le nectar de ciel réconfortant et la caresse du vent froid sur ton front, entraînante et joyeuse.

Nous revoici pour la troisième et dernière partie de ce long article consacré à la question suivante : Quelles histoires raconter ? Quelles thématiques exploiter, entrefiler, insuffler dans nos récits ? Pour qui écrivons-nous et pour semer quoi ?

Feuilles de platane croquantes sous la dent
Image par Couleur de Pixabay

Dans les articles précédents, j’ai évoqué les réponses à ma « Première Interrogation », à savoir que j’écrivais avant tout pour communiquer, puis répondu à ma « Seconde Interrogation » en définissant mes thèmes de prédilections, résolument positifs : la transfiguration, le rayonnement et la voie de l’unité.

C’est une chose de vouloir communiquer des messages (comme tout piou messager qui se respecte), c’en est une indispensable d’identifier lesdits messages, il faut encore savoir les cuisiner à la bonne sauce. Et l’expérience m’a montré que ce n’était ni quelque chose d’inné, ni quelque chose d’évident. Ce qui nous amène au sujet de cet article :

« Troisième Interrogation » – Comment communiquer efficacement et de manière positive dans mes histoires les thématiques qui me tiennent à cœur ?

Le premier challenge que j’ai rencontré sur ce chemin-là m’a donné du fil à retordre : il était plus facile, plus « naturel » pour moi, d’aborder la transfiguration, le rayonnement et l’unité… en jouant la polarité inverse, en appuyant le contraste, par le biais d’intrigues sombres, de personnages en souffrance et de climax destructeurs… ironique, n’est-ce pas ?

J’en veux pour exemple ce roman noir sur lequel j’ai travaillé un long moment avant de décider… de ne pas le terminer. A travers ce texte, je voulais montrer comment un être lumineux pouvait être transformé par la souffrance et l’oppression, en mettant l’accent sur ces instants clés où il aurait suffi d’un rien pour le sauver… à écrire ce récit, j’avais les plumes noircies et le cœur craquelé.

Abrakadarkbra !
Image par OpenClipart-Vectors de Pixabay

Je prenais les choses à l’envers, et c’est là que j’ai réalisé que cette transfiguration dont je voulais parler, je voulais en parler sous l’éclairage de l’espérance – montrer comment même les blessures les plus profondes, intimes et parfois inavouables, peuvent être transmutées, guéries. Et pour cela, nul besoin d’exclure les éléments conflictuels de l’histoire, mais d’axer le développement du conflit (intérieur et extérieur), des intrigues et des personnages autour de cette notion de choix.

Il me fallait transformer des personnages qui subissaient en narrateurs acteurs et actifs. Mettre en scène des personnages qui se fanaient pour mieux refleurir et des antagonistes, devenus antagonistes par choix. Par exemple, un antagoniste ayant le choix de la guérison ou celui de la cristallisation de sa souffrance, et qui choisit sciemment la cristallisation. Et cela à la place d’un antagoniste qui serait le fruit d’une destruction irrémédiable et donc « subirait » son cheminement au lieu d’en être acteur.

Angel of Light
Image par Enrique Meseguer de Pixabay

J’ai aussi décidé de travailler des sous-thèmes récurrents tels que la rédemption, la gratitude, le pardon, la confiance et l’authenticité. Ces sous-thèmes sont l’occasion de dialogues permanents entre les polarités qui s’affrontent, se rencontrent, se dépassent.

Mon premier challenge en cours de résolution, j’en ai rencontré un autre de belle taille, celui de la forme et de l’habillage. Ce second challenge m’a demandé de remettre mon ouvrage mille fois sur l’établi : je savais ce que je voulais raconter, mais je n’avais pas encore la « manière » de le faire. J’employais un ton trop « sérieux », parfois « ronflant », parfois « didactique », souvent « ennuyeux ». Or, un texte à sec, un essai philosophique aux phrases à rallonge, ce n’est pas une histoire qui fonctionne, qui entraîne, qui invite à la rêverie, à la plongée dans les eaux miroitantes du conte.

Il faut apprendre à vêtir son histoire d’un costume sur mesure.

Tricote, détricote, emberlitricote et radote
Image par Annalise Batista de Pixabay

J’ai donc développé mes talents de couturière (et il y en avait grand besoin). Voici quelques exemples des outils contenus dans ma boite à mots et qui me sont désormais indispensables lorsque je raconte :

Détricoter le langage. Pour moi qui n’aurait (au grand jamais !) oublié une négation à l’écrit, utilisé un terme un peu vulgaire, ce fut une révolution de sortir des règles et du grammaticalement correct (ou élégant) pour apprendre à jouer avec les mots. Apprendre comment oraliser, décoincer, adapter la langue française afin de concocter la redingote stylistique qui vêtirait au mieux chaque histoire.

Faire glousser son lecteur et sourire sa lectrice. J’ai également appris à quel point la légèreté de ton, l’humour ou la gouaille, viennent apporter de la fraicheur à des thématiques éléphantesques par nature. Rien de plus désaltérant que de glousser d’une cocasserie et de s’émouvoir en souriant. Un filon de poésie ou de douce nostalgie est parfois tout aussi pertinent. Chaque histoire possède l’habit qui lui sied le mieux et c’est à l’autrice et à l’auteur de le découvrir, puis de le coudre de mots.

Tremper son histoire dans « Le Lac des Merveilles ». Enfin, l’introduction d’éléments merveilleux (qu’on parle ici d’objets, de personnages, de décors, de traditions, de détails ou de comportements épiques et fabuleux) enchante et transmute le récit. Baigner son histoire dans le « Lac des Merveilles », c’est permettre à sa lectrice, à son lecteur, d’en intégrer les thématiques par le biais d’un filtre universel, celui du rêve intuitif, de l’impossible rendu possible et des portes perpétuellement ouvertes.

Tremper son univers dans le « Lac des Merveilles »
Image par Gerd Altmann de Pixabay

C’est parce qu’elles ont pris racine au fin fond du « Lac des Merveilles » que j’aime autant les littératures de l’imaginaire. Bien loin d’être le bastion réservé de l’enfance, ces littératures nous reconnectent à notre part la plus intuitive, la plus créative – une force du vivant infiniment précieuse.

Nous voilà rendus au bout de ce loooong article… Au final, après avoir mâchouillé ces « Trois Interrogations », une seule chose me parait certaine : les explorations littéraires ne font que commencer !

Tendre visiteur, incandescente visiteuse, éternelle pousse de séquoia, je te souhaite le plaisir de milliers d’histoires rassemblées en une seule page et de toujours voguer sur le fleuve d’or qui traverse les pages de tant de livres.

Lumière sur ta journée,

Siècle

Tricoter des histoires, oui mais lesquelles ?

Cher visiteur, noble visiteuse, amicale pousse de séquoia, bien le bonjour,

As-tu goûté aux rayons d’or capturés par les branches des arbres et aux cieux striés de ce mois de février ? Je l’espère de tout cœur (et si point du tout, il est encore temps…)

Je poursuis aujourd’hui ma réflexion (et ce post constitue la deuxième partie d’un article en trois temps) autour de la thématique suivante : Quelles histoires raconter ? Quelles thématiques exploiter, entrefiler, insuffler dans nos récits ? Pour qui écrivons-nous et pour semer quoi ?

Pour semer des licornes, évidemment.
Image par chiplanay de Pixabay

Dans l’article précédent, je m’étais demandée pour qui j’écrivais en priorité, pour moi seule ou dans une optique de transmission ? Et j’en avais conclu que ce qui m’intéressait en premier lieu (sans exclure pour autant le processus personnel de transformation que représente l’écriture, mais cela pourrait constituer un article en soi^^) c’était ce média formidable de communication, de partage de réflexions costumées en personnages, que sont les histoires.

Et me voilà face à ma « Seconde Interrogation » – Quelles sont les énergies, les thématiques et les personnages que je souhaite mettre en scène dans mes histoires ? Et pourquoi ?

Avant toute chose, je constate une concomitance indéniable entre mon évolution personnelle et les thématiques qu’il me tient désormais à cœur de développer dans mes écrits. Ce que j’ai appris, les expérimentations et les chutes (aïe, aïe, aïe), les rencontres, les lectures, l’art sous ses multiples formes, et plus que tout l’expérience quotidienne de la vie dans toute sa bariolitude froufroutante (quand on sait écarter les pans du décor en carton-pâte pour regarder ce qui se passe derrière °_°) ont été des enseignements précieux.

Bariolitude froufroutante personnifiée
Image par Peter Kraayvanger de Pixabay

Il y a des taaaaaaaaas de choses que j’ai envie de raconter, mais je vais ici m’arrêter sur trois de mes thématiques favorites, thématiques intuitives majeures qui reviennent se glisser ouvertement (et subrepticement, les coquines) dans chacune de mes histoires.

Ces thématiques se fondent sur le constat suivant : nous naissons et grandissons dans des conditions de vie inégales, et plus ou moins faciles. Nous « héritons » de mémoires familiales, sociales, cellulaires. Nous expérimentons, nous souffrons, nous aimons. La souffrance de l’autre (quelle que soit sa cause) est inquantifiable pour celui ou celle qui n’a pas revêtu sa peau – or, personne ne peut vêtir la peau d’un autre dans tout ce qu’il ou elle possède d’extraordinairement singulier et d’unique. La diversité des richesses, des ressentis, de leurs nuances est infinie, tout comme la diversité des souffrances causées par la séparation, l’ostracisation, et les blessures intrinsèques à la vie sur Terre.

La vie sur Terre
Image par stokpic de Pixabay

Nous possédons, cependant, ce truc génial nommé « empathie » et qui nous permet, au travers de notre propre expérience, de « toucher » quelque chose de l’expérience de l’autre. Car si les expériences sont singulières, les courants d’émotion, de pensées et d’énergie qui les imprègnent pourraient bien être universels.

L’une de ces expériences, singulière et pourtant universelle, est celle de la transfiguration. J’entends par là notre capacité d’exploration, de transmutation, et d’autoréalisation de qui nous sommes, ou de qui nous voulons être.

Cela, je crois, constitue le cœur de « ce qui me tient à cœur » et c’est la première des thématiques que je mets en scène dans toutes mes histoires. Je suis fascinée par les personnages, leurs potentialités multiples et leurs cheminements d’évolution : comment ils ou elles passent d’un point C à un point O. Comment l’on peut se retrouver cerné par ses peurs, ses héritages, un environnement extrêmement contraignant… et trouver néanmoins des possibilités d’évolution. Comment une personne se sculpte elle-même, s’épure de tout ce qui n’est pas elle pour retourner à son essence véritable. Comment elle peut choisir délibérément de quels ingrédients sera constituée sa personnalité à venir.

Je suis ici de parti pris : le parti d’un choix qui demeure, de cette souveraineté toujours présente en nous, celle de bâtir notre royaume intérieur, en dépit des circonstances extérieures (celles du monde ou celles plus pernicieuses encore de nos propres fantômes). J’introduis partout cette capacité de « choisir », voire même « de se choisir » (qui ouvre les portes de l’horizon des possibles), tant elle me parait essentielle.

Transform yourself
Image par John Hain de Pixabay

La deuxième thématique que je désire explorer dans mes histoires est celle du rayonnement.

(Bien entendu, ces thématiques sont organiquement liées les unes aux autres et se répondent, ce qui est plutôt attendu^^).

Par rayonnement, j’entends l’impact que peut avoir une seule personne à travers sa personnalité, son expérience, ses convictions. Mais davantage encore, au travers de son exemple. Plus que toutes les paroles que l’on prononce, je crois que c’est la manière dont une personne agit, incarne ce qu’elle prône, qui irrigue et abreuve celles et ceux qui gravitent autour d’elle. L’une des propriétés magiques du rayonnement, c’est son caractère exponentiel, sa tendance à se propager, un peu comme des dominos qui, clac, clac, clac, clac, clac, sont impactés et impactent à leur tour leurs voisins.

Chaque individu rayonne, dans un cercle plus ou moins grand, plus ou moins fort selon les périodes de son existence, mais chacun et chacune influence le cercle direct et indirect avec lequel elle ou il entre en contact. Grands transmetteurs que nous sommes, nous relayons nos peurs et nos lumières, nos ombres et nos querelles, nous relayons tout ce qui nous traverse… Je trouve ce « rayonnement » de chaque être fascinant, d’autant qu’il nous ramène, encore une fois, à la question du choix ­– quelles informations, énergies, modes de vie voulons-nous incarner, relayer, rayonner ? Tout un programme !

Nous sommes des petits soleils
Image par Clker-Free-Vector-Images de Pixabay

La troisième thématique que je souhaite tricoter dans mes récits, c’est ce jeu des polarités que l’on observe partout (mouvement/néant, amour/peur, esprit/matière, unité/séparation, masculin/féminin) et la possibilité d’une troisième voie, celle des ponts qui relient les mondes, des camps qui dialoguent, des affrontements métamorphosés en danse, une danse qui sait écouter et s’accorder au mouvement subtil de l’autre. Passionnante thématique qu’on pourrait grignoter dans tous les sens, il en resterait au moins pour soixante-trois siècles et demi !

Il ne t’aura pas échappé, bondissant visiteur, tournoyante visiteuse, courageuse pousse de séquoia, que j’envisage de développer ces trois thématiques sous un angle résolument positif, où l’on progresse de l’ombre vers la lumière, de la peur vers l’ouverture et de l’emprisonnement vers la libération. Là aussi, c’est un parti pris sur ce que « j’ai envie de transmettre » : des messages d’espérance, de confiance et de lumière, de transmutation, de guérison et de libération.

La guérison du coeur
Image par Comfreak de Pixabay

Et c’est là qu’une « Troisième Interrogation » est venue me chatouiller les oreilles : j’ai constaté que je ne prenais pas toujours le chemin permettant de tricoter les thématiques qui me tenaient à cœur sous un angle positif. C’est pourquoi, j’ai voulu transformer (et c’est une démarche toujours en cours) ma manière de concevoir et de travailler mes textes afin qu’ils s’harmonisent avec ma démarche personnelle et mes lunettes en forme de cœur. Et ce sera l’objet de la troisième partie de ce looooong article, à venir très bientôt !

D’ici là, je dépose sur l’autel de nos muses une brassée de feuilles de platanes, un nectar de ciel bleu, et la vivifiante caresse de la bise hivernale !

Lumière sur ta journée,

Siècle

Tricoter des histoires, oui mais pour qui ?

Chère visiteuse, noble visiteur, jeune pousse de séquoia,

J’espère que tu esquisses un pas de danse sous la chaleureuse lumière d’hiver que j’aime tant, celle qui chatouille et nimbe d’or les branches dénudées des arbres.

J’inaugure, aujourd’hui, une série d’articles (ou un article un peu long en trois parties), que je posterai courant février autour de la question suivante : Quelles histoires raconter ? Quelles thématiques exploiter, entrefiler, insuffler dans nos récits ? Pour qui écrivons-nous et pour semer quoi ?

Tricoter des histoires, c’est comme tricoter des papillons
Image par cocoparisienne de Pixabay

Lorsque j’ai rafraichi la mouture de ce site web, au printemps dernier, Florieteller (artiste et écrivaine délicieusement optimiste) m’a prêté son œil d’experte en communication. Elle m’a ainsi suggéré d’ajouter un encart sur le « genre d’histoires que j’écrivais » – encart que j’ai depuis concocté ici : Siècle, qu’écris-tu ?

Cette suggestion pertinente m’a ramenée, zou, tout droit à ce vaste questionnement que je partage avec bien d’autres de mes condisciples : « Au fond, qu’est-ce que je veux écrire ? » C’est ce questionnement (évidemment subjectif et teinté de mon expérience personnelle) que j’ai décidé d’éplucher plus en détail dans cet article.

« The Darling Project » – une création inconsciente ?

On pourrait (à première vue) se dire qu’on écrit l’histoire qui se présente à nous sans remettre en cause les archétypes, les thématiques, les messages qu’elle charrie dans son sillage… et je crois que c’est particulièrement vrai (ce le fut en tout cas pour moi) lorsque « The Darling Project » (la première grande histoire) frappe à notre porte, lorsque l’on noue avec cette inconnue si familière une relation (que dis-je, une alliance !) aussi passionnée qu’aveuglante.

(Salutations « Darling Project », puisses-tu encore roupiller quelques années au fond du tiroir pour te défaire de tes anciennes scories. Ensuite, on pourra reparler.)

« The Darling Project » – cette vieille histoire qui nous hante
Image par Michal Jarmoluk de Pixabay

« The Darling Project » recèle… tout. Tout ce qui nous habite, ce que nous avons vécu jusque-là, ce qui nous semble important. Les premiers personnages, intrigues et décors qui apparaissent sous notre plume s’imprègnent de nos croyances (conscientes ou inconscientes), de notre éducation, de nos stéréotypes, des éléments culturels, artistiques, sociaux qui nous ont marqués et qui rejaillissent, pêle-mêle, sous leur forme brute au cours de l’écriture.

Puis déraboulent les retours critiques des bêta-lectrices et des bêta-lecteurs (ces créatures géniales dont je chante les louanges sur le blog en anglais), suivis de multiples phases de correction, ou de réécritures, et puis… et puis on apprend à décortiquer, à prendre du recul, à analyser, et on en vient à questionner les thématiques portées par son histoire… et de manière élargie, les thématiques des histoires que l’on écrit ou que l’on souhaite écrire.

Arrivée à ce moment précis, j’ai constaté chez moi une ambivalence sur ces questions. Trois interrogations successives ont émergé de ma tambouille réflexive.

« Première Interrogation » – J’écris. Soit. Mais pour qui et pour quoi ?

Est-ce que j’écris pour me comprendre moi-même, ou pour communiquer avec d’autres ? L’écriture est-elle un procédé d’autoréflexion (une forme d’expression de soi à portée thérapeutique, une exploration des thématiques qui nous fascinent, une projection de son inconscient) ? Ou bien suis-je le créateur, la créatrice, d’une tapisserie à l’intention d’autrui, tapisserie dans laquelle je tisse ce que je veux communiquer ? Et faut-il « choisir » ? L’écriture ne peut-elle pas remplir ces deux objectifs en même temps ?

(NB : quand je parle ici de « choisir », je ne pense pas à un choix intellectuel, imposé par la rationalité, mais au discernement de notre volonté profonde qui se noie parfois sous les couches du « devoir ou de la « croyance ». On pourrait plus justement utiliser le terme « ressentir »)

Choisis, Siècle !
Image par Oberholster Venita de Pixabay

J’imagine que la réponse varie selon les auteurs et les autrices. En ce qui me concerne, j’ai eu l’impression d’arriver à un embranchement net : il me fallait « choisir/ressentir » (non pas tout l’un ou tout l’autre), mais quel embranchement prioriser, qu’est-ce que je voulais d’abord accomplir avec mes histoires. Si l’écriture était un jeu de miroirs dans lequel je jouais à cache-cache avec moi-même, alors l’intuition était reine, l’inconscient roi, pour le meilleur et pour le pire : tout était possible et bienvenu puisque j’explorais un royaume sans invités, celui de mes multiples reflets.

Mais voilà, mon envie première/mon choix intuitif profond était de communiquer (ce qui n’empêche en rien le dialogue avec soi-même au travers de l’écriture, bien au contraire) : j’écris des histoires… parce que je veux partager des idées, des cheminements de personnages, des perspectives spécifiques avec mon lecteur et ma lectrice. Je veux évoquer certaines énergies, des paires de lunettes multicolores, des possibilités congrues et incongrues.

La porte des possibles
Image par Schmidsi de Pixabay

A contrario, il y a des idées ou des ambiances que je ne souhaite pas aborder. Il y a des personnages que je porte en moi (ou que je rencontre dans d’autres histoires) qui me touchent et que j’affectionne, mais le message qu’ils délivrent n’est pas celui dont je veux parler ou dont je souhaite que mes personnages se fassent les « porte-paroles »

Ce qui m’amène à la seconde part de ma réflexion. Quelles sont les énergies, les thématiques et les personnages que je souhaite mettre en scène dans mes histoires ? Et pourquoi ? Ce sera le sujet de la deuxième partie de cet article, à venir bientôt sur le blog.

D’ici là, chatoyante visiteuse, scintillant visiteur, je te souhaite une dégustation sans modération de ces délicieuses minutes hivernales.

Lumière sur ta journée,

Siècle

Chaque année, des histoires pour le petit-déjeuner…

Deuxième jour de l’année 2020 – belle année à vous, enfants des étoiles, jeunes pousses de séquoia, visiteurs et visiteuses d’autres sphères, puissiez-vous cultiver la sérénité, la joie et le sens de l’émerveillement dans le jardin des lumières !

J’avais bien envie d’entamer l’année 2020 sous le signe de l’imaginaire avec un article tout frais (et un poil de ménage) sur Heart Shaped Glasses Theory.

La fin d’année fut productive au niveau de l’écriture puisque j’ai posé le dernier point du premier jet du (on s’accroche…^^) troisième tome de la trilogie de Nomorgames ! Un gros objectif personnel que je savoure pleinement. Je peaufinerai encore la trilogie en coulisses début 2020 au côté de ma merveilleuse agente, avant d’enchaîner sur les corrections de Plein-Ciel.

En attendant, et c’est le sujet de ce post de blog, 2019 fut pour moi une réussite sur un point crucial, celui de la lecture : j’ai enfin repris un rythme de lecture régulier (après une moisson livresque quelque peu erratique, les années précédentes). Au bilan 2019, j’ai lu 35 livres publiés (en dehors des romans en cours d’écriture des copains, des bêta-lectures de manuscrits, etc…) Une reprise honorable, bien que persévérance demeure le maître mot – j’aimerais atteindre (voire dépasser) la quarantaine en 2020.

Beaucoup d’ouvrages d’Imaginaire (français !) au menu de 2019, et c’était bien chouette même si j’ambitionne de diversifier davantage le panel de lecture en 2020. ^^ Mais voici, sans attendre (et dans le désordre), dix belles histoires dans lesquelles je me suis plongée, cette année :

Les larmes de Yāda, de Lilie Bagage

Un roman très original, et d’une grande poésie intérieure. Les deux narrateurs septuagénaires nous embarquent à leur suite avec une fraîcheur teintée de mélancolie : entre la drogue qui ravive la flamme étincelante du passé et un présent empreint d’embûches, ils vont devoir choisir. Lilie Bagage nous dépeint avec une grande finesse humaine les enjeux de la vieillesse, de la solitude et du poids de la mémoire, dans un décor à la fois futuriste et bariolé de pigments et des parfums de l’Inde.

La Lune est à nous, de Cindy Van Wilder

Roman contemporain qui claque, avec un rythme de narration vif et vibrant, La lune est à nous adopte le point de vue de deux adolescents qui sont gros et vont revendiquer leurs différences et leur légitimité à vivre, à être vus, à aimer. Mention spéciale pour l’excellent traitement des réseaux sociaux et de leur influence lors la construction identitaire et sur l’estime de soi. Des thématiques douloureuses mais bercées par un vent frais et positif, un hymne à l’amitié et à la solidarité communautaire.

Les sentiers des Astres (Manesh, Shakti et Meijo), de Stefan Platteau

Belle découverte que les trois premiers tomes de cette série (toujours en cours d’écriture…) de Stefan Platteau. Un style époustouflant, une mythologie nordique, aussi merveilleuse qu’inquiétante, revisitée par l’auteur avec grand talent, qui nous invite à accompagner ses personnages hauts en couleur sur les mystérieux sentiers des Astres.

Un si petit oiseau, de Marie Pavlenko

Petit bijou de sensibilité, Un si petit oiseau est un roman contemporain dans lequel une jeune femme (après un accident tragique) doit trouver le courage de renouer avec la vie. C’est un roman qui nous parle de reconstruction de soi et de la possibilité (réelle mais ô combien difficile) de réapprivoiser un corps différent. Grand coup de coeur pour les personnages secondaires de ce roman (les parents, la tante, la soeur…) peints avec une humanité et une justesse bouleversante.

Les Seigneurs de Bohen, d’Estelle Faye

Un très beau roman d’Estelle Faye, presque une épopée à bord d’un navire sur le point de sombrer, une toile jonchée de personnages, d’esclaves qui forgent leur liberté et de souverains prisonniers de leurs trônes. Les destins s’entrecroisent dans un monde teinté de danger et d’onirisme, de magiciennes, de vouivres et de métamorphes. On y retrouve le goût de la magie druidique et les rêves venus d’orient qui s’entremêlent harmonieusement sous une plume poétique et romanesque.

La trilogie Apocalypse blues, de Jo Bertrand

Grande claque que cette trilogie post-apocalyptique de Jo Bertand. On y suit plusieurs adolescents pris dans un faisceau de catastrophes climatiques qui rebalayent la face de notre monde. La narration directe, à vif, menée à tambour battant par les multiples narrateurs de cette histoire, n’épargne rien au lecteur qui se retrouve happé au côté de ces personnages plus réels que nature. Amitié, amour, violence, souffrance, transmutations profondes sous le ciel somptueux qui demeure encore. Apocalypse Blues, au fond, c’est une histoire de fratrie et de communauté, de survie, et de la quête de sens devenue vitale alors que tous les repères volent en éclats.

Maïté Coiffure, de Marie-Aude Murail

Grande lectrice de Marie-Aude Murail, je découvre, de temps à autre, quelques unes de ses histoires que je n’ai pas encore eu la joie de lire. Ce fut le cas, cette année, de Maïté Coiffure. On y retrouve cet humour délicieux de l’autrice, qui nimbe (avec légèreté) des situations humaines profondes et souvent très actuelles. On suit ici le parcours d’un adolescent, au premier abord replié sur lui-même, qui se découvre une passion pour la coiffure. En débarquant dans le microcosme délicieux de ce petit salon de coiffure pour y effectuer son stage de troisième, notre narrateur va s’ouvrir les portes d’un avenir insoupçonné.

Le Cirque interdit, de Célia Flaux

Ah… le Cirque interdit, de Célia Flaux, un roman que j’ai eu beaucoup de plaisir à relire. J’avais eu le privilège d’en bêta-lire une version précédente, il y a déjà quelques temps, et j’ai retrouvé avec joie ce monde du cirque et de la créativité artistique, un monde en péril face à une société où la gestion du risque (personnifiée par les Assurances) est désormais omniprésente. L’autrice nous dépeint la magie du cirque (celle des acrobates et des spots étincelants qui font rêver les spectateurs), mais aussi celle, plus intérieure, d’une poursuite du merveilleux qui refuse les cages et doit alors prendre le risque… de la vie.

Enfants de la terre et du ciel, de Guy Gavriel Kay

Guy Gavriel Kay est l’un de mes auteurs préférés, et c’est toujours un plaisir de découvrir l’une de ses histoires. Enfants de la terre et du ciel ne fait pas exception à la règle. Une fresque à plusieurs voix dans un monde de fantasy historique, comme toujours admirablement conçu et porté par un style poétique bluffant. Guy Gavriel Kay manie l’émotion à la pointe du pinceau (ou du stylet) d’une manière tout à fait unique et que l’on retrouve dans ses différents ouvrages : Tigane, La Mosaïque de Sarance, Les lions d’Al-Rassan, Le Dernier Rayon du soleil, Les chevaux célestes… autant d’histoires enchanteresses que je recommande à tout chercheur en quête d’émerveillement.

Ce caillou dans ma chaussure, de Silène Edgar

Ce petit dernier est arrivé par surprise et j’ai été bien émue par cette plongée intimiste dans le quotidien d’un professeur de collège qui accompagne l’intégration d’un jeune élève réfugié durant quelques mois. Ce roman a des allures de confession sous forme de fragments de journal de bord. D’une authenticité crue, il nous relate les questionnements traversés par notre narrateur, son impuissance face aux contraintes du système, la peur et la beauté face à l’inconnu, à l’autre et à l’autre culture, l’envie de faire plus et le besoin, puissant, de témoigner. Silène Edgar m’a attrapée avec son caillou, et j’en suis bienheureuse.

Et pour rester en compagnie de Silène un peu plus longtemps, n’hésitez pas à faire un tour sur cet article où elle vous parle de ses lectures 2019, c’est passionnant et j’y ai pioché des titres pour mon agenda de lecture 2020 !

Pour conclure ce post de blog, voici une liste de dix histoires que j’aimerais découvrir en 2020 :

★ – Kalpa Impérial d’Angélica Gorodischer qui m’a été vivement recommandé par ma chère Anouck Faure.

★ – Les Sept nuits de la reine et Derniers Fragments d’un long voyage de Christiane Singer (beaucoup d’enseignements lumineux en perspective).

★ – La trilogie Voyager de Stéphane Desienne. Cela fait longtemps que je souhaite lire cet auteur, et le post enthousiaste (clic-clic) d’une chenillette chère à mon coeur m’a convaincue de commencer par cette histoire-ci.

★ – Le fameux Sorcières de Mona Chollet dont j’ai notamment (mais pas que^^) entendu parler par l’inégalable Cindy Van Wilder.

★ – La Chasse fantôme d’Hermine Lefebvre (à paraître en mars 2020 chez Scrinéo), une autrice dont je suis les histoires en coulisses sur CoCyclics depuis des années et dont je me réjouis de découvrir le premier roman publié !

★ – Comme un million de papillons noirs, un album de Laura Nsafou (aussi connue sous le pseudonyme de Mrs Roots), autrice engagée dans la pluralité des littératures africaines et l’afrofémininisme en France, illustré par Barbara Brun.

★ – L’homme qui savait la langue des serpents d’Andrus Kivirähk, un roman qui m’a été chaudement conseillé par un certain Grand Piou.

★ – Face au dragon d’Isabelle Bauthian. Celui-là, je me le suis recommandée toute seule, après avoir lu pour la première fois cette autrice, en 2019, avec le roman Grish-Mère, une lecture qui m’a donné l’envie d’y revenir.

★ – Un peu de nuit en plein jour d’Erik L’Homme. J’aime beaucoup cet auteur et j’ai lu de nombreux retours de lecteurs et de lectrices sur ce nouveau roman, que je suis très curieuse de lire à mon tour.

★ – J’aimerais découvrir l’auteur, Jean-Laurent Del Socorro, en lisant Royaume de vent et de colères, ou Boudicca (ou peut-être les deux^^)

Je m’arrête là, même si j’ai d’autre romans sur la wish-list de 2020… et que je prends des notes si je croise des yeux papillonnants et des voix émues me dire : là, celui-ci, quand je l’ai lu, il m’a chaviré le coeur !

Sur ces belles paroles, je vous souhaite une… Happy New Year (avec tout plein de lunettes en forme de coeur) !

L’écrivain, cet iceberg en perpétuelle expansion

Bien le bonjour papillonnante visiteuse, visiteur bondissant, toi qui passe en ces lieux !

Si tu écris régulièrement, passionnément, avec l’objectif de terminer tes histoires, de les faire lire et qu’il te semble très compliqué d’expliquer ce que tu fais vraiment à ton entourage, cet article est pour toi.

Si tu n’écris pas mais fréquente dans ton environnement plus ou moins direct une ou plusieurs de ces étranges (mais délicieuses) créatures qui se targuent d’écrire un roman-jusqu’au-bout, voire de le faire publier, cet article est aussi pour toi.

Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, je décortique ce qui se passe dans la marmite de l’écriture…

Cela fait huit années (°__°) que j’écris, que je raconte des histoires que j’espère achever, améliorer, partager et un jour publier. Mais le processus d’écriture est un processus lent qui fourmille d’étapes, de questionnements et d’apprentissages. A qui n’écrit pas, ce processus peut souvent paraître nébuleux (et très, très, très long). Ainsi, lorsque j’ai commencé à écrire… bon, à dire vrai, au début je n’osais pas trop dire que j’écrivais sérieusement à voix haute.

Reprenons donc, lorsque j’ai commencé à dire que j’écrivais avec l’idée d’être un jour publiée, que c’était du sérieux, que c’était un métier, mon entourage m’a aimablement demandé : « Ah oui, tu écris ? Tu écris quoi ? Super, quand pourra-t-on te lire ? » Ce à quoi j’ai à mon tour fort aimablement répondu : « Pas tout de suite, je dois apprendre, c’est du boulot long terme ! »

L’année d’après, puis la suivante, mon entourage attentionné s’est enquis de mes progrès : « Alors, Siècle, tu en es où, ça avance l’écriture ? » Et moi, enthousiaste et sincère : « Ca avance, très cher, ça avance joliment même, belle amie ! » Une autre année passe et la question revient en boucle : « Et quand peut-on espérer te lire ? » Moi : « Aucune idée, mais ça avance vraiment méga-top bien. J’adore ce que je fais même si c’est beaucoup de boulot, il faut être patient ».

Deux années plus tard, mon entourage un peu blasé vérifie : « Tu écris toujours ? (Sérieux, tu n’as pas lâché l’affaire pour planter des salades? °_°) » Puis très très gentiment : « tu crois vraiment que tu seras publiée un jour ? ». Et moi, innocente pâquerette au milieu du désert : « Oui, oui, ça avance, les amis, ça avance ! (et je plante aussi des salades, l’un n’empêche pas l’autre !) »

Fait véridique et vérifié : les salades poussent plus vite que les livres – Source

Et… roulement de tambour… oui, ça avance, vraiment ! Mais le processus de l’écrivain qui s’engage sur la route des histoires passe par une plus ou moins longue période d’apprentissage de son métier. Cet apprentissage, laboratoire d’expériences littéraires, de décortication minutieuse des textes, précède souvent la première publication. On continue bien évidemment d’apprendre et de développer son processus d’écriture par la suite, mais cette première publication correspond à ce que j’appelle « la sortie des flots », le passage d’une frontière impalpable mais très visible.

L’écrivain pourrait être en quelque sorte perçu comme un iceberg en perpétuelle expansion (la classe !^^) Il se passe énormément de choses sous les flots du bouillonnement créatif avant que la pointe de l’iceberg (comprendre ici : l’histoire achevée et publiée) n’apparaisse à la surface du monde.

Parce que ça m’amuse carrément et parce qu’un petit dessin vaut mieux qu’un trop long discours (ce qui ne m’empêchera pas de faire aussi un trop long discours^^), je vous ai gribouillé un croquis.

Iceberg – THE croquis du Siècle

L’écrivain, cet iceberg en perpétuelle expansion

(Je précise que mon terrain d’observation favori accueille des centaines d’autrices et d’auteurs en apprentissage et à différents stades de construction de leur iceberg. J’ai vu de nombreuses flèches de glace percer la surface des flots au fil des années. De formidables conteurs dont je raffole sont encore sous la surface et quasiment tous et toutes (visibles ou invisibles) sont et demeurent en perpétuelle expansion^^) !

Si tu n’es pas fan des croquis bizarres, papillonnante visiteuse, et que tu préfères les listes à rallonge pour suivre le processus-de-l’écrivain-iceberg-plus-long-que-ça-tes-salades-pourrissent-sur-place, visiteur bondissant, j’ai aussi de quoi te satisfaire !

Iceberg – THE Liste du Siècle

Disclaimer 1 : Ce n’est pas mon processus spécifique mais plutôt une synthèse d’expériences que je décris ici, même si j’ai trempé les orteils dans plusieurs des cases évoquées.

Diclaimer 2 : Tous les écrivains ne vivent pas leur création en mode « génial, je suis un iceberg en perpétuelle expansion ! » mais je pense que pas mal d’entre eux se reconnaitront dans cette métaphore. Pareillement, les étapes représentées sous la surface des flots ne les concernent pas tous et toutes. Et il y a des tas d’étapes supplémentaires/alternatives que je n’ai pas citées.

Disclaimer 3 : Le temps passé sous la surface des eaux ne garantit pas la qualité du résultat final, il correspond plutôt au processus unique de chacun et à sa temporalité d’écriture propre. Je connais des autrices hyper rapides (si, si^^) qui n’ont passé que deux ou trois années sous la surface des eaux avant (plop) d’en sortir le bout du nez. Beaucoup d’autres y passent cinq ou six années, voire neuf ou dix années (hum, coucou la surface, on se rapproche…) Et parfois quinze à vingt années s’avèrent nécessaires à un auteur pour cheminer toutes les étapes de sa création immergée.

Globalement, il faut garder en tête qu’à moins d’être un génie littéraire sorti tout droit de l’œuf le plus adorable de la création (ça arrive, mais ce n’est pas la règle), les premiers écrits sont… enthousiastes et bourrés d’erreurs de débutant. Ecrire, on ne le dira jamais assez, ça s’apprend. Et donc l’écrivain qui s’accroche et veut VRAIMENT écrire va consacrer beaucoup de son temps à un ensemble d’étapes qui prendront chacune entre plusieurs mois et plusieurs années. Certaines de ces étapes seront répétées à plusieurs reprises et dans le désordre (nous n’apprenons pas tous et toutes de la même manière et ne possédons pas non plus les mêmes Némésis de l’écriture).

Dans tous les cas : patience, confiance, persévérance et détermination demeurent les maîtres mots !^^

Noble visiteuse, froufroutant visiteur, jeune pousse de séquoia, je te salue bien bas et te souhaite de t’amuser autant que moi sur le chemin de l’écriture (et de ne pas t’y astreindre en solitaire). C’est tellement plus exaltant d’embarquer sur un navire de fous des lettres plutôt que de prendre sa barque et ses rames trop lourdes vers l’infini et au-delà !

Sarabande de lumière sur ta plume et mes hommages au cortège de nos Muses qui le méritent bien !

Siècle

Le miracle de la lecture

Salutations honorifiques, jeune pousse de séquoia !

Le mois dernier, j’ai eu le plaisir de me rendre à l’inégalable festival des Imaginales d’Epinal. Festival des littératures de l’Imaginaire où se côtoient auteurs, autrices, éditeurs, éditrices, lecteurs et lectrices dans une ambiance festive et passionnée d’une grande bienveillance. Conférences, stands d’artisanat, bulle du jeu, oeuvres d’art, body-painting sévissent également sur les rives de la Moselle le temps d’une parenthèse enchantée.

Les Imaginales 2019, sur les rives de la Moselle

Comme toujours, ces quatre journées se sont enfuies trop vite. Ma Corneille perchée sur l’épaule, j’y ai vécu d’innombrables aventures en compagnie d’une louve sauvage cavalant au milieu des bois, d’une Chevalière à la Myrtille qui avait délaissé son bazooka pour une gaufre au sucre et d’un elfe ultra-instinctif et quelque peu meurtrier. J’ai (as always) sauté au cou de The Dearest Of Them All, surfé les courants de l’Univers aux côtés d’Amzil-à-la-voix-d’or et retrouvé pour mon plus grand bonheur l’Archétype de la Reine des coeurs (toujours aussi délicieuse), Elikya-Merveilleuse de la Maison du trèfle et une certaine Dame de pique au pinceau étoilé. Les compagnons d’écriture sont si nombreux à sévir sur ce festival qu’il est impossible de tous et toutes les citer – mais ils étaient là, enthousiastes et merveilleux !

Un plaisir n’arrivant jamais seul, durant ce festival j’ai eu la chance de participer à une initiation nocturne au jeu de rôle masterisée par le talentueux Steph. J’ai également assisté à la fondation du très select (and infamous) club des quatre Dark B. And last but not least, j’ai reçu en main propre le tout premier fan-art de Plein-Ciel réalisé par mon alpha-lectrice, Sphinx, Maîtresse-Jouet des chenilles cosmiques, qui m’a bluffée par sa maîtrise des aiguilles à tricoter. J’en suis toute enchenillée d’émotion.

Ivoire made in l’Atelier de la Pelote Stellaire

Mais le coeur des Imaginales d’Epinal (et le sujet de ce post), c’est le L.I.V.R.E et les milliers d’histoires qui naissent sur le papier ou en numérique. L’année 2019 s’annonce magique pour moi car j’ai enfin (roulement de tambour !) recommencé à lire. Eh oui… Dans le passé, j’ai toujours beaucoup lu et de tout jusqu’au jour où je me suis mise à sérieusement écrire et à (tout aussi sérieusement) bêta-lire (c’est-à-dire décortiquer et critiquer de manière constructive et positive les textes d’autres écrivains) sur un forum cher à mon coeur.

Effet inattendu (et je ne crois pas partagé par la plupart de mes camarades autrices et auteurs, mais peut-être que je me trompe^^) : au moment où je me suis mise à bidouiller mes propres histoires et à relire les manuscrits en cours de mâchouillage des amis, j’ai (presque) cessé de lire pendant quasiment… six années ! Des romans que j’aurais dévoré dans d’autres circonstances me tombaient des mains, je ne pouvais pas lire plus de quelques pages à la suite (alors que j’engloutissais, facile, un roman en une soirée dans mes folles années sans écriture) !

Mais pourquooooiiiiii ? – Source

Pourquoi était-ce problématique ? Déjà, réponse facile, parce que j’adorais m’immerger dans les univers et les histoires, classiques ou de genre, qu’importe, toutes les histoires ! Ils s’agissait d’une étape nécessaire dans mon quotidien. Ensuite, réponse dramatique, parce que j’écrivais, justement, et qu’il est essentiel (de mon point de vue) pour tout écrivain en herbe qui cherche à améliorer sa plume et ses histoires de se nourrir de littérature, de voix narratives aussi diverses que possible, des chemins empruntés par tant d’autres avant lui ou elle pour conter ses idées et ses personnages.

Je ne sais toujours pas bien aujourd’hui ce qui a causé cette interruption brutale de lecture (livres, je vous aime, si si !) Je suppute une période intensive d’apprentissage et de traficotage des mots qui prenait tout le créneau temporel et intérieur que j’aurais jadis consacré à la lecture. Additionné à cela, l’effet « Bêta-lecture automatique » qui s’enclenchait dès que j’entamais un nouveau roman.

Depuis l’année 2018, ces effets indésirables se sont estompés progressivement tandis que l’écriture, elle, ne cessait de poursuivre son chemin. Et 2019 joliment grignotée, je relis/revis, merci cher Univers ! J’en veux pour preuve les folies faites aux Imaginales et que je contemple avec un sourire de chaton gourmand…

Ah, des livres, encore plus de livres, des piles à lire jusqu’au ciel !

Taïaut !!!

Butin des Imaginales 2019 !

Plume neuve et renouveau printanier

Bonjour bonjour, visiteuse de longue haleine, visiteur fraîchement émoulu, jeune pousse de séquoia, les derniers jours du printemps sont arrivés !

Après de longs mois d’hibernation, Heart Shaped Glasses Theory renaît de ses cendres, comme tout bon phénix qui se respecte. J’ai profité de ce printemps 2019 pour épousseter, restructurer, simplifier ce site dont voici la nouvelle version.

Pourquoi ce nouveau plumage, Siècle ? Parce que la version précédente/2017 du site était trop lourde à entretenir pour moi, d’une part, et qu’elle manquait de transparence, de l’autre – c’est-à-dire que mon choix de contenu pouvait se montrer très/trop/un peu beaucoup elliptique. Or, le but d’un site tel que celui-ci c’est, à minima, de communiquer de manière compréhensible. Qu’à cela ne tienne, je rembobine, ratiboise et replante !

Dans cette version 2.0, je vais essayer de faire mieux, mais pas parfait (ce serait bien ennuyeux, sinon, et puis à chaque fois que je vise trop haut, je me fais prendre au jeu de la rigide perfection, et ça, non merci, on a testé et c’est pas rigolo du tout !) 

Aussi, ce nettoyage de printemps a été l’occasion d’une mini-introspection de circonstance. Avec la première version de HSGT, j’avais (comme souvent^^) cédé aux appels des sirènes de l’ébullition disproportionnée. Traduction : j’avais eu les yeux plus gros que le ventre. J’ai voulu poster un article de fond (avec des sujets compliqués, des pavés de cent kilomètres et une rigueur impeccable… argh !) tous les dix jours, ce qui, tic-tac, tic-tac, n’a pas manqué d’enclencher le mécanisme de l’obligation.

Or, je vous le donne en mille : ma Muse-Dragonne fonctionne très mal avec les obligations. L’obligation écrabouille ses orteils griffus et le bouillon créatif qu’elle alimente et dont j’ai bel usage. Je le savais, on me l’avait dit et prédit, eh bien, je n’ai rien écouté et je l’ai quand même fait.^^

Pourquoi tu te montres aussi têtue qu’un bourricot, ma chère Siècle ? Parce que comme le dit si bien le dicton : « on ne fait pas l’économie de l’expérience ». Je ne sais pas si vous avez déjà vécu ce moment-là : celui où l’envie vous démange de tester quelque idée décapante même si, quelque part au fond de vous, une petite voix ennuyée vous indique très clairement que vos boulons ne sont pas agencés dans le bon sens, que les iguanes n’excellent pas dans les compétitions aquatiques et que, de toute façon, il reste une pile de vaisselle sale (totalement prioritaire) au fond de votre évier. Oui, non, peut-être, vous ne vous en souvenez plus ?

Moi je m’en souviens, ça m’arrive… souvent, doux euphémisme. Il est très difficile de prêter une oreille attentive à cette petite voix (qui nous casse les oreilles, au fond) ou bien à celle de votre arrière grand-père, assis au coin du feu, qui lui a déjà testé dix versions de votre idée novatrice et se sent tout prêt à vous refiler LA réponse. Non. On n’en veut pas, on ne veut pas de la réponse d’un autre, on veut la sienne.

Et pour intégrer une réponse (quelle qu’elle soit), il n’est pas suffisant de la trouver avec sa tête, il faut la vivre. On intègre les leçons que l’on vit. On accepte ses propres mécanismes intérieurs en testant leurs limites. Et c’est très bien comme ça, à condition de retenir la leçon numéro 2 (pas ma préférée, mais j’y travaille). La leçon numéro deux, c’est de ne pas retenter cinquante fois la même expérience ratée avec les mêmes paramètres, mais de concevoir plutôt une « expérience évolutive » (élégant, n’est-ce pas ?) Je dis « « évolutive plutôt que « raisonnable » (parce que rien que le mot « raisonnable » me donne envie d’aller faire la sieste).

Nous y voilà donc. Heart Shaped Glasses Theory, expérience évolutive, deuxième essai, c’est parti ! Qu’est-ce que tu trouveras sur ce site flamboyant neuf, chère visiteuse ? Une vitrine de mon activité d’autrice, c’est-à-dire une présentation de mon moi présent et surtout de mes projets romanesques en cours, cher visiteur ! J’y ajoute également, hop, un agenda pour le futur (soyons prévoyants), la théorie des lunettes en forme de cœur (ça, c’est la pierre de fondation du site, si je l’enlève, le site s’écroule), et quelques articles de blog au gré du Vent qui se manifesteront au moment opportun. Ces articles porteront sur mon activité d’autrice, sur des illuminations rigolotes à la sauce Univers et des lectures marquantes que j’aurais envie de partager avec vous.

Le tout soumis à la règle unique de ce second essai : pas d’obligation, je poste quand je veux, quand j’ai des trucs à dire, sérieux ou non (et pas trop looooooongs), et je fais de cette vitrine-blog une embarcation légère et adaptable et pas un char de compétition qui m’envoie dans le décor tous les trois mois ! ^^

En résumé : on récupère le même design, la même Siècle, et on recommence en pareil mais en différent ! Ah oui, il y a quand même deux vraies nouveautés dans cette version 2.0 : la première, c’est que j’ai fait appel à ma chère Aemarielle afin qu’elle réalise une illustration-logo pour chacun de mes quatre projets d’écriture en cours (et je suis ravie du résultat !) La seconde, c’est que j’ai bidouillé un site équivalent en langue anglaise que vous pouvez trouver ici : Siècle in English !

Sur ces belles paroles, lumière sur vos journées respectives, et que cette fin de printemps vous soit douce et soyeuse !

Siècle