L’écrivain, cet iceberg en perpétuelle expansion

Bien le bonjour papillonnante visiteuse, visiteur bondissant, toi qui passe en ces lieux !

Si tu écris régulièrement, passionnément, avec l’objectif de terminer tes histoires, de les faire lire et qu’il te semble très compliqué d’expliquer ce que tu fais vraiment à ton entourage, cet article est pour toi.

Si tu n’écris pas mais fréquente dans ton environnement plus ou moins direct une ou plusieurs de ces étranges (mais délicieuses) créatures qui se targuent d’écrire un roman-jusqu’au-bout, voire de le faire publier, cet article est aussi pour toi.

Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, je décortique ce qui se passe dans la marmite de l’écriture…

Cela fait huit années (°__°) que j’écris, que je raconte des histoires que j’espère achever, améliorer, partager et un jour publier. Mais le processus d’écriture est un processus lent qui fourmille d’étapes, de questionnements et d’apprentissages. A qui n’écrit pas, ce processus peut souvent paraître nébuleux (et très, très, très long). Ainsi, lorsque j’ai commencé à écrire… bon, à dire vrai, au début je n’osais pas trop dire que j’écrivais sérieusement à voix haute.

Reprenons donc, lorsque j’ai commencé à dire que j’écrivais avec l’idée d’être un jour publiée, que c’était du sérieux, que c’était un métier, mon entourage m’a aimablement demandé : « Ah oui, tu écris ? Tu écris quoi ? Super, quand pourra-t-on te lire ? » Ce à quoi j’ai à mon tour fort aimablement répondu : « Pas tout de suite, je dois apprendre, c’est du boulot long terme ! »

L’année d’après, puis la suivante, mon entourage attentionné s’est enquis de mes progrès : « Alors, Siècle, tu en es où, ça avance l’écriture ? » Et moi, enthousiaste et sincère : « Ca avance, très cher, ça avance joliment même, belle amie ! » Une autre année passe et la question revient en boucle : « Et quand peut-on espérer te lire ? » Moi : « Aucune idée, mais ça avance vraiment méga-top bien. J’adore ce que je fais même si c’est beaucoup de boulot, il faut être patient ».

Deux années plus tard, mon entourage un peu blasé vérifie : « Tu écris toujours ? (Sérieux, tu n’as pas lâché l’affaire pour planter des salades? °_°) » Puis très très gentiment : « tu crois vraiment que tu seras publiée un jour ? ». Et moi, innocente pâquerette au milieu du désert : « Oui, oui, ça avance, les amis, ça avance ! (et je plante aussi des salades, l’un n’empêche pas l’autre !) »

Fait véridique et vérifié : les salades poussent plus vite que les livres – Source

Et… roulement de tambour… oui, ça avance, vraiment ! Mais le processus de l’écrivain qui s’engage sur la route des histoires passe par une plus ou moins longue période d’apprentissage de son métier. Cet apprentissage, laboratoire d’expériences littéraires, de décortication minutieuse des textes, précède souvent la première publication. On continue bien évidemment d’apprendre et de développer son processus d’écriture par la suite, mais cette première publication correspond à ce que j’appelle « la sortie des flots », le passage d’une frontière impalpable mais très visible.

L’écrivain pourrait être en quelque sorte perçu comme un iceberg en perpétuelle expansion (la classe !^^) Il se passe énormément de choses sous les flots du bouillonnement créatif avant que la pointe de l’iceberg (comprendre ici : l’histoire achevée et publiée) n’apparaisse à la surface du monde.

Parce que ça m’amuse carrément et parce qu’un petit dessin vaut mieux qu’un trop long discours (ce qui ne m’empêchera pas de faire aussi un trop long discours^^), je vous ai gribouillé un croquis.

Iceberg – THE croquis du Siècle

L’écrivain, cet iceberg en perpétuelle expansion

(Je précise que mon terrain d’observation favori accueille des centaines d’autrices et d’auteurs en apprentissage et à différents stades de construction de leur iceberg. J’ai vu de nombreuses flèches de glace percer la surface des flots au fil des années. De formidables conteurs dont je raffole sont encore sous la surface et quasiment tous et toutes (visibles ou invisibles) sont et demeurent en perpétuelle expansion^^) !

Si tu n’es pas fan des croquis bizarres, papillonnante visiteuse, et que tu préfères les listes à rallonge pour suivre le processus-de-l’écrivain-iceberg-plus-long-que-ça-tes-salades-pourrissent-sur-place, visiteur bondissant, j’ai aussi de quoi te satisfaire !

Iceberg – THE Liste du Siècle

Disclaimer 1 : Ce n’est pas mon processus spécifique mais plutôt une synthèse d’expériences que je décris ici, même si j’ai trempé les orteils dans plusieurs des cases évoquées.

Diclaimer 2 : Tous les écrivains ne vivent pas leur création en mode « génial, je suis un iceberg en perpétuelle expansion ! » mais je pense que pas mal d’entre eux se reconnaitront dans cette métaphore. Pareillement, les étapes représentées sous la surface des flots ne les concernent pas tous et toutes. Et il y a des tas d’étapes supplémentaires/alternatives que je n’ai pas citées.

Disclaimer 3 : Le temps passé sous la surface des eaux ne garantit pas la qualité du résultat final, il correspond plutôt au processus unique de chacun et à sa temporalité d’écriture propre. Je connais des autrices hyper rapides (si, si^^) qui n’ont passé que deux ou trois années sous la surface des eaux avant (plop) d’en sortir le bout du nez. Beaucoup d’autres y passent cinq ou six années, voire neuf ou dix années (hum, coucou la surface, on se rapproche…) Et parfois quinze à vingt années s’avèrent nécessaires à un auteur pour cheminer toutes les étapes de sa création immergée.

Globalement, il faut garder en tête qu’à moins d’être un génie littéraire sorti tout droit de l’œuf le plus adorable de la création (ça arrive, mais ce n’est pas la règle), les premiers écrits sont… enthousiastes et bourrés d’erreurs de débutant. Ecrire, on ne le dira jamais assez, ça s’apprend. Et donc l’écrivain qui s’accroche et veut VRAIMENT écrire va consacrer beaucoup de son temps à un ensemble d’étapes qui prendront chacune entre plusieurs mois et plusieurs années. Certaines de ces étapes seront répétées à plusieurs reprises et dans le désordre (nous n’apprenons pas tous et toutes de la même manière et ne possédons pas non plus les mêmes Némésis de l’écriture).

Dans tous les cas : patience, confiance, persévérance et détermination demeurent les maîtres mots !^^

Noble visiteuse, froufroutant visiteur, jeune pousse de séquoia, je te salue bien bas et te souhaite de t’amuser autant que moi sur le chemin de l’écriture (et de ne pas t’y astreindre en solitaire). C’est tellement plus exaltant d’embarquer sur un navire de fous des lettres plutôt que de prendre sa barque et ses rames trop lourdes vers l’infini et au-delà !

Sarabande de lumière sur ta plume et mes hommages au cortège de nos Muses qui le méritent bien !

Siècle

La lune est à nous, un roman de Cindy Van Wilder

La lune est à nous

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Titre : La lune est à nous

Autrice : Cindy Van Wilder

Genre : Contemporain

Date de parution : 14 septembre 2017

Éditeur : Scrinéo

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Quatrième de couverture : « Max et Olivia n’ont pas grand-chose en commun. Max, solitaire et complexé, peine à s’intégrer dans son nouveau lycée. Olivia, sociable et hyperactive, vient d’être recrutée par la très populaire chaîne YouTube « Les Trois Grâces » et s’investit dans le milieu associatif. Ils n’ont rien en commun, si ce n’est qu’ils sont en surpoids, et que le monde le leur fait bien payer. Lorsqu’ils se rencontrent, ils se comprennent instantanément. Et décident de réagir – chacun à sa manière. L’habit ne fait pas le moine, dit-on… Ni Max ni Olivia ne s’attend aux défis qu’ils vont rencontrer. Et si l’aiguille de la balance n’était pas le seul challenge ? Et s’il était possible de décrocher la lune, même après être tombé à terre… ? »

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Mon avis : Ah, ce roman est un vent de fraîcheur, mais un vent qui claque bien comme il faut ! Avec La lune est à nous, Cindy Van Wilder réussit à concocter une histoire extrêmement positive tout en abordant des thématiques de fond difficiles telles que le harcèlement, le body shaming ou encore la délicate question de la construction/l’acceptation identitaire. Embarquée par les deux personnages principaux, Olive et Max, j’ai dévoré leur histoire en une journée et j’en reste toute émue. Je confesse, au passage, une tendresse immodérée pour Olive, exubérante, authentique et merveilleuse qui nous entraîne de manière irrésistible dans son ascension jusqu’à la lune (et au-delà, très certainement).

J’ai particulièrement accroché à la manière dont l’autrice a travaillé ses personnages, tous, mais je m’attarde ici sur les protagonistes principaux. Olive et Max, dit Bouboule, sont très très chouettes pour plusieurs raisons : déjà, ils sont réalistes (et crédibles) dans leurs ressentis, leurs actions, leurs difficultés. On a l’impression qu’on pourrait les rencontrer, là, dehors, en allant acheter du pain. S’ils sont réalistes, ils sont aussi hors-normes. Non seulement, Olive et Max sont gros, mais leur orientation sexuelle se démarque également des schémas traditionnels. Enfin et surtout, ce sont des personnages forts (malgré les grandes phases de vulnérabilité qu’ils traversent), des personnages qui ont la volonté de s’assumer complètement, voire de croquer la vie à pleine dents. Ils revendiquent leur authenticité, leur légitimité à être exactement qui ils sont, tels qu’ils sont, sans régime au programme, sans s’excuser d’exister, sans se cacher du soleil d’été, des bikinis rouges ou des projecteurs de la scène.

Amalgame magique que cette combinaison « personnages accessibles + hors normes + légitimes au bonheur » que nous offre ici Cindy Van Wilder – un amalgame qui dit clairement que chacun-e, quel qu’il ou elle soit, a le droit à la première place dans sa propre vie, a le droit de s’aimer, d’être aimé, de rayonner, de vivre. On a besoin de lire des histoires comme celle-là !

Il y a de nombreux éléments sur lesquels s’arrêter dans ce roman. Mais je voudrais en évoquer un en particulier : le harcèlement. Olivia est harcelée et moquée en raison de son apparence (et aussi de sa décision de ne pas se cacher). L’autrice nous montre avec une grande justesse la palette de phases  émotionnelles que va traverser Olivia, mais aussi les réactions variées des personnes qui l’entourent (famille, abonné-e-s à son compte Instagram, ami-e-s proches, ou encore ceux qui cherchent à la faire tomber). C’est à la fois fascinant et interpellant de découvrir ce faisceau de réactions évolutives qui entourent Olive. Chaque réaction compte et ajoute une nuance différente à son ressenti. Impossible de rester indifférent, de ne pas faire le lien entre la personne « en ligne » et la personne « réelle ». Nous sommes mis en face de notre propre responsabilité, humaine et bienveillante, lorsque nous postons, commentons, réagissons sur la Toile. Merci à Olive pour ça. <3

Le Grand Oeil Who Vert te parle…

Ce roman est une lecture marquante car j’ai adoré :

♣ – La relation entre Max et Olivia, la manière dont ils se « reconnaissent », dont ils s’apprivoisent, dont ils ne cessent de s’entraider, d’être le miroir positif de l’autre.

♥ – La galerie des personnages secondaires, une grande force du roman, avec une richesse, une diversité identitaire très appréciable. On y ressent ce bonheur d’être ensemble et combien l’amitié est nécessaire à leurs chemins respectifs, combien c’est un soutien précieux.

♦ – La finesse d’appréhension du monde des réseaux sociaux et de la manière dont ils vont impacter (en bien, comme en mal) les personnes qui s’y investissent.

– La scène où un personnage que je ne nommerai pas voit danser un deuxième personnage que je ne nommerai pas non plus sur une musique… dont je ne dirai rien ! Se dégage une grâce féroce et fragile de ce personnage qui danse et se révèle. J’adore cette scène.

Le miracle de la lecture

Salutations honorifiques, jeune pousse de séquoia !

Le mois dernier, j’ai eu le plaisir de me rendre à l’inégalable festival des Imaginales d’Epinal. Festival des littératures de l’Imaginaire où se côtoient auteurs, autrices, éditeurs, éditrices, lecteurs et lectrices dans une ambiance festive et passionnée d’une grande bienveillance. Conférences, stands d’artisanat, bulle du jeu, oeuvres d’art, body-painting sévissent également sur les rives de la Moselle le temps d’une parenthèse enchantée.

Les Imaginales 2019, sur les rives de la Moselle

Comme toujours, ces quatre journées se sont enfuies trop vite. Ma Corneille perchée sur l’épaule, j’y ai vécu d’innombrables aventures en compagnie d’une louve sauvage cavalant au milieu des bois, d’une Chevalière à la Myrtille qui avait délaissé son bazooka pour une gaufre au sucre et d’un elfe ultra-instinctif et quelque peu meurtrier. J’ai (as always) sauté au cou de The Dearest Of Them All, surfé les courants de l’Univers aux côtés d’Amzil-à-la-voix-d’or et retrouvé pour mon plus grand bonheur l’Archétype de la Reine des coeurs (toujours aussi délicieuse), Elikya-Merveilleuse de la Maison du trèfle et une certaine Dame de pique au pinceau étoilé. Les compagnons d’écriture sont si nombreux à sévir sur ce festival qu’il est impossible de tous et toutes les citer – mais ils étaient là, enthousiastes et merveilleux !

Un plaisir n’arrivant jamais seul, durant ce festival j’ai eu la chance de participer à une initiation nocturne au jeu de rôle masterisée par le talentueux Steph. J’ai également assisté à la fondation du très select (and infamous) club des quatre Dark B. And last but not least, j’ai reçu en main propre le tout premier fan-art de Plein-Ciel réalisé par mon alpha-lectrice, Sphinx, Maîtresse-Jouet des chenilles cosmiques, qui m’a bluffée par sa maîtrise des aiguilles à tricoter. J’en suis toute enchenillée d’émotion.

Ivoire made in l’Atelier de la Pelote Stellaire

Mais le coeur des Imaginales d’Epinal (et le sujet de ce post), c’est le L.I.V.R.E et les milliers d’histoires qui naissent sur le papier ou en numérique. L’année 2019 s’annonce magique pour moi car j’ai enfin (roulement de tambour !) recommencé à lire. Eh oui… Dans le passé, j’ai toujours beaucoup lu et de tout jusqu’au jour où je me suis mise à sérieusement écrire et à (tout aussi sérieusement) bêta-lire (c’est-à-dire décortiquer et critiquer de manière constructive et positive les textes d’autres écrivains) sur un forum cher à mon coeur.

Effet inattendu (et je ne crois pas partagé par la plupart de mes camarades autrices et auteurs, mais peut-être que je me trompe^^) : au moment où je me suis mise à bidouiller mes propres histoires et à relire les manuscrits en cours de mâchouillage des amis, j’ai (presque) cessé de lire pendant quasiment… six années ! Des romans que j’aurais dévoré dans d’autres circonstances me tombaient des mains, je ne pouvais pas lire plus de quelques pages à la suite (alors que j’engloutissais, facile, un roman en une soirée dans mes folles années sans écriture) !

Mais pourquooooiiiiii ? – Source

Pourquoi était-ce problématique ? Déjà, réponse facile, parce que j’adorais m’immerger dans les univers et les histoires, classiques ou de genre, qu’importe, toutes les histoires ! Ils s’agissait d’une étape nécessaire dans mon quotidien. Ensuite, réponse dramatique, parce que j’écrivais, justement, et qu’il est essentiel (de mon point de vue) pour tout écrivain en herbe qui cherche à améliorer sa plume et ses histoires de se nourrir de littérature, de voix narratives aussi diverses que possible, des chemins empruntés par tant d’autres avant lui ou elle pour conter ses idées et ses personnages.

Je ne sais toujours pas bien aujourd’hui ce qui a causé cette interruption brutale de lecture (livres, je vous aime, si si !) Je suppute une période intensive d’apprentissage et de traficotage des mots qui prenait tout le créneau temporel et intérieur que j’aurais jadis consacré à la lecture. Additionné à cela, l’effet « Bêta-lecture automatique » qui s’enclenchait dès que j’entamais un nouveau roman.

Depuis l’année 2018, ces effets indésirables se sont estompés progressivement tandis que l’écriture, elle, ne cessait de poursuivre son chemin. Et 2019 joliment grignotée, je relis/revis, merci cher Univers ! J’en veux pour preuve les folies faites aux Imaginales et que je contemple avec un sourire de chaton gourmand…

Ah, des livres, encore plus de livres, des piles à lire jusqu’au ciel !

Taïaut !!!

Butin des Imaginales 2019 !

Les larmes de Yada, un roman de Lilie Bagage

Les larmes de Yāda

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Titre : Les larmes de Yāda

Autrice : Lilie Bagage

Genre : Science-fiction

Date de parution : 24 mai 2017

Éditeur : Nestiveqnen

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Quatrième de couverture : « L’eau de Yāda est une drogue très en vogue chez les personnes âgées : la molécule ravive leurs souvenirs. Asha, 70 ans tout juste, va retrouver sa vie d’antan, celle d’avant les regrets… Le temps d’un trip, elle rejoue la mélodie vibrante de sa jeunesse et se laisse emporter. L’eau de Yāda est une drogue et elle est sans doute la pire de toutes. Car qui peut vraiment lutter contre les sirènes de son passé ? »

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Mon avis : Avec Les larmes de Yāda, Lilie Bagage nous offre un première roman à la fois très original et d’une grande humanité. Chose peu commune, les narrateurs de l’histoire, Enis et Asha, sont deux septuagénaires pétris de vulnérabilité, de regrets pour ce qui a été perdu, mais aussi de l’envie de vivre, d’un feu intérieur poignant. Ils nous font ressentir avec beaucoup d’humour et de finesse les écueils et les enjeux de la vieillesse.

A leurs côtés, nous plongeons en 2092, à Lyon, dans le quartier du Bachut. Dans ce 2092 dépeint par l’autrice, le vieillissement de la population est un défi quotidien qui nous pose des questions à la fois pragmatiques : « comment prendre soin, au niveau individuel et collectif, des personnes vieillissantes ? » ; éthiques : « quel usage possible des drogues pour aider les personnes âgées à vivre leurs dernières années (avec moins de souffrance physique ou psychologique) ? » ; sociales : « Quelle valeur accordons-nous à nos ancêtres, fardeaux ou richesses dans nos vies ? »

Asha, étincelante mais solitaire, refuse de donner au présent toute sa place et se languit de son passé. Aussi, lorsqu’une jeune dealeuse se présente à elle sous le pseudonyme de Kali, la déesse hindoue, et lui offre quelques larmes de K/la fameuse eau de Yāda, Asha se laisse tenter. C’est que la Klepsydra n’est pas une drogue comme les autres. Une gélule suffit à vous ramener dans le temps et à vous faire revivre vos souvenirs les plus précieux (et même, parait-il, à les transformer…) C’est le début d’une longue réminiscence pour notre narratrice, une réminiscence loin d’être gratuite car la K est une drogue dure qui fait des ravages et ne laisse derrière elle que les coquilles vides de ceux qui s’y sont abandonnés tout entiers.

Quel prix Asha sera-t-elle prête à payer pour connaître, encore une fois, la jeunesse, la joie et le sourire de ceux qu’elle a aimés ?

Le Grand Oeil Who Vert te parle…

Ce roman est une lecture marquante car j’ai adoré :

♥ – La tendresse avec laquelle Lilie Bagage nous plonge dans l’univers des personnes âgées qu’elle explore avec une justesse de narration et d’émotion impressionnante.

♦ – Le style littéraire, poétique et coloré, retraçant les souvenirs émotionnels et tactiles d’Asha – l’Inde et la culture indienne teintent l’existence de ce personnage, nous plongeant dans une véritable immersion sensorielle qui épice délicieusement le texte.

♠ – La question qui revient sous mille formes au fil de l’histoire : « à la fin du parcours, lorsque nous nous retournons en arrière pour faire le point, avons-nous au final vécu la vie que nous voulions ? Et qu’est-ce au fond qui fait la beauté, le précieux, d’une vie ? »

♣ – Le personnage de Kalika. Je n’en dis pas davantage mais, à l’image de la déesse dont elle porte le nom, Kali possède plus d’une face… tout dépend de qui la regarde et des offrandes qui lui sont faites.

Plume neuve et renouveau printanier

Bonjour bonjour, visiteuse de longue haleine, visiteur fraîchement émoulu, jeune pousse de séquoia, les derniers jours du printemps sont arrivés !

Après de longs mois d’hibernation, Heart Shaped Glasses Theory renaît de ses cendres, comme tout bon phénix qui se respecte. J’ai profité de ce printemps 2019 pour épousseter, restructurer, simplifier ce site dont voici la nouvelle version.

Pourquoi ce nouveau plumage, Siècle ? Parce que la version précédente/2017 du site était trop lourde à entretenir pour moi, d’une part, et qu’elle manquait de transparence, de l’autre – c’est-à-dire que mon choix de contenu pouvait se montrer très/trop/un peu beaucoup elliptique. Or, le but d’un site tel que celui-ci c’est, à minima, de communiquer de manière compréhensible. Qu’à cela ne tienne, je rembobine, ratiboise et replante !

Dans cette version 2.0, je vais essayer de faire mieux, mais pas parfait (ce serait bien ennuyeux, sinon, et puis à chaque fois que je vise trop haut, je me fais prendre au jeu de la rigide perfection, et ça, non merci, on a testé et c’est pas rigolo du tout !) 

Aussi, ce nettoyage de printemps a été l’occasion d’une mini-introspection de circonstance. Avec la première version de HSGT, j’avais (comme souvent^^) cédé aux appels des sirènes de l’ébullition disproportionnée. Traduction : j’avais eu les yeux plus gros que le ventre. J’ai voulu poster un article de fond (avec des sujets compliqués, des pavés de cent kilomètres et une rigueur impeccable… argh !) tous les dix jours, ce qui, tic-tac, tic-tac, n’a pas manqué d’enclencher le mécanisme de l’obligation.

Or, je vous le donne en mille : ma Muse-Dragonne fonctionne très mal avec les obligations. L’obligation écrabouille ses orteils griffus et le bouillon créatif qu’elle alimente et dont j’ai bel usage. Je le savais, on me l’avait dit et prédit, eh bien, je n’ai rien écouté et je l’ai quand même fait.^^

Pourquoi tu te montres aussi têtue qu’un bourricot, ma chère Siècle ? Parce que comme le dit si bien le dicton : « on ne fait pas l’économie de l’expérience ». Je ne sais pas si vous avez déjà vécu ce moment-là : celui où l’envie vous démange de tester quelque idée décapante même si, quelque part au fond de vous, une petite voix ennuyée vous indique très clairement que vos boulons ne sont pas agencés dans le bon sens, que les iguanes n’excellent pas dans les compétitions aquatiques et que, de toute façon, il reste une pile de vaisselle sale (totalement prioritaire) au fond de votre évier. Oui, non, peut-être, vous ne vous en souvenez plus ?

Moi je m’en souviens, ça m’arrive… souvent, doux euphémisme. Il est très difficile de prêter une oreille attentive à cette petite voix (qui nous casse les oreilles, au fond) ou bien à celle de votre arrière grand-père, assis au coin du feu, qui lui a déjà testé dix versions de votre idée novatrice et se sent tout prêt à vous refiler LA réponse. Non. On n’en veut pas, on ne veut pas de la réponse d’un autre, on veut la sienne.

Et pour intégrer une réponse (quelle qu’elle soit), il n’est pas suffisant de la trouver avec sa tête, il faut la vivre. On intègre les leçons que l’on vit. On accepte ses propres mécanismes intérieurs en testant leurs limites. Et c’est très bien comme ça, à condition de retenir la leçon numéro 2 (pas ma préférée, mais j’y travaille). La leçon numéro deux, c’est de ne pas retenter cinquante fois la même expérience ratée avec les mêmes paramètres, mais de concevoir plutôt une « expérience évolutive » (élégant, n’est-ce pas ?) Je dis « « évolutive plutôt que « raisonnable » (parce que rien que le mot « raisonnable » me donne envie d’aller faire la sieste).

Nous y voilà donc. Heart Shaped Glasses Theory, expérience évolutive, deuxième essai, c’est parti ! Qu’est-ce que tu trouveras sur ce site flamboyant neuf, chère visiteuse ? Une vitrine de mon activité d’autrice, c’est-à-dire une présentation de mon moi présent et surtout de mes projets romanesques en cours, cher visiteur ! J’y ajoute également, hop, un agenda pour le futur (soyons prévoyants), la théorie des lunettes en forme de cœur (ça, c’est la pierre de fondation du site, si je l’enlève, le site s’écroule), et quelques articles de blog au gré du Vent qui se manifesteront au moment opportun. Ces articles porteront sur mon activité d’autrice, sur des illuminations rigolotes à la sauce Univers et des lectures marquantes que j’aurais envie de partager avec vous.

Le tout soumis à la règle unique de ce second essai : pas d’obligation, je poste quand je veux, quand j’ai des trucs à dire, sérieux ou non (et pas trop looooooongs), et je fais de cette vitrine-blog une embarcation légère et adaptable et pas un char de compétition qui m’envoie dans le décor tous les trois mois ! ^^

En résumé : on récupère le même design, la même Siècle, et on recommence en pareil mais en différent ! Ah oui, il y a quand même deux vraies nouveautés dans cette version 2.0 : la première, c’est que j’ai fait appel à ma chère Aemarielle afin qu’elle réalise une illustration-logo pour chacun de mes quatre projets d’écriture en cours (et je suis ravie du résultat !) La seconde, c’est que j’ai bidouillé un site équivalent en langue anglaise que vous pouvez trouver ici : Siècle in English !

Sur ces belles paroles, lumière sur vos journées respectives, et que cette fin de printemps vous soit douce et soyeuse !

Siècle