Ceci n’est pas un article

 

dialogue1

 

Vaëlban : Salut à toi, visiteur de Heart Shaped Glasses Theory. Voilà, on a un problème. Après quelques mois d’errance, de négociations lamentables, de fausses excuses, de sens des priorités mal placé, la Muse de Siècle en a eu assez et elle l’a capturée cette semaine pour la mettre au taff bien comme il faut. Parce qu’on a beau dire, c’est une chose de vouloir écrire des histoires, mais encore faut-il se planter devant son clavier et ECRIRE ! Et ce, même quand on se fait des noeuds au cerveau lors de l’étape des corrections. Bref. On a perdu Siècle et, tu m’excuses, mais moi les articles de blog c’est pas trop mon truc, donc il va falloir attendre qu’elle revienne. Genre quand sa Muse aura eu son content de mots. Amuse-toi bien d’ici là, toi qui te balade dans le coin, et mange pas trop de myrtilles, on a vu l’effet désastreux que ça avait sur la propension à écrire de certains pious frappadingues que je ne nommerai pas !

 

Astrographe – Conversations avec Dieu

 

Hello hello, cher visiteur,

Que tes pensées soient rayonnantes et tes rêves délicieux !

 

Aujourd’hui, dans l’Astrographe du merveilleux, je voudrais te parler d’un ouvrage très spécial et qui tient lieu de livre de chevet à de nombreux troubadours sur la route de l’Univers.

Il s’agit de la trilogie de Neale Donald Walsch : Conversations avec Dieu. Cette trilogie aurait tout aussi bien pu s’intituler : Conversations avec la Source, Conversations avec la Vie, Conversations avec ma part divine ou encore Conversations avec l’Univers, mais au moment où Neale rédige son ouvrage, son référentiel principal est le prisme chrétien d’où l’utilisation du mot « Dieu ».

 

Conversations avec Dieu

Source

 

Cette trilogie se présente sous la forme d’un dialogue entre Neale et son interlocuteur divin, dialogue qui commence dans les conditions suivantes :

« Neale Donald Walsch approche la cinquantaine et fait le bilan de sa vie : il vient de perdre son travail, ses mariages se sont soldés par des échecs et sa santé est défaillante. Pris de colère, il écrit une lettre pleine de doutes à Dieu. Et là, le miracle se produit.  «Dieu» lui répond de façon claire et compréhensible. Un entretien qui durera plusieurs années, où les questions les plus intimes et les plus énigmatiques trouveront réponse : pourquoi suis-je si malheureux ? Pourquoi l’homme doit-il souffrir ? Qu’est-ce que le bien et le mal ?

Constitué de trois tomes indissociables, Conversations avec Dieu aborde des sujets essentiels comme l’amour, le bien et le mal, la sexualité, la politique, les guerres, l’éducation…, et éclaire d’un jour nouveau les injustices, les inégalités et les jeux de pouvoir qui divisent les hommes depuis la nuit des temps. »

Conversations avec Dieu n’est pas un ouvrage religieux, ou dogmatique. Au contraire, c’est un livre qui invite à se questionner, à rechercher sa propre vérité, un livre qui nous propose des éclairages époustouflants sur le sens de la vie, du monde, de ce que nous expérimentons et des raisons pour lesquelles nous choisissons de l’expérimenter. On peut, bien entendu, percevoir ce texte comme une réflexion à haute teneur spirituelle (ce qu’il est), mais aussi comme une paire de lunettes qui invite au cheminement personnel, à la découverte de soi. Une paire de lunettes qui nous interroge (pas toujours de manière agréable, mais toujours de manière renversante°_°) sur ce que nous vivons, ce que nous voulons vraiment et l’adéquation ou l’inadéquation (vis-à-vis de nous-même) avec laquelle nous menons notre vie.

Pour rédiger ce texte, Neale a recours à l’écriture automatique. Il pose une question. « Dieu » répond. J’imagine que ce processus peut te paraître déroutant, mon cher visiteur, un peu bizarre sur les bords même. Et pourtant. La voix de Neale n’est pas la même que celle de son interlocuteur, c’est clair comme ciel. Mais je t’invite à ne pas me croire sur parole et à te faire une idée par toi-même. Le jeu en vaut la chandelle, et plutôt mille fois qu’une.

 

D’une chandelle à l’autre…

Source

 

Voilà une petite liste des raisons pour lesquelles découvrir Conversations avec Dieu a été/est pour moi un cadeau méga-magique de l’Univers (merci Univers !^^) :

♥ – La voix de « Dieu » est fluide, limpide. Evidente. Elle résonne avec une justesse incroyable à mon oreille de chercheuse d’eau, elle « met en lumière » des intuitions que j’avais depuis longtemps avec une limpidité absolue. Et pourtant, on touche parfois à des concepts philosophico-métaphysiques de haute volée.

♥ – Les doutes, la colère, les souffrances exprimés par Neale débordent d’humanité, de l’envie de faire mieux, de trouver du sens, de combattre les injustices. Les épreuves qu’il rencontre ont un caractère universel. On s’y retrouve totalement. Et les réponses que propose Dieu ouvrent des portes pour vivre autrement, comprendre et transformer nos problèmes et en faire des flamants roses danseurs de flamenco, ou quelque chose dans ce goût-là. Comme j’aime à le répéter : ce n’est pas un problème, c’est une opportunité sacrément bien masquée.

♥ – Lire Conversations avec Dieu dès que je rencontre une question, un embranchement, une difficulté m’aide à me recentrer, à trouver l’apaisement, à me poser la question de ce que je veux vraiment, et à choisir, à m’aligner (voire me ré-ré-ré-ré-ré-ré-aligner) avec moi-même en conséquence.

♥ – Dans Conversations avec Dieu, l’Univers nous dit (je reformule l’idée ici) : « à chaque instant de ta vie, il t’appartient de poser ton allégeance, de piocher ta paire de lunettes, d’arroser et de planter la graine de « qui tu veux être », il t’appartient de choisir. Tout est entre tes mains. Et si tu veux aller à la rencontre de ta part divine, du toi véritable, il n’y a qu’une seule règle, il n’y a qu’une seule question à te poser, à chaque seconde : que ferait l’Amour, ici ? »

 

Oui, même les flamants roses dansent le flamenco !^^

Source

 

 Les questions abordées dans cette trilogie couvrent un vaste panel.

On commence par l’angle personnel, individuel même : pourquoi je souffre (physiquement, psychologiquement, spirituellement) ? Comment fonctionnent les relations humaines et pourquoi échouent-elles ou sont-elles cause de souffrance ? (c’est une question très importante pour Neale et on y reviendra plusieurs fois). Pourquoi je n’arrive pas à créer l’abondance financière que j’espère ?

Deuxième angle : on s’intéresse à des questions morales : le bien et le mal, la vie et la mort. A des questions sociales, politiques, économiques, écologiques, structurelles (dans le tome 2, « Dieu » répond concrètement à ces questions et propose des solutions pragmatiques aux maux de la société, c’est juste passionnant à lire).

Troisième angle  : on aborde la nature métaphysique de l’Univers (un sujet quelque peu vertigineux^^). Pourquoi sommes-nous là ? Que sommes-nous ? Quelle est la nature de ce qu’on appelle « Dieu » ou l’Univers ? Et comment fonctionne une société d’êtres hautement évolués ? (Ce que nous ne sommes pas. Nous sommes une société primitive au niveau de la conscience).

Dernier point, et je m’arrête là : le premier tome de cette trilogie compte 20 années bien sonnées et, pourtant, son contenu est tout à fait d’actualité. On parle aujourd’hui d’élargissement, de basculement, de grand changement, d’ascension, d’éveil de la conscience, et c’est bien à ce phénomène extraordinaire que cette trilogie se consacre.

 

+++

 

Si tu as envie d’en découvrir un peu plus sur le phénomène d’éveil de conscience, je te propose de regarder la vidéo-témoignage de Christophe Allain, clairvoyant et chercheur en Spiritualité ayant expérimenté un éveil de Kundalini/conscience et qui partage son expérience avec une clarté merveilleuse. Sans surprise, il y a des liens étroits entre ce qu’il nous raconte ici et l’ouvrage de Neale Donald Walsch. ;-)

 

Christophe Allain – Un éveil de conscience

Source

 

Lumière sur ta journée !

Une étoile de plus dans l’Astrographe – Deuxième mise au point

 

createurs-astrographe

Honorable visiteur, mes hommages !

 

Aujourd’hui, court article chez les créateurs de tous poils ! Je dépose une étoile supplémentaire dans l’Astrographe, mais pas n’importe laquelle ! Cette étoile, c’est une nébuleuse qui répond au merveilleux nom de Shibalba…

Connais-tu le fabuleux film de Darren Aronofsky : The Fountain ?

 

The Fountain

Source

 

Si tu ne le connais pas, c’est une chance, car tu as l’opportunité de le découvrir pour la première fois !°_°

 

Quelle histoire ?

En résumé (court et succinct pour éviter de trop en dire ^^) : The Fountain nous raconte le combat millénaire d’un homme pour sauver la femme qu’il aime, mais aussi son voyage intérieur, initiatique, face à l’inéluctabilité de la mort.

Ce film est composé de trois récits entrelacés qui se déroulent dans :

◊ le cadre de l’Espagne des conquistadors

◊ le présent (avec une mise en avant du paradigme scientifique de notre société)

◊ une dimension spirituelle expérimentée par le personnage principal lorsqu’il est en transe méditative

Ces trois récits peuvent être perçus comme une seule et même histoire qui comporterait trois réalités, trois manières de percevoir la mort (et donc la vie), finalement trois manières d’aimer.

 

The Fountain

Source

 

Pourquoi ranger soigneusement The Fountain dans l’Astrographe des créateurs ?

Je te propose trois raisons !

 

Contempler

Œuvre poétique (à haute portée spirituelle), The Fountain allie le fond du propos à un esthétisme visuel d’une grande beauté. On peut presque défiler une à une les scènes du film qui sont autant de tableaux au graphisme élaboré. Chaque détail est pensé, agencé avec soin dans un équilibre des formes, des matières et des symboles (il y en a partout !) qui fait de ce visionnage une contemplation. On dit souvent que le beau nourrit l’âme et c’est vraiment le cas ici. La richesse visuelle de ce film joue avec la notion de perfection, d’harmonie, à un très haut niveau. La lumière, l’or, nimbe et sacralise chaque minute du film de ses riches nuances : blancheur aveuglante de l’astre que l’on regarde en face, soleil chaud du midi, dorures patinées par le temps, flammes des bougies, éclats rougeoyants, presque sombres, du couchant. Le processus entier est beau, chaque étape, chaque instant. La forme au service du fond. Et quel fond !

 

The Fountain

Source

 

Voyager

Choisir de s’immerger dans The Fountain, c’est partir en voyage aux côtés de Tom dont l’objectif premier est de vaincre la mort. Darren Aronofsky entremêle intimement le thème de l’Amour à celui de la Mort et ces deux « entités » (presque palpables) ne cesseront de dialoguer au fil de l’histoire : confrontation, fuite, combat, acceptation, réconciliation, déni, sublimation. Lorsqu’on embarque dans l’étonnant vaisseau-bulle de The Fountain, on a pour seuls compagnons un très vieil arbre qui a traversé les âges, un livre dont il manque la dernière page (et qu’on a pour mission de terminer), et le fantôme d’une femme vêtue de blanc. Le vaisseau-bulle se dirige vers la nébuleuse, Shibalba, mais Shibalba s’apprête à mourir. C’est inévitable. Quel est donc le sens de ce voyage dont on connait déjà la fin ? On se pose la question avec Tom : pourquoi donc avons-nous embarqué dans ce satané vaisseau-bulle ?

 

The Fountain

Source

 

S’émouvoir

Le jeu d’acteur dans The Fountain est à la hauteur de la recherche esthétique et des thématiques abordées par Daronofsky. Hugh Jackman nous invite à revisiter la palette des émotions humaines. Et, parce que la quête du protagoniste principal touche à des réalités universelles (qui ne se pose jamais la question d’aimer et de perdre ?), on retrouve ses propres errances dans les siennes, on partage sa colère, ses questionnements, sa passion d’aventurier et son amour pour cette femme, cet arbre, cette étoile qui, quelque part, semble incarner tous les êtres aimés que nous sommes sur le point de perdre.

Honorable visiteur, je te laisse en tête à tête avec la bande-annonce de The Fountain.

 

The Fountain

Source

 

Lumière sur ta journée !

 

 

Et si on empruntait les lunettes de… Jean-Sébastien Guillermou !

 

ecriture-lunettes
Cher visiteur, prépare tes lunettes en forme de caravelle, nous embarquons pour une aventure palpitante sur les ailes de l’imaginaire !

 

Je sautille partout en ce 7 février car j’ai la joie d’accueillir une paire de lunettes qui défrise les moustaches sur ce blog : celle de Jean-Sébastien Guillermou !

Jean-Sébastien est le talentueux créateur du Monde-Fleur dans lequel se déroule sa trilogie : Les pirates de l’Escroc-Griffe. Ses romans ont été publiés chez Bragelonne en trois tomes successifs puis, dernièrement, sous la forme d’une magnifique intégrale que tu peux admirer ci-dessous.

 

L’intégrale des pirates de l’Escroc-Griffe !

Source : Jean-Sébastien Guillermou

 

Jean-Sébastien est un être étrange : mi-homme, mi-magicien, mi-troubadour de l’extrême. La tête dans les étoiles, le cœur aussi gros qu’une grenouille des sables (trempée dans une carafe d’eau), il est animé par la volonté d’aller au delà des frontières visibles et invisibles de l’être. Ceux et celles qui ont le privilège de le fréquenter lui donnent le titre de Capitaine et il n’a de cesse de le mériter, accompagnant, inspirant, encourageant chaque personne qui croise son chemin à poursuivre ses rêves, à ne jamais abandonner. Son enthousiasme est contagieux et c’est un grand bonheur que de suivre ses péripéties littéraires et ses réflexions débordantes d’humour et de sagesse sur son blog. N’hésite pas à y faire un tour, mon cher visiteur. Tu repartiras vers les horizons qui te tiennent à cœur, les voiles de la créativité gonflées à bloc !

 

Voilà notre Capitaine en chair et en os !

Source : Jean-Sébastien Guillermou

 

Hum. J’en suis toute chose. Passons donc à la matière vivante de cette interview !

 

*Siècle s’approche, les joues rosies d’émotion, pour accueillir son Capitaine à la porte du royaume de Heart Shaped Glasses Theory. Elle se fend d’une triple révérence ornée d’un petit saut et de trois tours sur elle-même. Jean-Sébastien reproduit à son tour cette révérence alambiquée. Ils se sourient de toutes leurs dents et s’inclinent une nouvelle fois avant de s’adresser (enfin) la parole.*

 

Siècle : Hello Jean-Sébastien ! Sois le bienvenu sur HSGT et merci de nous prêter tes jumelles de Capitaine le temps d’une interview débridée !

Jean-Sébastien : Merci ! Heureux d’être avec toi dans cet univers ô combien coloré !

Siècle : Tu sais ce qu’on dit, les esprits déjantés…

Jean-Sébastien : … viennent de contes enchantés ?

Siècle : Évidemment ! Je n’en attendais pas moins de toi !^^ Ma première question, toujours la même, ne surprendra personne : Qui es-tu et à quoi ressemble ta paire de lunettes, celle à travers laquelle tu regardes le monde ?

Jean-Sébastien : Bonne question… Je pense être un conteur de rêves, mes lunettes sont celles d’un géographe de l’imaginaire qui explore des mondes inconnus. De grosses lunettes mécaniques télescopiques, gainées de cuir, qui ressemblent à de vieilles jumelles. Elles me permettent d’observer de loin des créatures exotiques. Le souci, c’est que les verres double-foyer rendent mes pupilles énormes ! Et j’ajoute que ces lunettes ne sont pas très discrètes, car on entend parfois l’engrenage mal huilé pousser des cliquetis plaintifs, ce qui n’est pas l’idéal quand tu découvres un temple perdu dans la jungle, et que tu réalises qu’il est hanté par des créatures qu’il vaut mieux ne pas réveiller…

 

Capitaine Bretelle, « L’Homme-Qui-N’a-Jamais-Réussi-Un-Abordage »


Source – Illustration de Céline Lacomblez

 

Siècle : Diantre. Tu aimes vivre dangereusement, dis-moi ! Me voilà toute fiérote, je n’étais pas loin avec ces jumelles de Capitaine ! Du coup, je suis méga intriguée par cette réponse prometteuse. Aurais-tu la gentillesse d’éclairer ma lanterne ? C’est quoi un conteur de rêves ?

Jean-Sébastien : Je sais qu’on va me juger bon pour la psychiatrie, mais je parle de rêves car je ne choisis pas vraiment de thèmes pour mes histoires. À vrai dire, ce sont les histoires qui me choisissent ! Pour être plus clair, il y a un arc narratif dans les corsaires de l’Ecosphère qui m’est apparu… dans un songe, des années avant l’écriture de ce bouquin. Je me souviens qu’au réveil j’étais troublé car il était question d’une reine en fuite dans les montagnes, et dont la garde royale se sacrifiait héroïquement pour lui faire gagner un peu de temps. Bien sûr, je faisais partie des victimes ! (Rires). Dans mon rêve, les vêtements étaient extrêmement détaillés, à la fois familiers et étranges, une sorte de XIXe siècle alternatif. Tout semblait si réel… Je pense sincèrement que certains rêves nous permettent de parvenir à des états de conscience modifiés, et parfois même d’avoir des souvenirs de vies antérieures… ou d’autres mondes. Aujourd’hui, certains scientifiques se demandent très sérieusement si nous ne sommes pas entourés d’une infinité d’univers… Dans ce cas, cela signifierait que presque tout ce que nous imaginons existe, quelque part ! Un de mes auteurs favoris, Michael Moorcock, va dans ce sens, ses héros rêvent d’anciennes existences… Il a peut-être raison, qui sait ?

Siècle : Ce n’est pas moi qui dirait le contraire. Hum.^^ On va y revenir tout à l’heure à cette question d’Univers (celui qui ouvre la porte ne se plaindra pas de me voir la franchir allègrement^^). Merci pour cette réponse détaillée et passionnante, Jean-Sébastien. J’ai bizarrement entendu parler (au détour du chemin) de ces corsaires de l’Ecosphère que tu évoques ici, et même d’une trilogie burlesque et palpitante parue chez Bragelonne, ces dernières années. Les pirates de l’Escroc-Griffe, j’imagine que ça te dit quelque chose ? Tu nous ferais un pitch inédit sauvage et rêveur (oui, oui, tout ça à la fois) de ton roman ?

Jean-Sébastien : Les pirates de L’Escroc-Griffe, c’est un hommage déjanté. La rencontre improbable entre l’Ile au Trésor de Robert Louis Stevenson, et les aventures du baron de Munchaüsen de Terry Gilliam. Une trilogie épique, comique, et même un peu mystique vers la fin…

Siècle : Quelle définition élégante. C’est tout toi !^^

Jean-Sébastien : Merci ! ^^

 

Le Monde-Fleur, l’univers des Mers Turquoise

Source : Jean-Sébastien Guillermou

 

Siècle : Dis-moi, je m’interrogeais, à la suite de ce fameux rêve évoqué plus haut, comment s’est construit ton univers ?

Jean-Sébastien : Ce rêve est intervenu au milieu d’une phase de construction qui a duré… de nombreuses années. Avant même d’écrire le début d’une histoire, j’ai besoin de connaître un minimum l’univers dans lequel vont évoluer les personnages, son histoire, mais aussi ses religions, son économie, sa géographie, sans oublier bien sûr la technologie… Créer des mondes est une activité qui me plait autant que l’écriture en elle-même, car cela demande une certaine rigueur… même dans le cadre d’un univers aussi déjanté que celui des Mers Turquoise ! C’est un long travail, parfois ingrat, mais à mes yeux essentiel. C’est pour moi une forme de respect envers mes lecteurs. L’idée, c’est de leur dire « vous voulez une vraie aventure ? Eh bien profitons-en pour partir VRAIMENT dans un coin très étrange de l’univers »… Enfin, j’essaie !

Siècle : Tu réussis, même !^^

Jean-Sébastien : Je suis touché, merci ! (bande ses chevilles avec mithril pour éviter qu’elles n’explosent).

Siècle : Ah la la…^^ L’un des joyaux de ton roman, c’est ta galerie de personnages incroyables. Je suis curieuse et je te pose trois mini-questions à ce sujet ! Pour commencer, quel est ton personnage préféré dans l’équipage de l’Escroc-Griffe et pourquoi ?

Jean-Sébastien : Une question cruelle… Même si j’ai une tendresse particulière pour le professeur Van Stoorwan, archéologue improbable de l’équipage, je pense que c’est, mais tu dois t’en douter, Goowan, l’homme-iguane. C’est un sage, et je l’aime parce que même si ce n’est pas un être humain, il incarne ce qu’il y a de meilleur en chacun de nous. C’est vraiment l’ami que j’aurais aimé avoir quand j’étais adolescent, et un peu (beaucoup) perdu…

 

Goowan, l’homme-iguane

Source – Illustration de Céline Lacomblez

 

Siècle : Je te comprends parfaitement et j’enchaîne sans attendre sur une deuxième question : quel est le personnage sans qui l’Escroc-Griffe aurait forcément coulé depuis belle lurette ?

Jean-Sébastien : C’est tout simplement mon héros, Caboche. Dans la toute première version il était insupportable ! Mes proches disaient qu’ils avaient envie de lui coller des gifles, c’était un peu le faire-valoir écervelé du capitaine Bretelle. À cette époque le capitaine Bretelle était au cœur de l’histoire, mais au fil des versions Caboche s’est tellement étoffé qu’il est devenu la pièce centrale de la trilogie. Aujourd’hui, quand un lecteur me dit qu’il a été touché par Caboche, je suis fier du parcours de mon orphelin !

Siècle : Et quel est le personnage qui porte le message le plus fort, à tes yeux ? (dans ou hors équipage officiel ;-) )

Jean-Sébastien : Dans l’équipage, Goowan bien sûr, car j’ai toujours adoré au cinéma les films comme Enemy, Danse avec les loups ou le Dernier Samouraï, quand le héros adopte un peu (beaucoup) les coutumes d’une civilisation étrangères qui va l’accueillir. Dans la trilogie, c’est le cas, on sent que la philosophie de mon homme-iguane déteint sur l’équipage, Bretelle et Caboche en particulier. En dehors de l’équipage, je pense naturellement à Mange-Sang, le roi-tyran des Mers Turquoise, mais je ne peux pas en dire plus sans révéler des éléments essentiels de l’intrigue…

 

Caboche !

Source – Illustration de Céline Lacomblez

 

Siècle : Héhé, je vois ce que tu veux dire et une goutte de teasing, c’est parfait pour la route ! Aujourd’hui, avec un peu de recul, cette aventure à bord de l’Escroc-Griffe, que t’aura-t-elle appris ? Qu’en auras-tu retiré ?

Jean-Sébastien : Ça peut paraître cliché de dire ça, mais c’est une aventure qui a changé ma vie à tout jamais. J’ai quand même lâché un métier d’enseignant pour écrire à temps complet, ce qui était un pari un peu fou ! Au final, je ne le regrette pas. Je ne suis qu’un tout petit auteur au milieu de la grande famille de l’imaginaire, mais c’est déjà un bonheur incroyable de pouvoir écrire quotidiennement. J’ai appris la patience, surtout dans les moments de doute lors des soumissions éditoriales. Quand mon éditeur m’a dit « oui », les mois suivants je n’ai pas pu m’empêcher de me poser des questions. Avait-il changé d’avis entre temps ? Les attentes ne sont jamais simples à gérer pour les auteurs qui sont, dans le monde réel, des créatures maladroites qui doutent beaucoup… J’ai retiré de cette aventure une plus grande confiance en moi, le sentiment de m’épanouir dans l’écriture, et donc dans ma vie. Pendant longtemps je me suis demandé si écrire était compatible avec un sentiment de plénitude (je médite quotidiennement), il y a peu j’ai réalisé qu’au contraire, écrire était finalement ma façon à moi de trouver une place dans ce vaste univers… J’aime raconter des histoires depuis toujours, c’est ainsi, je dois l’accepter.

Siècle : Merci pour cette magnifique réponse, cher Jean-Sébastien. C’est vraiment merveilleux de lire tout ce que l’écriture t’a apporté à titre personnel.
Et maintenant, une question qui m’amuse beaucoup. Il y a peu de temps, tu faisais ton coming out sur les réseaux sociaux : six mois pour rédiger le synopsis de ton prochain one shot (roman en un tome unique) et une nuit pour concocter celui d’une seconde trilogie dans l’univers de tes pirates.^^ Mais que s’est-il passé ? Les muses ont-elles toujours le dernier mot ?

 

Ecrivain, illustrateur, artiste, qui que tu sois, be prepared… or not !

Source – Copyright, 2009 The Advanced Magazine Publishers Inc./Les Arènes

 

Jean-Sébastien : Hahahaha ! Oui, j’en ai bien peur… Je tiens tout d’abord à dire que je ne renie pas le projet de one shot ! Je l’écrirai un jour… mais c’est encore trop tôt. Un soir dans le train, l’idée d’une nouvelle trilogie dans l’univers des pirates s’est imposée comme une évidence, et effectivement, en une nuit, j’ai écrit trois synopsis, avec un plaisir fou. Je pense que j’avais envie d’écrire ce projet de one shot pour de mauvaises raisons, je voulais changer de style, écrire des choses plus sombres, plus adultes… en fait j’avais des choses à prouver ! Et puis est venue cette idée de trilogie, avec cet univers que j’ai du mal à quitter, le sentiment de ne pas l’avoir assez exploré. Sur les réseaux sociaux, beaucoup de lecteurs ont semblé soulagé ! Je pense comme eux qu’il aurait été dommage de ne pas aller au bout de ce voyage, même si les personnages, le royaume et l’époque seront différents. Et puis, une seconde trilogie m’évite d’infliger six tomes au lecteur, puisque les deux trilogies seront indépendantes. Enfin, presque…

Siècle : Je souris de toutes mes dents !

Jean-Sébastien : Heureux je suis !

Siècle : Et tu n’es pas le seul… écrire là où son cœur donne la pulsation juste…

Jean-Sébastien : C’est joliment dit !

Siècle : Je m’incline et t’offre une nouvelle révérence ! Et puisqu’on parle de justesse… nous allons passer à la partie en forme d’étoile de cette interview (je t’avais dit que j’y reviendrai^^). Sur ton blog, tu nous parles de la voie du dao et de l’art d’être kintsugi. Je crois également savoir que tu pratiques le bouddhisme, la méditation quotidienne et que les questions de développement personnel/spirituel t’intéressent profondément. Tu nous en dis un mot ?

 

Kintsugi power !

Source

 

Jean-Sébastien : Révérence à toi également ! (^^). Je considère que mon écriture est un artisanat, mais l’Ecriture avec un grand E est un art, un « dao » comme diraient les Japonais. À vrai dire, n’importe quelle activité humaine peut être considérée ainsi, au Japon existe même un art de la composition florale ! Le bouddhisme est venu à un moment important de ma vie, lors des soumissions éditoriales dont on parlait plus haut. J’étais stressé, migraineux, en plein doute existentiel. Je me posais des questions sur le sens de l’univers, et ma place dans celui-ci. Est-ce que je n’avais pas passé une décennie à écrire des livres pour rien ? Depuis toujours, j’étais passionné par la science et la spiritualité, mais je ne trouvais pas de sagesse susceptible de concilier les deux, jusqu’au jour où je suis tombé les livres de Matthieu Ricard, le moine bouddhiste et traducteur officiel du Dalaï-Lama, qui a eu des échanges passionnants avec des scientifiques et des philosophes. J’ai découvert la culture tibétaine et la méditation, qui m’a fait beaucoup de bien. Je me suis mis à fréquenter des centres bouddhistes dans différentes régions de France… et je suis « devenu bouddhiste », même si l’expression n’est pas adéquate, car la prise de refuge n’est pas un « baptême ». Le bouddhisme, c’est une spiritualité très difficile à résumer en langage occidental, un mélange harmonieux de philosophie, de science et de religion. Une science contemplative. « Science » car dans le bouddhisme il n’y a pas « d’âme » ou de dieu créateur comme dans les trois monothéismes. Il y a une démarche très rationnelle car on doit toujours développer une pensée critique et ne rien accepter aveuglément. « Religion » car il y a l’idée qu’un flux de conscience survit après la mort, et surtout celle d’un humanisme pacifique qui respecte toute forme de vie… sans faire de prosélytisme pour le bouddhisme !

Siècle : Ne t’inquiète pas, c’est super intéressant de t’entendre en parler. Merci !

Jean-Sébastien : Pour répondre à ta question, pour moi, l’Univers et nos consciences se façonnent mutuellement, c’est la condition même de leur coexistence. L’Univers, c’est ce jeu d’interdépendance entre tous les êtres. J’aime beaucoup la métaphore de l’arc-en-ciel, qui apparait… et qui pourtant n’a pas de substance. Il n’ « existe » que parce que certaines conditions sont réunies. De la même façon, nous n’existons que par et pour les autres, rien d’autre n’a de sens. En ce qui concerne mon cheminement, je pense que cette spiritualité m’a apporté plus de sérénité. Essayer de rester dans l’instant présent pousse à moins céder à la colère, l’angoisse ou à de faux besoins, surtout dans un monde aussi complexe que le nôtre. C’est pour cette raison que je fais souvent des parallèles sur le blog entre l’écriture et la philosophie orientale, je trouve que considérer l’Écriture comme un art est profondément enrichissant.

Siècle : Un très grand merci à toi pour cette réponse si authentique et si émouvante. <3

Jean-Sébastien : Je t’en prie <3

 

Apprendre le vrai sens de la méditation…

Source

 

Siècle : Un petit brin de poésie dans la prochaine question. ^^ Quel est ton plus grand rêve à venir/avenir quand tu te penches sur le miroir des souhaits ?

Jean-Sébastien : Difficile à dire car je suis vraiment heureux, j’ai tout ce que je désire, du moins l’essentiel, j’ai donc de moins en moins d’attentes. Mes rêves concernent surtout mes proches et moins proches, en particulier mes nombreux amis auteurs pas encore publiés de CoCyclics, un forum d’écriture que tu connais un peu, il me semble… Je pense très fort à eux et leur souhaite le bonheur d’une publication, et surtout le bonheur tout court…

Siècle : Des paroles bien sages, mon Capitaine ! ;-)

 

*Nouvel échange de révérences rocambolesques… Décidément, ces auteurs de l’imaginaire, ils sont complètement frappadingues. Aucun garde-fou, aucune pudeur ne les arrêtent !*

 

Siècle : Une dernière question pour la route. En fait, c’est plutôt un jeu. Je te donne deux ou trois mots et tu me dis en une (seule) phrase spontanée (sans trop réfléchir), ce que cette expression ou ce nom t’évoque. Tu es partant ?

Jean-Sébastien : C’est parti !

Siècle : Go go go ! Si je te dis : Océan ?

Jean-Sébastien : Liberté.

Siècle : Gastéropode poilu ?

Jean-Sébastien : Loufoque ! Hahahaha !

 

Bien sûr que ça existe les gastéropodes poilus, cher visiteur, tsss tsss !

Source

 

Siècle : Le mot le plus important ?

Jean-Sébastien : Compassion.

Siècle : Époustouflant. Je suis émue comme une petite cuillère empathe. Un immense merci de nous avoir prêté ta paire de lunettes méca-télescopique, mon cher Jean-Sébastien. Heart Shaped Glasses Theory te remet solennellement une cassette en métal comprenant les items suivants : des lunettes en forme de cœur, un flacon de fous-rires extra-condensés (attention, pas plus d’une goutte à la fois !) et une boussole qui indique toujours ton étoile favorite.

Jean-Sébastien : Génial ! C’est Noël avant l’heure, merci pour tous ces cadeaux que je vais garder précieusement. Et merci à toi pour ton blog que j’ai tant plaisir à lire, ça fait du bien un tel concentré de bonheur !

Siècle : Je te retourne le compliment ! Merci à toi pour tant de générosité, c’est un plaisir toujours renouvelé de te lire et de suivre tes aventures ! Tu portes bien ton titre, mon Capitaine ! ;-)

Jean-Sébastien : Je suis très touché, merci !!!

 

*Siècle et son Capitaine se noient mutuellement sous une déferlante de petits cœurs !*

  

 

Ce moment de grâce touche à sa fin. Te voilà aussi ému que moi, cher visiteur. Tiens, prends un flacon en forme de gastéropode pour récolter les larmes qui sillonnent tes charmantes joues. C’était trop court ! Je vous avais prévenu, ce merveilleux Capitaine ne laisse personne indifférent !

 

 

Tu peux retrouver Jean-Sébastien sur la Toile par ici :

Jean-Sébastien Guillermou – Blog officiel de l’Escroc-Griffe
Jean-Sébastien Guillermou – Page Facebook
Jean-Sébastien Guillermou – Twitter
Venez dévouvrir les pirates de l’Escroc-Griffe sur le site de Bragelonne !

 

 

Que le nénuphou coule à flots, matelot !

Lumière sur ta journée !

 

Astrographe – Le jour où je me suis aimé pour de vrai

 

Hello hello, merveilleux visiteur !

Après deux articles dans l’Atelier durant lesquels j’ai babillé copieusement sur l’art de sculpter sa propre statue et pourquoi c’est carrément chouette d’apprendre à s’émerveiller, je te propose un digestif léger (aromatisé à la myrtillle, cela va de soi^^).

 

Une graine de merveilleux à planter dans le sablier de l’être !

Source

 

Peut-être connais-tu déjà le très beau texte de Kim McMillen. Il a notamment été lu par Charlie Chaplin le jour de ses 70 ans. Je te laisse le déguster…

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai compris qu’en toutes circonstances,
J’étais à la bonne place, au bon moment.
Et alors, j’ai pu me relaxer.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle…
L’Estime de soi.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle n’étaient rien d’autre qu’un signal lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle…
L’Authenticité.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé de vouloir une vie différente et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive contribue à ma croissance personnelle.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle…
La Maturité.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation ou une personne, dans le seul but d’obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle…
Le Respect.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai commencé à me libérer de tout ce qui n’était pas salutaire,
personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait cela de l’égoïsme.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle…
L’Amour propre.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé d’avoir peur du temps libre
Et j’ai arrêté de faire de grands plans,
j’ai abandonné les méga-projets du futur.
Aujourd’hui, je fais ce qui est correct,
ce que j’aime quand cela me plaît et à mon rythme.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle…
La Simplicité.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé de chercher à avoir toujours raison,
Et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
Aujourd’hui, j’ai découvert…
L’Humilité.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.
Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois et cela s’appelle…
La Plénitude.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.
Mais si je la mets au service de mon cœur,
elle devient une alliée très précieuse !
Tout ceci, c’est…
Le Savoir vivre.

 

Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter.
Du chaos naissent les étoiles.

 

Kim McMillen

 

Du chaos naissent les étoiles

Source

 

Lumière sur ta journée !

 

Et si on empruntait les lunettes de… Elie Edme !

 


Salutations, cher visiteur !

Comment vas-tu ? Merveilleusement bien ? Tu m’en vois ravie !^^

Nous voilà de retour chez les Créateurs de tous poils. Le temps d’une interview, nous allons emprunter la paire de lunettes d’un créateur unique que je suis très heureuse de recevoir sur Heart Shaped Glasses Theory. Comme tu le sais, on peut être créateur de bien des façons : artiste, illustrateur, écrivain, créateur de soi-même, d’un concept, d’un blog, d’une histoire, d’une pratique…

Elie Edme est un créateur-explorateur du corps conscient, du corps global, un pratiquant passionné, un chercheur et un enseignant dans les arts du corps et de l’adaptation. Si tu le souhaites, cher visiteur, tu pourras découvrir (et même, pourquoi pas, expérimenter°_°) sa méthode du Corps Global à travers son site internet, son blog et sa chaîne Youtube.

Mais avant toute chose, commençons par des présentations dans les règles de la myrtille. (Blueberry forever !)

 

Elie Edme

Source : Elie Edme

 

*Mes lunettes en forme de cœur perchées sur le bout du nez, j’accueille Elie qui franchit les portes de mon royaume d’un pas virevoltant.*

 

Siècle : Cher visiteur, voici Elie, charmant zébulon aux neurones supra-connectés et au cœur d’enfant. Cher Elie, voici mon visiteur authentique, curieux et bienveillant qui s’installe dans les gradins pour assister à notre rencontre (pas de pression, hein !^^) Bienvenue sur Heart Shaped Glasses Theory et merci de nous prêter ta paire de lunettes le temps d’un tour de manège !

Elie : Merci à toi de me proposer ce tour !

 

C’est parti !

Source

 

Siècle :  Avec plaisir ! Et justement, à propos de lunettes, elles ressemblent à quoi celles que tu pioches dans le chapeau d’allégeance tous les matins ?

Elie : Ce sont des lunettes invisibles, sans formes ni couleurs, comme insaisissables !

Siècle : Génial ! Des lunettes qui te permettent d’avancer incognito, en somme ! Je te pose, en guise d’entrée, la merveilleuse question qui nous hante tous, à savoir : qui es-tu ?

Elie : Ah ! Vaste question… Mais pas si compliqué d’y répondre. Je m’appelle Elie et au centre de ma vie, il y a la passion (voir même plutôt l’obsession) pour le développement du potentiel de l’être humain. Concrètement, cela passe par la pratique et l’enseignement des arts du corps et de l’esprit. Bien que j’ai d’autres projets (secrets ^^) en cours de préparation, mon véhicule de transmission s’appelle aujourd’hui Corps Global. C’est une perspective multiple de la pratique corporelle qui ne s’intéresse pas à une discipline corporelle particulière mais opère plutôt une synthèse équilibrée entre les trois grands « archétypes » présents dans le domaine des arts du corps : les arts méditatifs (Voie du Guérisseur), les arts du mouvement (Voie du Danseur) et les arts martiaux (Voie du Guerrier).

Cette recherche et ce désir de transmettre me sont venus très tôt, comme une flamme, comme un brasier intérieur même, qui s’est imposé à moi, comme une vocation, comme un appel. Donc je me définirais comme un pratiquant qui aime par-dessus tout transmettre sa passion. Mais bon, c’est vraiment pour simplifier, parce qu’on est jamais que le rôle ou le masque que l’on se donne !

Siècle : Impressionnant ! Tu es donc un chercheur irréductible et passionné (la classe !) Tu nous parles de cette recherche comme d’un brasier, une flamme qui s’est imposée à toi. Est-ce que tu pourrais me donner trois motivations fondamentales, trois flammes majeures qui te guident jour après jour (tu sais, ces petites bêtes qui te tirent du lit le matin et font du trampoline sur ta tête, histoire que tu dépotes à plein gaz) ?

 

Trois flammes majeures : croître, se dépasser, se sentir vivant !

Source

 

Elie : La première motivation, c’est de croître. Par la pratique, par l’enseignement, par la rencontre, par l’apprentissage permanent. La deuxième motivation, c’est de me dépasser, ne pas accepter mes limites comme des barrières insurmontables mais comme des obstacles pour grandir. La troisième motivation, c’est de profiter, de me sentir vivant, de jouir de la vie et de tout ce qu’elle m’apporte de joie et de peine, de compréhension et de confusion, d’ordre et de chaos.

Siècle : Que du positif ! J’adore, j’adore, j’adore ! (Hum, hum, du calme, ma petite Siècle, pas d’excès d’enthousiasme, on a une interview à mener, que diable !) Tu nous parles en premier lieu de pratique. La pratique, pour toi, elle permet quoi ? De te changer toi ? De changer le monde ?

 

Peut-on changer le monde avec sa pratique personnelle ?

Source – Corps Global

 

Siècle : Une vision des choses intéressante. Du coup, pour arriver à cette connaissance précise de toi, de tes motivations, de tes flammes intérieures, j’imagine que tu as traversé bien des étapes, je me trompe ? Ma curiosité est aiguisée comme une aiguille de compétition. Tu nous racontes un peu ton histoire ?

Elie : J’ai été porté très tôt par la pratique du corps.

Ma recherche est partie d’une souffrance et d’une violence. C’était une nécessité, une histoire de survie en quelque sorte. Le rapport à la violence (la mienne et celle de l’autre) ont été des thèmes centraux sur mon chemin. Très jeune je me suis senti victime, obligé de subir, comme si je n’avais pas en moi les capacités de faire face. Je me suis retrouvé plusieurs fois dans des situations d’agression qui m’ont beaucoup marqué. Jamais rien de grave physiquement, mais chaque situation a laissé une trace psychologiquement.

L’Aïkido puis après le Systema ont joué le rôle de thérapies vis-à-vis de cette problématique. Alors que je pratiquais en croyant vouloir apprendre à me défendre, j’y rejouais en fait mes fantasmes de combat où je devenais le héros de ma propre légende et pourfendais, au dojo ou à la salle d’entraînement, mes dragons intérieurs. Ces démons étaient, en fait, toutes ces situations que j’avais vécu et dans lesquelles je n’avais pas pu agir, j’avais perdu le contrôle, j’avais été obligé de subir.

 

Combattre le dragon

 

Source

J’ai commencé l’Aïkido à 7 ans et c’est un art que j’ai pratiqué jusqu’à mes 19 ans. J’ai voulu même l’enseigner durant mon adolescence (c’est pour te dire que ce désir d’enseigner m’est venu jeune). Mais malgré la passion et l’intensité que je pouvais mettre dans cette pratique, j’ai été appelé ailleurs. Arrivé à un certain point, l’Aïkido m’avait apporté tout ce je pouvais en retirer. Beaucoup de fantasmes sur la violence ont pu être rejoués sur les tatamis, mais cela ne me suffisait plus de fantasmer l’opposition, de l’imaginer plutôt que de la vivre (en Aïkido, dans la plupart des styles tout du moins, l’opposition et la résistance combative et par conséquent chaotique n’est jamais abordée. Ce qui laisse donc très peu de place à l’aléatoire et l’imprévisible qui constitue pourtant le cœur de la confrontation physique).

J’avais besoin d’expérimenter davantage le contact physique dans un cadre combatif. Et c’est par le Systema que j’y suis arrivé (le Systema est un art martial russe où les frappes sont portées sans protection mais intelligemment pour que le pratiquant puisse s’y habituer sans être traumatisé). J’y ai énormément appris. Pas le combat. Non. Mais une connaissance de mon propre rapport à la violence et à mes peurs. Et d’une telle façon que j’ai pu grandir face à elles.

 

La Voie du Guerrier 


Source

• Gérez mieux le stress et apprivoisez votre propre violence dans un cadre sécurisé, afin de mieux accueillir celle de l’autre dans un lâcher-prise pragmatique.
• Éveillez votre combativité et cultivez une attitude indomptable qui sera votre alliée la plus fidèle pour faire face avec détermination aux défis de tous les jours.
• Établissez vos frontières personnelles et grandissez en confiance pour vous adapter le plus fluidement possible aux situations chaotiques que la vie vous présente.

Elie Edme – Méthode Corps Global

 

Au bout de tant d’années de pratique et d’autres expériences martiales beaucoup plus ponctuelles (car l’Aïkido et le Systema, je les ai pratiqué 12 ans dans un cas et plus de 4 ans pour l’autre et de manière extrêmement intensive puisque j’avais commencé à l’enseigner sur la fin chez mon professeur de l’époque), j’ai réalisé ce qui se jouait dans ma démarche. Quand j’ai accepté qu’en fait ce que je rejouais et cherchais à transmuter, c’était mon histoire personnelle, j’ai été presque comme dégoûté par les arts martiaux.

A quoi bon tout cela ? me suis-je dit. A quoi bon apprendre à se défendre ? Se défendre contre quoi ? Je prenais de plus en plus de distance … Ça devenait épuisant d’être dans la protection tout le temps… était-ce cela la vie ?

Mais prendre conscience ne suffisait pas pour régler le problème, il me fallait autre chose, il fallait que j’agisse, dans le réel. C’est là que je me suis ouvert aux pratiques de santé (Qi Gong, Méditation, etc.) et un peu plus tard encore aux arts du mouvement (callisthénie, acrobaties, etc.). J’ai donc quitté le monde des arts martiaux pour un temps afin de me consacrer à ces autres pratiques.

Et c’est là que ça devient intéressant. Malgré une ouverture à la « spiritualité » et à des pratiques éloignées de la martialité, mon histoire me poursuivait, je me retrouvais toujours dans ces situations de violence, d’altercations, malgré tous les « nettoyages » que je pouvais faire.

Et puis… il y eut Corps Global ! :D

 

 

Siècle : Corps Global, justement, parlons-en ! Au début de cette interview, tu nous dis que c’est (aujourd’hui) ton véhicule de transmission, qu’il s’agit d’une perspective multiple de la pratique corporelle… j’ai été particulièrement interpellée par tes trois Voies, celles du « Guérisseur », du « Danseur » et du « Guerrier ».

Tu nous expliques comment ça marche ?

 

La Voie du Danseur

Source

• Redécouvrez le plaisir d’habiter votre corps, de vous sentir puissant, d’actualiser votre potentiel et de profiter plus pleinement de votre expérience physique.
• Construisez un corps fonctionnel en sollicitant l’ensemble des qualités athlétiques majeures telles que souplesse, force, endurance, coordination, agilité, etc.
• Développez une véritable intelligence du mouvement, polyvalente et transposable à n’importe quelle activité physique ou quotidienne.

Elie Edme – Méthode Corps Global

 

Elie : Au cours de mes recherches débridées sur tout ce qui a trait au corps, je me suis aperçu des liens, des interelations et interdépendances entre les différentes pratiques existantes. Ce qui m’a marqué durant mon parcours, c’est que chaque spécialiste de sa discipline la défendait comme un dogme. Or, ce qui m’intéressait n’était pas une discipline en particulier, mais le corps et le mouvement lui-même. Bien sûr, les disciplines sont intéressantes et la spécialisation nécessaire pour aller creuser en profondeur dans un sujet donné. Mais ce n’était pas ce qui m’appelait. Ce qui me passionne c’est la synergie entre les disciplines, comment elles se nourrissent les unes les autres, comment chacune apporte aux autres. C’est comme ça qu’est née cette approche des trois voies. Dans le but de développer un rapport au corps harmonieux, équilibré, qui permette à la fois un développement de compétences réelles et sérieuses tout en préservant le corps sur le court, moyen et long terme. Tire trop dans un sens (en te spécialisant trop) et tu déséquilibres le tout (ton corps et ton esprit, les deux étant inséparables en réalité).

La beauté de ce véhicule de transmission, c’est qu’il permet de s’adapter aux besoins et aux aspirations particulières de chaque personne sans lui faire perdre la perspective d’ensemble, perspective qui lui permettra de développer un équilibre vers plus de vitalité. Ce qui m’intéresse, c’est d’amplifier chez moi, dans ma pratique et chez les personnes à qui j’enseigne le sentiment d’être vivant !

 

La Voie du Guérisseur

Source

• Favorisez le fonctionnement optimal de votre corps et construisez une architecture interne pour rayonner de vitalité au coeur de votre quotidien.

• Partez à la découverte de la sensation et vivez des états de bien-être de plus en plus profonds, ancrés dans le corps et apaisant les mouvements intempestifs de l’esprit.

• Connectez-vous au mystère de la conscience au travers de l’expérience physique pour vivre votre vie avec davantage de fluidité au lieu de vous opposer à son courant.

Elie Edme – Méthode Corps Global

 


Les trois voies sont comme des poupées russes…

Avec le Guérisseur tu apprends à mieux sentir ton corps, jusqu’à pouvoir travailler tes tensions chroniques (ou provoquées par les autres aspects de la pratique) et t’en libérer progressivement. Le Danseur t’enseigne à utiliser ton corps dans l’espace (soulever ton poids de corps, explorer le mouvement, etc.) afin de créer un corps polyvalent et résilient (comme ça, tu peux explorer ensuite n’importe quelle activité physique de ton choix en ayant des repères solides de lecture du mouvement, de préparation physique et de coordination). Et puis en plus de cela, ta capacité à bouger est le premier gage de santé (selon moi). Donc en préservant cette capacité à faire usage de ton corps, tu entretiens ta jeunesse et te prépare une plus belle vieillesse. Et enfin, le Guerrier permet de se confronter à la situation de mouvement la plus chaotique qui soit : le combat. Je l’aborde de manière progressive et intelligente, pas comme une brute. Le but, c’est de faire tomber les fantasmes et de rendre le mouvement encore plus fonctionnel. Avec le combat, on ne peut pas se mentir, les masques sont obligés de tomber car on est confronté à notre vulnérabilité. Même les combattants les plus chevronnés savent qu’ils peuvent perdre en 3 secondes face à quelqu’un de moins bon qu’eux. Il y a tellement de paramètres qui nous dépassent.

Siècle : Bel éclairage, je te remercie. Tu disais plus haut que, très vite, tu as voulu enseigner. J’imagine (je me trompe peut-être^^) qu’il y a des chercheurs/praticiens qui ne sont pas pour autant des enseignants. D’où te vient ce goût de la transmission ? Pourquoi est-ce important pour toi d’enseigner ?

Elie : Oui, c’est très juste. D’ailleurs ce n’est pas parce qu’on est virtuose dans une pratique donnée que l’on est bon enseignant dans cette même pratique. La pratique est un chemin extrêmement solitaire. J’ai toujours aimé ça, et depuis mes treize ans, j’ai toujours eu un semblant de pratique personnelle. La transmission est un moyen de redonner aux autres ce que la pratique m’a apporté et ce qu’elle continue de m’apporter. Oui, c’est bien de pratiquer dans son coin et de progresser, de se dépasser et de repousser les limites de son exploration, mais à quoi bon si ce n’est pour le transmettre en même temps ? J’aurais le sentiment que ma pratique aurait été vaine… Et puis enseigner, surtout pour le pratiquant passionné que je suis, permet aussi de progresser dans sa propre pratique, donc c’est le double effet Kiss Kool :-D

 

Transmettre à travers des vidéos…

Source – Corps Global

 

Je te dis cela mais je ne considère pas que tous les pratiquants doivent transmettre. Je sais juste d’expérience qu’enseigner te permet d’affiner ta pratique et d’y être aussi plus efficace. Enseigner est une vocation pour moi. Donc, en fait, j’ai beau te donner des explications sur le pourquoi du comment, en réalité, je ne peux que m’en remettre au mystère et à la magie du chemin pour expliquer pourquoi j’ai choisi d’enseigner.

Siècle : Parfait. Une dernière question pour la route. En fait, c’est plutôt un jeu. Je te donne deux ou trois mots et tu me dis en une (seule) phrase spontanée (sans trop réfléchir), ce que cette expression ou ce nom t’évoque. Tu es partant ?

Elie : Yes !

Siècle : Alors, allons-y. Si je te dis : accomplissement ?

Elie : Dépassement de soi.

Siècle : Ton parfum de glace préféré ?

Elie : Caramel beurre salé.

Siècle : Le mot le plus important ?

Elie : Résilience.

Siècle : Splendide ! Merci de nous avoir prêté ta paire de lunettes invisibles (et pas si insaisissable que ça, au final^^), mon cher Elie. J’ai appris tout un tas de trucs aujourd’hui ! Heart Shaped Glasses Theory te remet cérémonieusement une cassette en ivoire comprenant les items suivants : une paire de lunettes en forme de cœur, un kimono rose à paillettes et un badge proclamant la vérité suivante : « La myrtille, c’est cent fois mieux que le vanille ! »

Elie : Triple lol !^^

 

*Dans un éclat de rire magistral, Elie enfile son kimono rose à paillettes (qui lui va comme un gant) avant de sortir de mon royaume en effectuant un triple salto arrière. L’effet de la myrtille, très certainement.*

 

Equilibre

Source : Elie Edme

 

Ah, cet Elie virevoltant ! Quelle belle interview, j’en suis toute émue. J’espère que tu t’es amusé autant que moi, cher visiteur !

 

 

Pour retrouver Elie Edme sur la Toile, c’est par là que ça se passe :

Elie Edme – Corps Global – Site officiel
Elie Edme – Corps Global – Page Facebook
Elie Edme – Corps Global – Chaîne Youtube

D’un point de vue pratique, Corps Global, c’est des cours, des ateliers et des stages ainsi que du coaching individuel, ouvert à tous, du complet néophyte au chercheur plus expérimenté. Le prochain atelier aura lieu le samedi 28 janvier 2017 de 13h à 16h dans le centre de Paris.

Toutes les informations ici !

 

                                             

 

Lumière sur ta journée !

30 paires de lunettes à la question : Pourquoi racontons-nous des histoires ?

Cher visiteur,

Nous voilà réunis, toi, Vaëlban et trente paires de lunettes anonymes qui ont bien voulu participer à la cause du jour. Paires de lunettes anonymes, mes hommages. Je vous salue et je vous remercie !

Aujourd’hui, nous allons sortir l’Astrographe de sa boîte, l’essuyer avec un chiffon doux et le pointer tout droit sur une poignée de Charmeurs de mots ! Hop, en voilà un penché sur son clavier, un chat sur les genoux ! Repéré ! J’en vois un autre qui note une idée révolutionnaire dans son carnet de moleskine. Là ! Un troisième Charmeur s’est réfugié sous la douche pour imaginer son chapitre 42 (ne me demande pas pourquoi, mais Muse a un truc avec l’eau… il paraît, on m’a dit, je crois).

Bref. Hum. Comme tu ne l’ignores pas, pétulant visiteur, je suis commanditée par le Dieu des Pious qui souhaite faire des expériences rigolotes sur ce blog. Et, comme j’ai des volontaires, c’est l’occasion rêvée de sauter dans la bouilloire de l’improvisation créative à pieds joints (ou, en l’occurrence, à pattes palmées) !

 

Si ça se trouve, le Dieu des Pious ressemble à ça !°_°

Source

 

Expérimentation du jour, bonjour !

 

Commençons par le commencement.^^

 

  • La question, la question, la question !

La question à laquelle nous allons (arbitrairement) nous intéresser est la suivante : Pourquoi racontons-nous des histoires ?

Etudions la bestiole de plus près :

⇒ L’adverbe « Pourquoi » nous invite à chercher les raisons, les causes, les motifs qui nous amènent à raconter des histoires.

⇒ Voici ensuite quelques synonymes du verbe « raconter » afin de mieux cerner ses implications : raconter, c’est narrer, exposer, relater, détailler, confier, dépeindre avec des mots, décrire, rendre compte, débagouler, révéler…

⇒ Enfin, le terme « histoire », tel que je l’entends ici, répond à la définition suivante : un récit portant sur des événements ou des personnages réels ou imaginaires.

Donc, si je reformule la question autrement, ça pourrait donner : Quelles sont les raisons pour lesquelles nous débagoulons des récits mettant en scène des personnages imaginaires ? Par exemple.^^

 

Raconter une histoire, c’est tisser un envoûtement

Source

 

  • Mais à qui je la pose, ma question ?

Vaëlban : Bah oui, parce que, ma petite Siècle, tu as oublié de définir qui est concerné par le « nous » dans ta question !

Siècle : Tsss tsss, je n’ai pas « oublié », mon grand, c’est juste que ça me paraissait évident. Nous : toi, moi et les autres. Tous ceux qui racontent des histoires, en somme.

On raconte des histoires (à commencer par la sienne^^) de mille et une manières. Et même si on peut faire appel à de nombreux médias créatifs aussi divers que variés pour raconter une histoire, bien souvent, on utilise les mots pour en établir la structure première. Par la suite, on choisit, par exemple, d’habiller cette structure d’images et de musique (les films, les chansons, les illustrations…). Les histoires deviendront alors un travail collaboratif entre plusieurs créateurs qui auront chacun leurs raisons propres d’y participer.

Dans le cadre d’un récit écrit (roman, nouvelle, etc…), notre histoire aura le langage pour unique parure. Rien d’autre que le langage. Le reste se passe dans l’imaginaire du lecteur. La place de l’écrivain face aux histoires s’avère donc un peu particulière. L’écrivain est le seul créateur de son récit littéraire qu’il supervise de A à Z (dans sa tête !°_°). Sa démarche s’articule autour de la volonté de dire une histoire, elle a pour objectif de produire une histoire. Ma question du « Pourquoi », tu comprendras que j’ai bien envie de la poser à des écrivains !

 

Les mots créateurs

Source
  • Des subjectivités multiples et authentiques

Je pourrais aussi bien te faire part de ma réponse (j’en toucherai peut-être un mot tout à l’heure) mais ça ne serait qu’une paire de lunettes possible parmi tant d’autres. Je pourrais également te conseiller de lire l’excellent article de Dorian Lake sur l’écriture (d’ailleurs, je te le recommande). Mais ce qui m’importe, ici, c’est de multiplier les subjectivités et les vérités authentiques. Je suis particulièrement intéressée par la paire de lunettes de ceux qui passent à l’acte, qui écrivent (à la force du poignet, dans le sang, la sueur et les bulles). De ceux qui, jour après jour, s’attèlent à leurs claviers, enfilent la panoplie du conteur, mettent en scène intrigues et personnages, cogitent, agencent, imaginent, lient, dénouent, tissent des histoires. Ma question, je la pose donc à trente écrivains, trente amoureux des histoires plongés jusqu’au cou dans la marmite des mots. Et je les attrape principalement sur CoCyclics, comme tu t’en doutes. Merci à eux de s’être laisser attrapés. ;-)

A l’aube de cette expérimentation, frémissante comme une horrible petite chose noire et gluante, je m’interroge : les réponses récoltées formeront-elles un joyeux patchwork ou y aura-t-il une cohérence intérieure qui s’en dégagera ? Est-ce que les écrivains racontent des histoires pour eux ? Ou pour les autres ? Pour quelque chose d’autre ? Seront-ils désarçonnés par la question ou, au contraire, la réponse sera-t-elle évidente, coulera-t-elle de source ? Sera-t-elle humoristique, sérieuse, intellectuelle, émotionnelle, courte, longue, imagée, factuelle ? Est-ce qu’il y a une réponse qui va revenir à plusieurs reprises ?

Ah oui, parce que je ne te l’ai pas encore avoué, cher visiteur, mais pour compliquer l’affaire, j’ai posé une contrainte majeure à nos invités ! Il leur faut répondre en une seule phrase (oui, je suis cruelle parfois°_°). Impossible, par conséquent, de lister, d’organiser ses raisons, d’argumenter longuement. Il faut choisir, compacter, cibler. Pas facile, hein ? Et je te le confirme : ils ont souffert.

 

Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir répondre à sa fichue question ? ><


Source

Il est temps, courageux visiteur. Enfile ton maillot de bain, nous plongeons au fin fond de la marmite !^^

 

Expérimentation en cours de lancement, prêt, feu, go !

 

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Depuis toujours, j’ai l’idée farfelue qu’un univers raconté et partagé apparaît dans une dimension parallèle, et que pour ancrer dans l’espace-temps ces personnages qui m’accompagnent depuis longue date, je dois écrire leur histoire, l’extirper de ma tête pour qu’enfin, quelque part-nulle-part-ailleurs, hier-aujourd’hui-demain, ils existent à leur tour (save a universe, write a story :p). »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Pour nourrir ma louve intérieure »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Je raconte des histoires pour renouer avec l’enfant en moi, tisser un univers où tout est possible, dire l’amour, la joie, la colère aussi, et jouer, jouer encore avec les mots et les rêves, dans une jubilation effervescente. »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Tout d’abord pour apprendre, des informations, des sentiments, des leçons de vie et beaucoup d’autres choses encore que nous ne pouvons pas forcément vivre par nous-même au jour le jour ; pour créer des liens sociaux, capter l’attention de son prochain en lui narrant quelqu’aventure qui l’intriguera sûrement ; pour rêver à ces choses qui pourraient exister, entretenir notre imagination et ainsi nous permettre, en tant qu’espèce de voir toujours plus loin et d’avancer dans le chemin de la vie, d’imaginer des solutions aux obstacles que nous rencontrons ; mais enfin et surtout, pour nous amuser, pour passer le temps, briser l’ennui, combler le vide de nos existences dont nous n’avons parfois que trop conscience ! »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« On raconte des histoires parce que, sinon, les voix dans nos têtes se sentiraient un peu seules ! »

 

Que ne ferions nous pas pour les voix dans nos têtes

                

Source et Source

 

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« En partageant un récit, l’auteur partage un voyage, un univers, des personnages qui vont (ou non) créer du lien avec ceux qui le lisent, il va les toucher, les émouvoir, et de fait vivre quelque chose avec eux par l’intermédiaire du médium que représente cette « histoire » : donc je crois qu’il y aura autant de réponses différentes à cette question que de conteurs mais, si on raconte des histoires, c’est avant tout il me semble pour générer une forme de connexion avec les autres. »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Parce qu’un jour on s’est dit « Et si… ? » et qu’on a eu envie de partager nos hypothèses farfelues avec d’autres… »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Pour ne pas se perdre et se découvrir dans le regard des autres, pour s’offrir sans retenue ni crainte et peut être ainsi réussir à faire accepter la part d’ombre qui sommeille en chacun et chérir nos forces cachées. »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« J’ignore toujours pourquoi je raconte des histoires, j’en ai débuté une, un jour, et je me suis retrouvée à m’y accrocher avec les dents jusqu’à ce qu’elle soit terminée… avant de recommencer ; et de recommencer encore. »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Nous racontons des histoires pour nous évader et transmettre des valeurs qui nous tiennent à cœur. »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Je raconte des histoires (oralement ou par écrit) parce que la création de personnages, et, dans une moindre mesure, d’univers, est la meilleure façon que je connaisse de stimuler l’imagination dont j’ai besoin pour bâtir et améliorer les relations entre les êtres humains de la vraie vie, et par là, apporter ma contribution à l’évolution positive de cette réalité imparfaite. »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Libérer la vapeur de ma cocotte-minute à histoires me procure du bien-être, me permet des voyages, des rencontres extraordinaires, voire même des incursions dans l’Univers vaëlbanais, et puis, comme j’écris aussi pour des lecteurs, je suis devenue accroc à leur fabriquer des lunettes tout embuées de jus de mangue et de sang frais ; j’adore quand ils les chaussent avec plaisir. »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Pour ne pas imploser. »

 

Chaud devant !

Source

 

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Je raconte des histoires parce que si je ne les fais pas sortir de ma tête elles s’accumulent jusqu’à débordement. »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Mes histoires parlaient, et parlent encore, de mes peurs, de mes espoirs, de mes passions, des questions que je me pose et pour lesquelles je n’arrive pas à trouver de réponse, poser ces questions au travers de personnages peut m’aider à trouver des réponses, mes histoires m’apprennent aussi des choses sur moi-même, parfois. »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Pour donner au monde la forme que l’on voudrait qu’il ait. »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« L’esprit renferme en gestation des sentiments, des idées, des réflexions, des situations qui murissent et prolifèrent, parfois plus vite que l’on ne peut les exprimer dans sa société, tant et si bien qu’elles peuvent déborder de l’individu : on appelle cela raconter des histoires. »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Nous, je ne sais point, mais si je raconte des histoires : c’est pour vivre plusieurs vies. »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« J’aime certes voir la réaction des gens, mais avant tout, j’aime la sensation de la construction, comme la satisfaction qui suit la résolution d’une énigme ou d’un problème : créer un univers, la manière presque logique de relier les fils et dont les choses s’emboîtent ; écrire est ma manière de mettre en forme et de pousser le mécanisme jusqu’au point de fonctionnement. »

 

Jubiler en concoctant la mécanique des histoires

Source

 

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« On écrit pour oublier qu’on est mortel »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« On raconte des histoires pour revêtir simultanément toutes les peaux qui auraient pu nous appartenir, pour déployer son empathie et se connecter à la Toile de l’Univers, pour prendre conscience de l’extraordinaire diversité qui nous entoure, pour se retrouver en devenant créateur de soi-même. »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Sans doute parce qu’elles tourbillonnent dans notre esprit, encore et encore, et qu’elles nous empêchent de dormir tant que nous ne les avons pas couchées sur papier, sur musique, sur toile, ou sur tout autre support… »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Parce que le réel, c’est comme un appartement vide, et qu’il faut bien le meubler pour qu’il soit commode et accueillant, pour qu’il se remplisse de belles choses sur lesquelles poser le regard et méditer ; et ça, chacun le fait en (se) racontant des histoires, parfois juste dans sa tête et parfois en les écrivant, en les dessinant ou en les filmant, parce que sans elles, l’Humain ne serait qu’un automate et la vie simplement fonctionnelle – ce qui serait dommage, quand même ! »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Je raconte des histoires pour faire partie du monde. »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Parce qu’une créature psychopathe que nous nommons traditionnellement Muse nous pointe un flingue sur la tempe en nous désignant notre clavier avec un petit sourire en coin. »

 

Si cette image t’émeut au plus haut point, tu es écrivain°_°

Source

 

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Je raconte des histoires pour créer « quelque chose », assembler et faire exister tous les petits morceaux qui traînaient dans un coin de ma tête, une idée, un thème, un simple mot qui fait office de premier domino et aboutit à une histoire qui me parle et que je peux partager. »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« En racontant mes histoires, je laisse ma voix s’exprimer, je lui accorde son espace de liberté à elle que je tais trop souvent, je partage mon rêve personnel avec d’autres dans l’espoir – un peu vain peut-être – d’en voir émerger de nouveaux. »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« Parce que c’est un besoin essentiel et qu’il est impossible de résister aux regards des personnages lorsqu’ils viennent frapper à notre porte pour nous demander de transcrire leur histoire. »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« En ce qui me concerne, j’écris pour explorer, voyager, découvrir le monde à travers d’autres lunettes que les miennes (en l’occurrence celles de mes personnages) et tenter de susciter des émotions chez ceux qui me lisent (frissons, émerveillement, etc.). »

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

« On raconte des histoires parce qu’on ne meurt jamais tant qu’on vit dans les livres. »

 

Retour sur expérimentation

 

Nous y voilà. Défrisante, cette plongée dans le chapeau d’allégeance, n’est-ce pas ? Ca en fait des paires de lunettes multicolores !^^ Je suis certaine, cher visiteur, que tu en tireras tes propres fruits. En ce qui me concerne, je note trois raisons qui flottent à la surface de la marmite entre deux palmes vertes.

 

Source

 

1/Pour de nombreux écrivains, raconter des histoires semble être une nécessité, un besoin, un débordement incontrôlé, presque une absence de choix. Un peu comme si ce n’était pas l’écrivain qui décidait de raconter des histoires, mais les histoires elle-mêmes qui décidaient d’être racontées en choisissant leur écrivain. Faites vos emplettes, Mesdames, nous avons de tout !

2/Raconter des histoires nourrit les écrivains, en leur offrant un espace de liberté, de rêve, de voyage, d’imaginaire et de créativité intérieure qui leur fait du bien, voire les aide à se connaître.

3/Raconter des histoires, c’est aussi une manière d’appartenir au monde, de se connecter aux autres, de contribuer à la société, de générer du lien.

Pfiiiiouuuuu… Une chouette expérimentation que cette incursion dans les « Pourquoi » subjectifs de chacun, je recommencerai ! Sur ce, je vais re-re-re-re-re-relire les réponses de mes camarades écrivains et méditer dessus en bonne compagnie : à ma droite, le Dieu des Pious, à ma gauche, un seau de myrtilles fraîches ! (Happy me^^)

 

Formidable visiteur, je me fends d’une révérence et je te salue !

 

 

Vaëlban : Hey Siècle, attends une seconde ! Et ta réponse à toi ?

Siècle : Je ne vois absolument pas de quoi tu veux parler.

Vaëlban : Nom d’un marsupioulami joufflu, je n’y crois pas, tu as esquivé la question !

Siècle : Pas du tout, je me suis juste interviewée, anonymement, avec les 29 autres.

Vaëlban : C’est malin, tiens ! Et ta réponse alors, c’est laquelle ?°_°

Siècle : Franchement, facile. Puisque je babille sur ce blog jusqu’à plus soif, tu n’auras pas de mal à me reconnaître. ;-)

Vaëlban : Mais enfin, Siècle, fais pas ton crocodile mou, dis-moi !

Siècle : Lumière sur ta journée, mon grand !!!

Atelier Univers – Apprendre à s’émerveiller

 

univers-babillage

Hello hello, cher visiteur !

J’espère que tu vas bien, que tu as fait bon usage de ce petit nectar de folie que j’ai dissimulé dans ta besace la dernière fois et que tes lunettes en forme de cœur sont prêtes à l’emploi !

Aujourd’hui, nous retournons dans l’Atelier Univers et nous allons nous pencher sur l’un de mes outils préférés : l’émerveillement. Je te sers une coupe de nénuphou ou une tasse de monflu-crème (au choix^^) pour célébrer ce moment privilégié.

 

A ta santé et à tes rêves, merveilleux visiteur !


Source

 

Bien bien bien. ^^ Et maintenant, prends ta gradine et ton maillet, enfile ton tablier à fleurs, c’est parti !!!

Dans le dernier article, je te présentais l’Atelier de l’Univers, la démarche du Sculpteur de statue et ses premiers coups de maillets. Je te propose de t’intéresser, cette fois-ci, à un outil à consommer sans modération lorsque l’on choisit de suivre la voie et la voix de l’Univers : l’émerveillement, donc. Sacré sujet. Sujet sacré, à vrai dire^^.

Oui, cher visiteur ? Tu as une question ? Tu as raison, il y a plein d’outils sympathiques qui accompagnent le Sculpteur dans son périple vers lui-même. Alors pourquoi commencer par cet outil-là précisément ? Et bien parce que j’en ai envie, parce que mon intuition me dit que c’est le bon outil par lequel commencer et que lorsque j’envisage de t’en parler, l’énergie coule, les mots me viennent plus facilement : autant de petits signes Univers qui m’indiquent que c’est la bonne direction. ;-)

 

C’est quoi s’émerveiller ?

Commençons par une rapide définition sièclienne. S’émerveiller c’est, dans toute chose, choisir de voir la part lumineuse, le beau, le bon, le magique, l’inspirant. C’est ré-enchanter le monde. C’est valoriser l’être partout autour de soi. C’est ré-accéder à la profondeur de la vie à travers la légèreté. C’est se réconcilier avec sa part d’enfance, s’interroger, s’amuser d’un brin d’herbe, essayer de voir pour la première fois à chaque instant. C’est poser un regard aimant sur le monde et porter des lunettes en forme de coeur. C’est observer les rouages, les clés de la création et rendre grâce. C’est faire des bulles de savon, élargir sa croyance et déployer son imaginaire vers un horizon sans limites.

 


Source

 

Pourquoi cultiver l’émerveillement ?

Pour te donner une explication qui plaise davantage à ton mental, cultiver l’émerveillement, c’est faire d’une pierre trois coups :

  • Progresser dans son travail de Sculpteur, élaguer la gangue, se rapprocher de soi.
  • Générer une émulation positive qui rend le chemin, ses chutes et ses pentes escarpées plus faciles à négocier. En bref, de la motivation !
  • Trouver le plaisir, la joie dans l’instant présent, dès aujourd’hui.

 

dialogue1 Vaëlban : Pardon ? Excuse-moi de te déranger, Siècle, mais je ne vois pas en quoi le fait de m’écrier « Oh, un petit oiseau bleu ! Qu’il est joli ! Et en plus, il fait de la musique naturelle !!! » va me permettre de sculpter ma statue. Déjà, l’oiseau, il est extérieur, et tu m’as bien dit la dernière fois que mon seul terrain d’action, il était à l’intérieur de moi. Si je me focalise sur un pioupiou qui couine dans son nid, je ne saurais pas davantage qui je suis ! Je suis là pour travailler sérieux, moi ! Pour souffrir au service de la cause ! Pas pour chantonner, les yeux ouverts et la tronche naïve tournée vers les étoiles.

 

Bah justement, si !


Source – Apod Nasa

 

Siècle : Cher Vaëlban, hum, merci de partager avec nous tes questions. Déjà, je t’invite à réévaluer l’objectif final du Sculpteur de statue : savoir qui tu es, c’est une démarche sur le long terme. C’est incarner et même t’émonder en incarnant, pas à pas. Ce n’est pas viser et atteindre. C’est devenir. Dans cette optique, pratiquer l’émerveillement te permettrait, petit à petit, de te recentrer sur un sentiment (intérieur) de joie, de contemplation, de beauté et ce sentiment participe à ta transformation vers toi. L’émerveillement t’encourage à choisir l’Amour plutôt que la Peur. Lorsque tu ressens de la joie, lorsque tu admires, tu sculptes (parfois sans même t’en rendre compte) ta propre statue puisque tu dégages de sa gangue la part de toi belle, joyeuse, aimable et merveilleuse.

dialogue2
Deuxième point important dans ce que tu dis et qui m’interpelle : c’est qu’il faut souffrir pour sculpter et se transformer. Et que l’émerveillement (ressenti positif par excellence) ne peut logiquement pas être la voie qui mène à l’Univers, et donc à toi-même.

 

La souffrance – Petit point métaphysique (en quelque sorte^^)

Disclaimer : J’ai pas mal hésité avant de faire ce petit point métaphysique sur la souffrance, mais je trouve pertinent d’aborder les rouages de notre fonctionnement pour t’expliquer à quel point l’émerveillement a des répercussions profondes sur la structure de l’être. Comme toujours, ce qui suit a été dit et répété par de nombreux pious avant moi, et ce n’est que le fruit de ma réflexion que je t’expose. Une vérité authentique parmi d’autres. Si c’est trop emberlificoté et que ça ne te parle pas, n’hésite pas à défiler l’article jusqu’à la Fée Clochette et à reprendre ta lecture à partir de là. ;-)

C’est une erreur d’appréciation fréquente que de considérer la souffrance comme « l’unique chemin menant au divin » (je suis d’ailleurs la première à la faire, à la refaire, à la re-re-faire. >< Heureusement, il y a les myrtilles et le Dieu des Pious. Merci à eux). La culture judéo-chrétienne est enracinée dans nos sociétés occidentales, et nous avons (tous) intégré cet héritage plus ou moins conscient : la souffrance mène à « Dieu », il faut « souffrir pour être beau », on ne mérite l’accès au bonheur, à soi, que lorsque l’on traverse de grandes épreuves pour y arriver. D’un point de vue « Univers », ce n’est pas exactement comme cela que ça marche.

Ce qui est vrai, c’est que nous sommes confrontés (durant notre incarnation sur Terre) à la souffrance, physique, mentale, émotionnelle. Pour être précis, ce dont nous souffrons d’abord (la cause première sur le plan métaphysique), c’est la séparation d’avec le divin, avec la part divine en nous, avec nous-même. Lorsque nous nous incarnons, nous oublions qui nous sommes, et nous passons notre vie à rechercher (souvent inconsciemment) notre identité perdue. De cette séparation originelle découlent les autres formes de séparation et la souffrance sous toutes ses formes.

Prenons un exemple rigolo dans lequel je suis une poire : belle, entière, délicieusement courbe, ravissante. Oui, oui, je sais, cher visiteur, la poire est un noble fruit, un peu juteux, mais noble. Presque autant que la myrtille, je te le concède volontiers. Hum. Revenons à notre poire : un jour où l’aigle volait au-dessus des flots, j’ai pris mon couteau préféré et j’ai séparé la poire (que je suis) en deux. (Le pourquoi j’ai décidé de me fendre en deux est une question extrêmement intéressante, mais on ne va pas s’en sortir si je l’aborde ici, tu me pardonneras, j’espère, de ne pas m’y attarder aujourd’hui). Lorsque j’ai séparé ma poire en deux, j’ai créé, ce faisant, un vide entre les deux parts du fruit. J’ai oublié instantanément ma deuxième moitié et j’ai cru être (depuis toujours) une moitié de fruit. Depuis, je souffre de l’absence de ma totalité, sans avoir pour autant conscience que ma forme originelle, totale, entière, c’est la poire et non la demi-poire.

 

C’est mon couteau préféré qui a fait ça !°_°


Source

 

Notre part de lumière est bien là, elle est à sa place. Mais elle est incomplète. Notre aspiration au divin, à la totalité, c’est l’idée qui persiste dans notre inconscient de la forme de la poire entière. Puisque ma seconde moitié d’être à disparu, puisque je l’ai oubliée, je ne vois que le vide, l’absence.

Et c’est là que nous faisons généralement une petite erreur d’appréciation. Nous cédons au besoin impérieux de compléter notre poire avec la première chose que nous avons sous la main : la souffrance issue de la séparation. Cette souffrance va constituer la matière première de nos ombres.

Pourquoi cette erreur d’appréciation ? Le vide, si tu te souviens bien de l’opposition conceptuelle que je t’ai présenté dans le dernier article, c’est le Néant, c’est le contraire de l’Être. Ce vide m’est insupportable. Je suis prêt à tout accueillir plutôt que rien. Tout plutôt que ce vide, que ce manque, que cette absence de demi-poire ! Mon royaume pour une demi-poire complémentaire, qu’importe si elle est tissée de souffrance, de colère, de tristesse ! Pour accéder à ma totalité divine, j’embrasse ma souffrance, j’embrasse mes ombres, elles me sont nécessaires ! Je vais combler le manque de ma moitié perdue par n’importe quel moyen. Je vais (de manière quasiment automatique) répondre à ce besoin en construisant mes ombres et en les positionnant à l’endroit où je manque.

Que sont les ombres ? Les ombres sont l’expression énergétique, mentale, émotionnelle et physique de la Peur avec un P majuscule (soit le contraire de l’Amour avec un grand A). La Peur est issue de la souffrance de la séparation, du moment où l’Être (la poire) s’est déchiré en deux. Là où il n’y avait que la complétude de l’Amour, il y a aussi désormais (en négatif, dans le sens photographique du terme) la déchirure de la Peur. Les symptômes de la Peur sont, par exemple : la jalousie, l’angoisse, la colère, l’orgueil, la tristesse. Il y en a bien d’autres, cela va de soi.

Au final, nous voilà composés d’une demi-poire d’Être bien juteuse et fondante (l’expression de l’Amour) et d’une demi-poire d’ombres (l’expression de la Peur) qui nous semble indispensable et inamovible. Nous pensons que nos ombres, notre souffrance est le seul chemin pour re-devenir divin/entier. En fait, c’est la transcendance, la transmutation de la souffrance en lumière qui est divine (au sens christique du terme) pas le fait de serrer les dents et d’encaisser. Il y a souvent confusion sur cet aspect des choses. ;-)

Ce qui m’est, en réalité, nécessaire, ce n’est pas de souffrir ou de cultiver mes ombres, mais de retrouver la plénitude de ma forme entière.

 

Ceci est l’image de ma poire intérieure réunifiée : adorable, n’est-ce pas ?^^


Source – ©Karen l’Hémeury

 

Voilà venu le moment du choix. Le choix de sculpter ma statue pour retrouver la mémoire de ma forme primordiale, retrouver ma moitié de poire originelle, ou le choix d’accueillir une fausse moitié de poire qui me donne la sensation biaisée, éphémère, de retrouver mon entièreté. Mais souvent, je préfère cette illusion confortable plutôt que d’accepter le vide, et la quête de la demi-poire perdue.

Regardons dans le miroir cinq minutes : ne nous le cachons pas, nous avons tous constitué une demi-poire d’ombres pour palier à la séparation et au Néant. Tous. Et maintenant ? Maintenant, deux portes se matérialisent devant nos mirettes écarquillées. Si je prends la porte de métal aux arabesques argentées et parfaites, je choisis d’entretenir ma souffrance, mes ombres (quelles que soient leurs manifestations dans ma vie). Si je prends la porte en bois moussue, un peu brinquebalante sur les bords, je choisis de transformer, de transmuter, de mettre mes ombres en lumière.

L’ombre s’installe dans l’espace du manque. L’ombre, ce n’est pas l’adversaire, le démon, l’entité qui « combat la lumière ». L’ombre, c’est l’absence de lumière. Mais si j’éclaire mon ombre, elle disparait.

Pourquoi je ne le fais pas ? Tout simplement parce que j’ignore la cause de mes maux. Je confonds les symptômes (ou les causes indirectes) avec la cause première de ma souffrance. Parce que j’ai oublié pourquoi je souffre, parce que j’ai oublié que je suis séparé. Parce que je ne sais pas que ma demi-poire d’ombres a été générée pour compenser le vide, pour lutter instinctivement contre le Néant. Parce que, du coup, je crois que mon identité est une poire composée d’ombres et de lumière. Je crois que mes ombres sont inévitables. Et en posant cette croyance là (tous les jours), je renouvelle mon allégeance aux ombres, j’entretiens la pérennité de ma souffrance. Pour être plus précis, j’entretiens la pérennité de mon ressenti de souffrance.

Note : Il est essentiel de distinguer la souffrance extérieure (que je rencontrerai partout dans le monde) de la manière dont je ressens/je gère/j’accueille cette souffrance. Cette souffrance extérieure ne m’appartient pas et je ne peux pas la transformer d’un coup de baguette magique (même si ce serait cool^^).

 

Source

 

Ce qui compte, ce n’est pas ce que l’on vit, c’est ce que l’on ressent, ce n’est pas ce qui nous arrive, mais ce qu’on en fait.

 

« Frodo : I wish the ring had never come to me. I wish none of this had happened.

Gandalf : So do all who live to see such times. But that is not for them to decide. All we have to decide is what to do with the time that is given to us. There are other forces at work in this world Frodo, besides the will of evil. Bilbo was meant to find the Ring. In which case, you were also meant to have it. And that is an encouraging thought. »

The Lord of the Rings, Tolkien

 
(Je me permets une petite traduction en français pour les non anglophones.^^)
 

« Frodon : Je voudrais que l’anneau ne soit jamais venu à moi. Que rien de tout ceci ne se soit passé.

Gandhalf : Comme tous ceux qui vivent des heures si sombres. Mais ce n’est pas à eux d’en décider. Tout ce que nous avons à décider c’est quoi faire du temps qui nous est imparti. Il y a d’autres forces en action dans ce monde, Frodon, à part la volonté du mal. Bilbon était supposé trouver l’Anneau. Et puisque c’est le cas, tu étais également supposé le posséder. Et c’est une pensée encourageante »

Le Seigneur des Anneaux, Tolkien

 

Ma marge d’action est (once again, hé hé^^) à l’intérieur de moi : ma croyance, ma manière d’accueillir la souffrance extérieure, d’y répondre, de l’entretenir ou de la transformer. Au moment où je prends conscience de la cause première de ma souffrance (la séparation de ma poire), je récupère aussi la possibilité de poser une autre croyance, un autre choix. Je peux décider de me reconnecter avec ma moitié de poire originelle. Je peux décider de sculpter ma propre statue, décider de mettre mes ombres en lumière. Et une excellente manière de transmuter ses ombres en lumière, c’est… d’apprendre à s’émerveiller.^^

Vaëlban : J’en suis comme deux ronds de poire écrabouillés !°_°

Siècle : Je te comprends, c’est des trucs compliqués tout ça. T’inquiète pas, on va passer à des choses plus pragmatiques, à présent ! Pour reprendre tes mots, mon grand : à chaque fois que tu écoutes vraiment le chant d’un oiseau, que tu t’extasies sur la couleur de son plumage ou de la perfection avec laquelle il agence les branchages de son nid, tu es sur le chemin de l’Univers et tu te rapproches de toi. Tu vois, l’émerveillement te permet de sculpter ta propre statue. Il te permet aussi de générer de l’émulation. De te nourrir de matière positive, de t’abreuver de nectar de piou mis en bouteille. L’émerveillement te donne envie de continuer d’avancer, de voir la suite, de progresser. Un peu comme si tu te coachais toi-même sur le chemin de l’Univers.^^

Vaëlban : Allez, Vaël, tu peux le faire !!!

Siècle : Voilà.^^

Vaëlban : Je donne tout ce que j’ai là.

Siècle : Brave petit. La cerise sur le gâteau, c’est que plus tu t’émerveilles, plus tu vis, au quotidien, des moments où tu te sens bien, où tu te sens heureux, il y a donc un troisième effet Kiss Cool qui s’installe assez vite lorsque l’on apprend à s’émerveiller. Et ça fait du bien !

 

 « Kiss Cool, c’est frais, mais c’est pas grave »


Source

 

L’émerveillement : Comment ça marche sur le plan énergétique ?

Pfiiiouuuuu… ça dépote, tout ça !^^.

Courageux visiteur, je te file deux ou trois notions sur le fonctionnement de l’émerveillement et après on passe aux travaux pratiques. D’accord ? Tu te souviens de tes trois premiers coups de maillet (ceux qu’on a donné ensemble dans l’Atelier précédent) : la responsabilité envers soi-même, agir plutôt que subir, remplir son Lac ?

Pour s’émerveiller, on va avoir besoin des trois. S’émerveiller c’est remplir son Lac. Pour s’émerveiller, il est essentiel de savoir qu’on a le choix de ce que l’on sème à l’intérieur de soi, de ce qu’on cultive en positif ou en négatif. On reprend alors sa responsabilité en agissant dans le sens de l’émerveillement et non en subissant les ombres douillettement installées dans leur cocon d’habitude. Oui, je sais, ce n’est pas facile, elles sont tenaces, les coquines !

Vaëlban : J’en ai marre ! Pourquoi elles s’accrochent comme ça, ces ombres velues ? Je frotte, je passe la serpillère, je me concentre super fort pour voir le positif, mais j’y arrive pas ! Il y a des vagues entières de rancune et de fatigue qui me submergent la gueule jusqu’à plus soif ! C’est trop dur de faire pioupiou, en fait !

Siècle : Bah oui.

Vaëlban : Comment ça « bah oui » ? Tu fais pioupiou tout le temps, toi !

Siècle : Et tu croyais que c’était naturel, que ça faisait partie intégrante de ma petite personne et que je suis née comme ça ?

Vaëlban : Euh… bah oui.

Siècle : Bah non. En réalité, le Dieu des Pious, c’est la forme que j’ai choisi de donner à mon émerveillement quand j’ai commencé à le cultiver, il y a plusieurs années. Avant, je ne faisais pas pioupiou du tout. Je contemplais, le front noble et l’œil humide, la profondeur de mes abysses et les splendides ombres qui valsaient pour l’éternité sur l’océan de ma souffrance !

Vaëlban : Ah ouais… ça avait l’air sérieux, ton histoire. Classe, hein, mais…

Siècle : Déprimant ?

Vaëlban : Ouais, j’avoue.

Siècle : Un poil grandiloquent sur les bords ?

Vaëlban : C’est toi qui le dit !

Siècle : En effet. Tu veux un bonbon à la myrtille ?

 

Source

 

Vaëlban : Euh… Peut-être une prochaine fois ? ><

Siècle : A ta guise, mon grand. Tout ça pour dire que s’émerveiller, ce n’est (la plupart du temps) pas une capacité innée. La raison pour laquelle on a l’impression de s’engluer dans des tas d’ombres lourdes et pas pioupiou, c’est parce que, pendant des années, on a choisi d’entretenir son ressenti souffrant plutôt que son ressenti positif. On récolte les graines de centaines de moissons passées. Notre énergie se coule bien plus facilement dans le vieux sillon de trois mètres de profondeur plutôt que dans le nouveau chemin que l’on vient d’esquisser.

On sème pour aujourd’hui et demain. On récolte ce que l’on a semé hier et aujourd’hui. Forcément, au début, l’émerveillement nous parait factice, forcé, artificiel. C’est la réitération du geste émerveillé, c’est le fait d’arroser la graine du merveilleux tous les jours (qu’il vente, pleuve ou fasse soleil) qui va permettre à l’arbre de l’émerveillement de prendre racine à l’intérieur de nous. Grâce à la répétition et à la persévérance, l’énergie creuse un nouveau sillon qu’il nous sera de plus en plus facile d’emprunter au fil du temps et de préférer à l’ancien sillon.

 

On suit la règle des 3C : Création. Constance. Confiance.

  • Je crée un nouveau sillon, je plante la graine du merveilleux en moi.
  • Tous les jours, toutes les heures, toutes les secondes, constamment, je l’arrose.
  • J’y crois à cette graine, j’ai confiance en ce qu’elle m’apportera et en l’Univers qui me l’a confiée.

 

L’arbre du Merveilleux


Source – The Fountain

 

Apprendre à s’émerveiller

Ça va, cher visiteur ? Tu es toujours là ? (Je m’émerveille que tu sois toujours là.^^)

Vaëlban : Moi je suis toujours là en tout cas ! Ca y est, tu as fini de blablater ? On passe aux travaux pratiques ?

Siècle : Allons-y !

C’est quoi la technique ultime pour s’émerveiller ? Eh bien, il n’y en pas. Ou plutôt, il y en a un nombre infini. Le meilleur conseil qu’on pourrait donner à celui ou celle qui décide de semer l’émerveillement dans sa vie, c’est de fabriquer sa propre recette avec les ingrédients qui lui conviennent et de l’assaisonner avec sa propre sauce magique.

 

Use your imagination !

Source – ©Hook/Steven Spielberg

 

Déjà, un point à retenir (même si on n’arrivera pas à le mettre en application à chaque instant) : on peut s’émerveiller de tout, tout le temps. S’émerveiller de petites, moyennes et grandes choses. S’émerveiller, ce n’est pas être niais, naïf, ignorant des dures réalités du monde, c’est avoir la sagesse de balayer d’abord à l’intérieur de sa maison avant de balayer devant sa porte. C’est planter du bonheur pour soi et pour les autres. S’émerveiller, c’est prendre soin. Ce qui nous émerveille, ce qu’on aime, on a aussi envie de le protéger, de le partager.

 

Voilà quelques pistes d’émerveillement :

 

  • Se nourrir de la beauté du monde

Contempler la beauté et s’y attarder partout où elle frappe notre œil, notre oreille, nos papilles, nos sens, c’est une excellente manière de s’émerveiller. La beauté peut prendre bien des formes, peut conjuguer les sens, les savoirs-faire, la nature et la création de l’esprit. On peut la voir au coin de la rue, à travers la Toile, les images, les sons, l’art, le cosmos.

 

La nature est une source perpétuelle de beauté


Source

 

« There is a sunrise and a sunset every day and you can choose to be there for it. You can put yourself in the way of beauty »

(Wild, Jean-Marc Vallée)

 
(En en français, ça donne…)

« Chaque jour, le soleil se lève et le soleil se couche et tu peux choisir d’être là pour le contempler. Tu peux te placer sur le chemin de la beauté » »

(Wild, Jean-Marc Vallée)

 

On peut s’émerveiller de l’infiniment grand

Source : Nasa/APOD

 

S’émerveiller de l’infiniment petit


Source – Boîte de Petri

 

De la patte de l’homme dans la matière

Source – La Sagrada Familia

 

De la virtuosité scénique et musicale

La reine de la Nuit – Diana Damrau dans La Flute enchantée – Mozart
     

  • S’émerveiller à travers l’empathie

On accède aussi à l’émerveillement par le biais de l’empathie. Non pas l’émotion personnelle qui nous submerge, mais la capacité à se mettre en lien avec tout ce qui est. Un peu comme si le monde/les autres étaient une extension du soi, et qu’il y avait un peu de nous dans chaque être vivant.

L’empathie, la vibration de connexion entre les êtres, est la quintessence du merveilleux.

Se poser la question de la perception de l’autre. Voir en chacun le beau. Mettre en valeur ce qu’il y a de plus touchant chez lui, chez elle, c’est ennoblir, adouber le merveilleux dans sa propre vie et dans celles de ceux qui sont enluminés par le regard émerveillé.

 

Naissance et connexion

Source

 

Parfois, on entre en lien avec des émotions ancestrales, inexplicables par les mots, ou par la logique. Là encore, l’empathie est à l’oeuvre.

 

Les racines de l’émotion sont partout

Source
     

  • On peut aussi cultiver l’émerveillement par des exercices pratiques au quotidien

♥ – Remercier. Pour ce qui nous est donné de vivre. Les petites choses qui embellissent notre existence, mais aussi les épreuves douloureuses dont nous pouvons tirer des fruits. Plus on remercie, plus on arrose en soi un sentiment de reconnaissance qui pousse comme une fleur d’émerveillement. Remercier ou rendre grâce, cela semble très très simple comme geste. Mais le faire vraiment demande une grande volonté. Il s’agit d’un acte énergétique pourtant extrêmement puissant.

♦ – S’entraîner à voir le verre à demi-plein et non le verre à moitié vide dans toutes les situations que nous expérimentons. On peut, par exemple, s’exercer en tenant un cahier dans lequel on écrira 10 réalités de notre vie pour lesquelles nous sommes reconnaissants tous les matins.

♠ – Transformer ses habitudes. On peut choisir de se reprendre à chaque fois que l’on se plaint de quelque chose, changer ses mots, son vocabulaire, y introduire des notions joyeuses, lumineuses, légères.

♣ – S’amuser. Si tu veux retrouver tes lunettes d’enfant, Art Mella (une merveilleuse artiste, chercheuse d’eau et d’images ;-) ) propose un chouette exercice à faire sur son blog.

 

Les opportunités de s’émerveiller sont aussi nombreuses que les étoiles, cher visiteur, à toi de forger ton chemin entres les galaxies, si tu le souhaites ! Vers l’infini et au delà !

 

Lumière sur ta journée !

 

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Si cet article t’a intrigué, que tu as un peu de temps devant toi et que tu as envie de t’émerveiller (au travers d’une exploration périlleuse et renversante, je te préviens^^), je t’invite à emprunter d’autres paires de lunettes que les miennes et à regarder cette longue et magnifique vidéo sur la Conscience.

 

En Conscience

Source – Tistrya – Documentaire « En conscience »

 

 

Exercer sa créativité !

Cher visiteur, lumière sur ta journée !

Aujourd’hui, je vais babiller le temps d’un court article (une fois n’est pas coutume^^) au sujet de la créativité.

Comme tu peux le voir à t’en écarquiller les mirettes : création, acte créatif, créateurs de tous poils, créatures à lunettes et autre créa-choses prolifèrent librement sur ce blog. Ils en sont même l’objet principal. Que l’on parle d’écriture, d’œuvres d’art et d’initiatives créatives, ou de développement personnel, le fil rouge d’HSGT, le point commun entre ces différents sujets, c’est toujours l’acte créateur.

 

Devenir en créant !

Source

 

Pourquoi cette obsession pour la création, ma petite Siècle ? me diras-tu. Est-ce que tu gagnes une myrtille à chaque fois que tu places le terme créatif dans l’un de tes articles ? Pas exactement. Mais, euh… en fait si. En quelque sorte. L’Univers adore qu’on parle de création et il me récompense en myrtilles énergétiques. Merci Univers.^^

Hum. Entrons dans le vif du sujet. Pour amorcer cette réflexion, je vais utiliser une image, celle des journées-boucles et des journées-surprises. On y va ? Prêt, feu, partez !

 

Journées-boucles et journées-surprises

Dans la vie de chacun d’entre nous, il y a des journées-boucles et des journées-surprises. Les journées-boucles sont celles durant lesquelles nous répétons une routine quotidienne, des habitudes, des gestes automatiques. Lorsque nous observons, ultérieurement, cet ensemble de journées-boucles, notre mémoire nous fournit (avec papier cadeau en prime) une seule journée-souvenir ornée d’un gros ruban. Un peu comme si les événements vécus lors de ces différentes journées s’étaient contractés pour n’en former plus qu’un.
Si nous accumulons un grand nombre d’actions-boucles ou de journées-boucles, le temps accélère et nous avons souvent l’impression de nous faire dépasser par le train de la vie et de rester à quai. Immobile. Spectateur. Pas ultra agréable comme sensation, je te l’accorde volontiers.

 

Attendez-moi !°_°

Source

 

Ce qui va donner de la couleur, du mouvement, une délicieuse odeur de vivant à notre existence, ce sont les journées-surprises, celles qui rompent avec le quotidien de mille et une manières.

 

Comment génère-t-on une journée-surprise, par exemple ?

  • En partageant un moment important avec une personne (et je ne pense pas à un échange du type : « tu as pensé à acheter du pain, ce matin ? Non, la boulangerie était encore fermée ! Décidément, ça devient une habitude, ils feraient mieux d’ouvrir un magasin d’origamis à la place ! » Là, on est dans un échange-boucle).
  • En se détachant suffisamment de l’habitude pour s’émerveiller de ce qui nous entoure et de ce que nous vivons. On reviendra plus en détail sur la notion d’émerveillement dans l’Atelier des sculpteurs au prochain article.
  • En vivant des événements nouveaux, imprévus ou qui nous engagent en profondeur, qui nous demandent d’improviser, de sortir de notre zone de confort, de prendre des décisions. Typiquement, quand je pars en voyage (au hasard^^), chaque journée diffère de celle d’avant, je parle à de nouvelles personnes, mon environnement varie, suscitant des réflexions inattendues, un expérientiel unique.

 

Les journées-surprises sont comme des cadeaux : une expérience de plus dans le sablier du temps !


Source

 

Géant ! t’enthousiasmes-tu. Je signe tout de suite pour des journées-surprises à gogo ! Avec plaisir, cher visiteur, pioche donc une paire de lunettes en forme de paquet cadeau dans le chapeau d’allégeance ! Tu commences à me connaître alors je suis certain que tu sais ce que je m’apprête à te dire : il t’appartient de vivre une journée-boucle ou une journée-surprise, c’est à toi de choisir. ;-)

Oui mais, contestes-tu encore, je n’ai pas la possibilité de partir en voyage, les conversations passionnantes, encore faut-il les dénicher… et une baguette de pain me serait bien plus utile qu’un origami ! Si je signe, il est où mon ingrédient magique ?

Le veux-tu, le voilà ! L’ingrédient magique, celui ce qui différencie les journées-boucles des journées-surprises, c’est… taratataaaaaaam… l’acte créatif ! (Je t’ai pris par surprise, là, avoue !^^)

Oui, parce que créer, ce n’est pas seulement créer « une œuvre », c’est aussi créer une situation, un projet, une relation. Trouver des solutions. C’est innover, improviser, imaginer, élucubrer, inventer. Lorsque nous nous mettons en « mode créatif », nous basculons du même coup en mode conscient, éveillé, actif. Nous réveillons la part de nous-même (semi-comateuse, à force de répéter en boucle °_°) qui veut le mouvement, l’inattendu, l’expérience, qui veut apprendre. Nous l’aiguisons, nous la défions d’échafauder, de projeter, d’assembler, de concevoir. Nous la libérons de son carcan d’habitude. Or, cette part de nous en meurt (et pas que littéralement) d’envie car son essence, c’est justement de créer. De créer dans le monde et de se créer elle-même au passage.

Lorsque je vis des journées-surprises, j’ai l’impression que le temps s’étire et ma mémoire me restitue, au final, plusieurs journées-souvenirs enrubannées au lieu d’une seule. Créer, c’est vivre deux fois (ou plus), à travers un rapport au temps différent d’une part, et à travers la multiplication (et non la répétition) des expériences que nous faisons, d’autre part.

 

Créer, c’est vivre deux fois


Source

 

Il est où le piège ?

Si c’est si facile de créer, si c’est un besoin, pourquoi ne déployons nous pas notre créativité à tous les vents tel le cerf-volant moyen ? Nous sommes ralentis par notre environnement, nous sommes arrêtés par nos peurs.

Prenons un exemple très concret d’environnement qui peut brider la créativité : la systématisation et l’automatisation des tâches. La vie d’entreprise simplifie, réglemente, sectorise le travail dans un objectif d’efficacité. Si de nombreuses personnes sont malheureuses ou peu motivées par leur quotidien professionnel, c’est parce que celui-ci a été vidé de toute part créative, de la responsabilité personnelle d’innovation, de l’opportunité de concocter des solutions, d’inventer des projets. L’effet pervers de cette situation, c’est que l’entreprise qui fonctionne ainsi se prive de la richesse créative de ses membres qui perdent leur motivation à s’investir dans les tâches quotidiennes… désormais vidées de sens/d’essence. Bien entendu, ce n’est pas une généralité et il y a des entreprises tout à fait créatives, au demeurant. 

La vraie raison, celle qui nous fige, prend toujours racine au même endroit : la peur. Nous avons souvent peur de devenir créateur, peur de créer, car nous craignons de chuter, de ne pas être à la hauteur de nos propres espérances, ou devrais-je dire de nos propres exigences. Nous craignons de nous perdre en chemin, de devenir autre. Et cette peur nous paralyse. Si nous acceptons la responsabilité de notre créativité, nous acceptons aussi le pouvoir qui va avec et ce que nous en faisons, ou n’en faisons pas… ;-) Je ne développe pas davantage ce point ici car j’en ai déjà parlé en détail le mois dernier dans l’Atelier Univers.

 

Ouverture

Sur le long terme, l’acte créateur nous offre un grand nombre de journées-surprises, il nous offre du temps, il nous abreuve de sens.
Lorsque nous créons, nous sommes plus vivants, nous vibrons davantage. Nous sommes plus heureux aussi. Nous nous nourrissons, nous nous transformons, nous nous renouvelons. Nous libérons notre image in air pour aller à la rencontre de nous-même.
C’est pourquoi, saisir toute occasion de créer, petite et grande, sur le court, le moyen et le long terme mène à l’épanouissement. C’est pourquoi, à titre personnel, je me crée l’occasion de créer (des articles) en créant un blog où l’on parle de création. Par exemple.

 

Et hop !^^


Source

 

Et toi, cher visiteur, crées-tu tes propres portes ?°_°

Et si on empruntait les lunettes de… Cindy Van Wilder !

 

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Cher visiteur, je te salue !

Aujourd’hui, je suis joie, car je reçois pour la première fois d’autres paires de lunettes que les miennes sur HSGT – et quelles paires de lunettes ! Accroche-toi à tes moustaches, prépare-toi à rencontrer la seule, l’unique, la merveilleuse Cindy Van Wilder.

 

Cindy Van Wilder

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Source : Cindy Van Wilder

 

Qui est Cindy Van Wilder ? Question facile. Une auteur de talent à la plume à la fois aiguisée et enchanteresse. Cindy n’a pas peur d’oser. Dans ses romans, elle explore plus d’un univers, des thèmes durs et sensibles, et des ambiances où le merveilleux et le parfois grandiose se mêlent au vulnérable, à l’intime, au caché. Les ombres de l’être affleurent dans ses personnages qui combattent pour leur droit d’exister. Il y a de la poésie dans ses mots, celle de la plume, mais aussi celle du cœur ouvert.

Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous invite à découvrir la trilogie des Outrepasseurs parue chez Gulfstream et dont le premier tome, Les Héritiers, a remporté le prix des Imaginales 2014 (catégorie jeunesse). Cindy est également l’auteur de Memorex, un thriller haletant et sans concessions, paru chez Gulfstream en 2016.

 

Les Outrepasseurs, tome 1 et 2 !

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Source : Cindy Van Wilder et Gulfstream

 

Parce que nous sommes chanceux, en 2017, Cindy publiera deux nouveaux romans : Ferenusia, spin off de la série des Outrepasseurs qui a des furieuses allures de tome 4, là aussi aux éditions Gulfstream. Et son dernier projet contemporain que j’attends, pour tout vous dire, avec grande impatience : Ce soir, le ciel nous appartient, cette fois-ci aux éditions Scrineo.

 

Le Libérateur

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Source : Cindy Van Wilder et Gulfstream

 

Maintenant que te voilà préparé à la rencontre qui se profile, cher visiteur, je chausse mes lunettes en forme de cœur pour accueillir Cindy.

*La voilà qui entre dans mon royaume de son pas fier et altier.*

Siècle : Bonjour Cindy ! Merci de nous prêter tes lunettes le temps d’une interview !

Cindy : Avec grand plaisir :)

Siècle : Je vais commencer par te poser une question de base. Simple formalité indolore (ou presque), ne t’inquiète pas ! Qui es-tu et à quoi ressemble ta paire de lunettes, celle à travers laquelle tu regardes le monde ?

Cindy : Je suis une rêveuse, qui n’a pas pour autant oublié ses pieds sur terre. Mes lunettes ne sont ni roses, ni noires, un mélange de blanc (pour l’écoute envers les autres) et de gris (pour respecter toute la nuance du réel autour de nous). Mes verres ne sont ni carrés ni ronds, mais un large rectangle pour absorber le plus possible. :)

Siècle : Une réponse comme je les aime ! C’est un plaisir d’emprunter tes lunettes panoramiques pour plonger dans ton univers. Entrons dans le coeur du sujet. Te souviens-tu de la première fois où tu as eu le sentiment de « vraiment écrire » une histoire jusqu’au bout (même un texte très court) ?

Cindy : Bonne question… J’ai eu ce sentiment, non pas sur un texte fini, mais sur des passages du premier « vrai » roman dans lequel je me suis investie, à savoir donc le Tome 1 des Outrepasseurs. J’ai l’habitude de comparer ces moments, où tout semble couler de source, où il n’y a plus que le texte qui compte, à des moments de transe. Et c’est vraiment ce que j’ai ressenti sur ce roman. Après, il y a toujours des jours sans, des moments où tu batailles avec les mots, avec toi-même aussi – tu voudrais exprimer tellement de choses mais tu ne trouves pas la manière, tout te semble bancal. Donc, quand ces moments de grâce arrivent, hé bien, tu en profites à fond (et tu les gardes en mémoire pour plus tard – la preuve que oui, tu peux écrire).

Siècle : Il est vrai que les jours derrière le clavier ne se ressemblent pas et qu’il est précieux de garder en tête qu’on a pu écrire et qu’on le pourra encore. Dis-moi, le premier jet des Outrepasseurs, c’était il y a combien de temps ?

Cindy : Le NaNo 2008 ! Et oui, ça remonte quand même !

Siècle : Je suis curieuse (ça n’étonnera personne) : de quoi parlait ton texte lors de ces moments de grâce ?

Cindy : ZE bonne question ^^ Je pense qu’il devait s’agir du premier passage où le Chasseur apparaît, la première fois où je me suis dit que j’allais peut-être réussir à trouver la voix de ce personnage disons tellement controversé. ^^

 

Controversé un peu comme ça ?

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Source –  ©Susan Seddon Boulet

 

*Cher visiteur, notre interview est momentanément interrompue par l’irruption d’un invité inattendu*

« Votre naissance se déroule dans les cris de douleur et le sang. Vous, mortels, ne connaissez pas d’autre manière de venir au monde. Vous êtes des créatures si étranges. Si fascinantes également. Vous n’osez croiser mon regard : vous mettrait-il mal à l’aise ? Ressaisissez-vous ! Mon histoire débute à peine. En plein cœur de Féerie, quand cette dernière régnait encore sur la terre. Alors que vos ancêtres se dressaient sur leurs jambes chancelantes, encore à moitié animaux, les miens chantaient et dansaient sous le regard bienveillant des dieux d’antan. Nous étions beaux, forts et puissants. Nous avions l’éternité devant nous et le monde nous appartenait. Du moins l’avons nous cru. »

(Le Chasseur dans… les Outrepasseurs, Tome 3, Le Libérateur, Chapitre 2)

*Hum, il semblerait que notre invité se soit évaporé de son propre chef. Tant mieux, il n’a pas l’air commode. Bref, reprenons.*

 

Siècle : Tu nous en dis un poil plus sur ce personnage controversé ? Pourquoi est-il si spécial à tes yeux ?

Cindy : D’abord parce qu’il est aux antipodes de ce que je suis ou encore de ce que je pouvais me représenter comme personnage. Il est cruel, il n’écoute que ses désirs, ses impulsions, c’est quelqu’un qui se fiche de blesser les autres tant que lui obtient ce qu’il veut. Ce qui était intéressant, c’est de voir son évolution, comment le lien qu’il développe avec X (je ne vais pas le mentionner sous peine de spoiler) le transforme lui aussi. Y’a un côté « rédemption de bad boy » même si le Chasseur est réellement un criminel. Après, c’est aussi un éternel malheureux, une âme en peine. Ce qui est surtout visible sur l’évolution de la saga. Au final, je ne sais pas lequel des deux, de moi ou de lui, s’avère le plus cruel ! :)

 

*L’air se rafraichit, le vent souffle, un rire malveillant s’immisce dans ma conversation avec Cindy. Ah non, pas encore !*

« La curiosité brille dans vos yeux. Vous vous demandez de quelle manière ma chute s’est produite. Quand ai-je quitté les miens et n’ai-je plus jamais regardé en arrière ? Quand je suis devenu ce que je suis, à présent : un prédateur sans pitié, un monstre ? Je devine vos suppositions, les hypothèses que vous élaborez dans votre petit crâne de mortel. Votre appétit s’aiguise, votre satisfaction aussi. Chère petite âme, comme vous brûlez de connaître ma déchéance ! Vous permettra-t-elle de mieux supporter votre vie misérable et dénuée d’intérêt ? Vous endormirez-vous mieux le soir en pensant à moi ? Comme c’est touchant ! Vous vous en défendez, bien entendu. Vous n’êtes pas de ce bois-là. Silence ! Sinon, je mettrai un terme définitif à votre hypocrisie. Souvenez-vous que je suis un être amoral. Et dangereux. »

(Le Chasseur dans… les Outrepasseurs, Tome 3, Le Libérateur, Chapitre 7)

*Un origami ensorcelé ou deux, et la présence magnétique s’évapore. Pfiouuuu ! Sacré gaillard, tout de même !°_°*

 

Siècle : Un personnage savoureux, ce Chasseur. On en redemanderait presque au dessert…

 

Et comme ça… controversé ? °_°

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Source –  ©Susan Seddon Boulet

 

Siècle : Hum. Revenons à nos fés, pardon, à notre interview. Pourquoi as-tu commencé à écrire et pourquoi écris-tu aujourd’hui ? Est-ce que tes motivations ont changé entre ta première histoire et celle sur laquelle tu travailles actuellement ?

Cindy : Je ne dirais pas qu’elles ont changé, mais elles se sont certainement affinées. Je pense qu’on écrit d’abord pour soi (cliché mais vrai). Pour cette voix qui nous susurre à l’oreille, ces images qui s’imposent à nous, ce fourmillement dans les doigts. Pour le plaisir de voir les personnages, qui nous sont à la fois tellement familiers et étrangers, apparaître.

Ensuite, écrire pour les autres, c’est un choix. Perso, je l’ai fait très vite, je voulais partager mes histoires avec d’autres, c’était un besoin. Comme disent les anglophones : no man is an island. Le mythe de l’écrivain seul dans sa tour d’ivoire, je n’y ai jamais cru. Et dans ce cadre, je n’aurais pas pu mieux tomber que sur CoCyclics.

Siècle : Quand tu dis que c’était un besoin, tu peux préciser ?

Cindy : Besoin de voir les réactions des autres, de se dire que peut-être tu parviens à les distraire, les tenir en haleine, les faire rêver. Et à présent, dans le monde où nous vivons aujourd’hui, j’ai aussi pris conscience de voix qui ne sont pas toujours entendues, mais qui sont bel et bien là. Qui existent. Des voix qui ressemblent parfois à la mienne, parfois pas du tout. Mais tout ce qu’elles ont à dire m’intéresse. Et c’est un travail conscient de ma part de les inclure dans mes histoires autant que je peux.

Siècle : Ah, je suis bien aise que tu ailles dans cette direction là… parce que justement, je voulais t’en parler, de ces voix.^^ J’ai lu tes romans (avec grand plaisir), et cela fait un petit moment que je suis ce qui se passe sur ton blog. Je voudrais m’arrêter sur une question spécifique qui revient souvent dans tes posts. Celle de l’identité. Et plus spécifiquement de l’identité en souffrance, en recherche, et confrontée au regard pas toujours bienveillant des autres. Un sujet que tu as déjà évoqué sur les réseaux, au travers de tes chroniques pour des romans LGBTQIA+ et par le biais de tes personnages et de leurs dilemmes. Tu veux bien nous expliquer pourquoi c’est un thème important pour toi ?

 

Memorex

Adobe Photoshop PDF

Source : Cindy Van Wilder et Gulfstream

 

Cindy : On dit souvent que l’auteur, par le jeu de l’écriture, par le truchement de ses personnages, se cherche soi-même. Dans mon cas, je n’avais pas mesuré à quel point c’est vrai. On se cherche toujours un peu. On se retrouve aussi dans ce qu’on écrit (et c’est parfois même dérangeant de voir à quel point c’est vrai).

Je me suis rendue compte aussi que, depuis quelque temps, j’avais envie de m’ouvrir à d’autres thématiques, d’autres questions qui m’ont toujours attirée plus ou moins inconsciemment. La question de l’identité de genre, de la manière dont on se définit, envers soi et les autres, en fait partie. Et le large spectre que j’ai pu découvrir par ce biais me fascine.

Je parlais de voix tout à l’heure, j’évoquais mes lunettes aux teintes de gris, ce qui reflète justement, à mon sens, la diversité qui existe autour de nous. Une diversité malheureusement encore trop niée au profit de la seule vision que nous impose notre société – hétéro, blanche, cisgenre. Et c’est d’autant plus toxique qu’on nous l’impose dès l’enfance, avant même que nous n’ayons conscience que la réalité, elle, se décline dans une large palette de mots et de couleurs (comme, par exemple, le Rainbow Flag). Donc oui, c’est quelque chose qui me touche, qui me concerne et dont j’entends bien poursuivre l’exploration notamment dans mes écrits.

Siècle : Merci de ta longue réponse. Pour préciser un peu ton point de vue, je me demandais quel rôle peut avoir, d’après toi, le créateur et ici l’écrivain sur ces sujets douloureux ?

Cindy : Pour moi, l’acte d’écrire est aussi militant. Un mot qui peut faire peur, mais qui décrit aussi une réalité. Que nous en ayons conscience ou pas nous transmettons des messages dans nos romans. Nous reflétons notre univers, nos référents. Et dans ce sens, je pense que l’écrivain, surtout quand il écrit en YA (pour un public Young Adult), ce qui est mon cas, peut aussi offrir à ses lecteurs une autre vision que celle qu’on peut leur offrir habituellement. Il/Elle peut leur dire « Je vous entends, je vous vois, vous faites partie de mon monde également ». Et c’est un message très précieux à transmettre, surtout maintenant.

Siècle : Je te remercie beaucoup de partager ta vision avec nous, Cindy. Tu nous montres bien de quelle manière l’écrivain peut (s’il en fait le choix) dégringoler de sa tour d’ivoire pour se retrouver au coeur du réel. Et qu’il choisit, au fond, de qui ou de quoi il se fait le porte parole.

Cindy : C’est moi qui te remercie de me poser cette question et de m’offrir cet espace pour m’exprimer !

 

*Siècle sort un mouchoir avec discrétion pour tapoter les verres de ses lunettes en forme de cœur.*

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Source

 

Siècle : Y a-t-il d’autres thèmes qui te tiennent à coeur et que tu souhaites aborder dans tes romans (d’aujourd’hui et de demain) ?

Cindy : Oh, je pense que les thèmes à explorer sont impossibles à recenser ! Tellement riches, tellement nombreux, et je suis certaine que je ne suis qu’au début de mon cheminement dans ce cadre.

Siècle : Une petite souris m’a d’ailleurs chuchoté à l’oreille que ton #NouveauRoman allait adopter une paire de lunettes bien particulière : celle de personnages qui se cachent d’ordinaire dans les coulisses. Tu veux bien nous en dire un peu plus ?

Cindy : Ah je vois que tu as de très bons informateurs. :D Donc oui, #NouveauRoman, dont le titre provisoire est Ce soir, le ciel nous appartient, va avoir comme fil rouge l’apparence physique. Comme je le disais dans sa vidéo d’intro, mes deux personnages principaux seront gros – ou du moins, ils se percevront comme tels. Et sans spoiler, je peux dire qu’il ne sera en aucun cas question de régime pour eux :D comme ce que l’on voit encore bien trop souvent dès que ce thème est abordé dans les fictions.

 

Ce soir, le ciel nous appartient – Présentation

Source : Cindy Van Wilder – Chaîne Youtube

 

Le message principal de ce roman, c’est vraiment l’acceptation de soi, le body positivity, même si on ne correspond pas aux normes. Bien entendu, j’aborderai aussi d’autres thématiques, et pas toujours liées à l’apparence physique, mais ce thème me tenait particulièrement à coeur. Et surtout pour du Young Adult !

Siècle : En effet, on rejoint bien là ce que tu nous disais plus haut sur le rôle de l’écrivain qui peut choisir de dire « je vous entends et vous faites partie de mon monde également » à des personnes qui se sentent exclues des spotlights et des normes sociales.

Cindy : Exactement.

Siècle : La question traditionnelle que tu attends et à laquelle tu n’échapperas pas : aurais-tu un conseil à donner aux écrivains en herbe ?

Cindy : Les trois que je donne d’habitude en fait. :)

Primo : écrire. Ecrire, écrire, et écrire. Il ne faut pas croire que ce qu’on nomme talent nous tombe tout cuit dans le bec ou que l’inspiration divine va un jour nous apparaître – la réalité de l’écriture est plus prosaïque. C’est en écrivant qu’on devient écrivain.

Donc au taf !

 

Adoptez la Kawaii Keyboard attitude !

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Source

 

Secundo – lire. Développer son sens critique, sa curiosité culturelle, et lire de tout – sortir de sa zone de confort, explorer d’autres horizons.

Tertio enfin – ne pas rester dans sa tour d’ivoire ! Au contraire – avoir autour de soi des gens qui partagent la même passion, le même intérêt ne peut qu’être bénéfique. Pour se soutenir, pour s’entraider, pour se relire aussi. Je sais que je ne suis pas arrivée là sans avoir pu compter sur le soutien de ceux et celles qui me donnent encore de l’énergie à présent.

Siècle : Des conseils à graver dans le marbre, merci Cindy ! Une dernière question pour la route. En fait, c’est plutôt un jeu. Je te donne deux ou trois mots et tu me dis en une (seule) phrase spontanée (sans trop réfléchir), ce que cette expression ou ce nom t’évoque. Tu es partante ?

Cindy : A fond !

Siècle : Alors, c’est parti !^^ Si te te dis : murène à poils longs ?

Cindy : Mon chat, qui est quand même vachement plus gentil qu’une murène ! :D

Siècle : Elliot Wake ?

Cindy : Un auteur qui est définitivement entré dans mon panthéon personnel – lisez Black Iris !!!!

Siècle : Le mot le plus important ?

Cindy : Liberté.

Siècle : Merveilleux. Un immense merci pour nous avoir prêté ta paire de lunettes panoramique, ma chère Cindy. Heart Shaped Glasses Theory te remet solennellement une cassette en bois comprenant les items suivants : des lunettes en forme de coeur, une paire de (super) chaussettes dépareillées et un sachet de myrtilles fraîches.

Cindy : J’adore ! Et miam !

 

Je sais, c’est tellement beau…

Blueberries

Source

 

*Je raccompagne Cindy jusqu’à la porte en sautillant. Elle croule sous le poids d’un sac de myrtilles de 15 kilos, ce qui me satisfait au plus haut point. Il n’est pas dit que la myrtille ne vaincra pas, j’en fais une affaire personnelle ! Le portail de mon royaume se referme derrière elle.*

 

Nous voilà déjà à la fin de cet article, c’est que le temps passe vite en si charmante compagnie.

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Pour suivre les aventures de Cindy Van Wilder, ça se passe par ici :

Cindy Van Wilder – Site officiel
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Cindy van Wilder – Chaîne youtube
Cindy Van Wilder – Twitter

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Le mois prochain, cher visiteur, ce n’est pas une mais trente paires de lunettes qui débouleront sur ce blog !

 

Accroche-toi à tes mirettes, ça va swinguer !