La lune est à nous, un roman de Cindy Van Wilder

La lune est à nous

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Titre : La lune est à nous

Autrice : Cindy Van Wilder

Genre : Contemporain

Date de parution : 14 septembre 2017

Éditeur : Scrinéo

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Quatrième de couverture : « Max et Olivia n’ont pas grand-chose en commun. Max, solitaire et complexé, peine à s’intégrer dans son nouveau lycée. Olivia, sociable et hyperactive, vient d’être recrutée par la très populaire chaîne YouTube « Les Trois Grâces » et s’investit dans le milieu associatif. Ils n’ont rien en commun, si ce n’est qu’ils sont en surpoids, et que le monde le leur fait bien payer. Lorsqu’ils se rencontrent, ils se comprennent instantanément. Et décident de réagir – chacun à sa manière. L’habit ne fait pas le moine, dit-on… Ni Max ni Olivia ne s’attend aux défis qu’ils vont rencontrer. Et si l’aiguille de la balance n’était pas le seul challenge ? Et s’il était possible de décrocher la lune, même après être tombé à terre… ? »

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Mon avis : Ah, ce roman est un vent de fraîcheur, mais un vent qui claque bien comme il faut ! Avec La lune est à nous, Cindy Van Wilder réussit à concocter une histoire extrêmement positive tout en abordant des thématiques de fond difficiles telles que le harcèlement, le body shaming ou encore la délicate question de la construction/l’acceptation identitaire. Embarquée par les deux personnages principaux, Olive et Max, j’ai dévoré leur histoire en une journée et j’en reste toute émue. Je confesse, au passage, une tendresse immodérée pour Olive, exubérante, authentique et merveilleuse qui nous entraîne de manière irrésistible dans son ascension jusqu’à la lune (et au-delà, très certainement).

J’ai particulièrement accroché à la manière dont l’autrice a travaillé ses personnages, tous, mais je m’attarde ici sur les protagonistes principaux. Olive et Max, dit Bouboule, sont très très chouettes pour plusieurs raisons : déjà, ils sont réalistes (et crédibles) dans leurs ressentis, leurs actions, leurs difficultés. On a l’impression qu’on pourrait les rencontrer, là, dehors, en allant acheter du pain. S’ils sont réalistes, ils sont aussi hors-normes. Non seulement, Olive et Max sont gros, mais leur orientation sexuelle se démarque également des schémas traditionnels. Enfin et surtout, ce sont des personnages forts (malgré les grandes phases de vulnérabilité qu’ils traversent), des personnages qui ont la volonté de s’assumer complètement, voire de croquer la vie à pleine dents. Ils revendiquent leur authenticité, leur légitimité à être exactement qui ils sont, tels qu’ils sont, sans régime au programme, sans s’excuser d’exister, sans se cacher du soleil d’été, des bikinis rouges ou des projecteurs de la scène.

Amalgame magique que cette combinaison « personnages accessibles + hors normes + légitimes au bonheur » que nous offre ici Cindy Van Wilder – un amalgame qui dit clairement que chacun-e, quel qu’il ou elle soit, a le droit à la première place dans sa propre vie, a le droit de s’aimer, d’être aimé, de rayonner, de vivre. On a besoin de lire des histoires comme celle-là !

Il y a de nombreux éléments sur lesquels s’arrêter dans ce roman. Mais je voudrais en évoquer un en particulier : le harcèlement. Olivia est harcelée et moquée en raison de son apparence (et aussi de sa décision de ne pas se cacher). L’autrice nous montre avec une grande justesse la palette de phases  émotionnelles que va traverser Olivia, mais aussi les réactions variées des personnes qui l’entourent (famille, abonné-e-s à son compte Instagram, ami-e-s proches, ou encore ceux qui cherchent à la faire tomber). C’est à la fois fascinant et interpellant de découvrir ce faisceau de réactions évolutives qui entourent Olive. Chaque réaction compte et ajoute une nuance différente à son ressenti. Impossible de rester indifférent, de ne pas faire le lien entre la personne « en ligne » et la personne « réelle ». Nous sommes mis en face de notre propre responsabilité, humaine et bienveillante, lorsque nous postons, commentons, réagissons sur la Toile. Merci à Olive pour ça. <3

Le Grand Oeil Who Vert te parle…

Ce roman est une lecture marquante car j’ai adoré :

♣ – La relation entre Max et Olivia, la manière dont ils se « reconnaissent », dont ils s’apprivoisent, dont ils ne cessent de s’entraider, d’être le miroir positif de l’autre.

♥ – La galerie des personnages secondaires, une grande force du roman, avec une richesse, une diversité identitaire très appréciable. On y ressent ce bonheur d’être ensemble et combien l’amitié est nécessaire à leurs chemins respectifs, combien c’est un soutien précieux.

♦ – La finesse d’appréhension du monde des réseaux sociaux et de la manière dont ils vont impacter (en bien, comme en mal) les personnes qui s’y investissent.

– La scène où un personnage que je ne nommerai pas voit danser un deuxième personnage que je ne nommerai pas non plus sur une musique… dont je ne dirai rien ! Se dégage une grâce féroce et fragile de ce personnage qui danse et se révèle. J’adore cette scène.

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