Astrographe – Conversations avec Dieu

 

Hello hello, cher visiteur,

Que tes pensées soient rayonnantes et tes rêves délicieux !

 

Aujourd’hui, dans l’Astrographe du merveilleux, je voudrais te parler d’un ouvrage très spécial et qui tient lieu de livre de chevet à de nombreux troubadours sur la route de l’Univers.

Il s’agit de la trilogie de Neale Donald Walsch : Conversations avec Dieu. Cette trilogie aurait tout aussi bien pu s’intituler : Conversations avec la Source, Conversations avec la Vie, Conversations avec ma part divine ou encore Conversations avec l’Univers, mais au moment où Neale rédige son ouvrage, son référentiel principal est le prisme chrétien d’où l’utilisation du mot « Dieu ».

 

Conversations avec Dieu

Source

 

Cette trilogie se présente sous la forme d’un dialogue entre Neale et son interlocuteur divin, dialogue qui commence dans les conditions suivantes :

« Neale Donald Walsch approche la cinquantaine et fait le bilan de sa vie : il vient de perdre son travail, ses mariages se sont soldés par des échecs et sa santé est défaillante. Pris de colère, il écrit une lettre pleine de doutes à Dieu. Et là, le miracle se produit.  «Dieu» lui répond de façon claire et compréhensible. Un entretien qui durera plusieurs années, où les questions les plus intimes et les plus énigmatiques trouveront réponse : pourquoi suis-je si malheureux ? Pourquoi l’homme doit-il souffrir ? Qu’est-ce que le bien et le mal ?

Constitué de trois tomes indissociables, Conversations avec Dieu aborde des sujets essentiels comme l’amour, le bien et le mal, la sexualité, la politique, les guerres, l’éducation…, et éclaire d’un jour nouveau les injustices, les inégalités et les jeux de pouvoir qui divisent les hommes depuis la nuit des temps. »

Conversations avec Dieu n’est pas un ouvrage religieux, ou dogmatique. Au contraire, c’est un livre qui invite à se questionner, à rechercher sa propre vérité, un livre qui nous propose des éclairages époustouflants sur le sens de la vie, du monde, de ce que nous expérimentons et des raisons pour lesquelles nous choisissons de l’expérimenter. On peut, bien entendu, percevoir ce texte comme une réflexion à haute teneur spirituelle (ce qu’il est), mais aussi comme une paire de lunettes qui invite au cheminement personnel, à la découverte de soi. Une paire de lunettes qui nous interroge (pas toujours de manière agréable, mais toujours de manière renversante°_°) sur ce que nous vivons, ce que nous voulons vraiment et l’adéquation ou l’inadéquation (vis-à-vis de nous-même) avec laquelle nous menons notre vie.

Pour rédiger ce texte, Neale a recours à l’écriture automatique. Il pose une question. « Dieu » répond. J’imagine que ce processus peut te paraître déroutant, mon cher visiteur, un peu bizarre sur les bords même. Et pourtant. La voix de Neale n’est pas la même que celle de son interlocuteur, c’est clair comme ciel. Mais je t’invite à ne pas me croire sur parole et à te faire une idée par toi-même. Le jeu en vaut la chandelle, et plutôt mille fois qu’une.

 

D’une chandelle à l’autre…

Source

 

Voilà une petite liste des raisons pour lesquelles découvrir Conversations avec Dieu a été/est pour moi un cadeau méga-magique de l’Univers (merci Univers !^^) :

♥ – La voix de « Dieu » est fluide, limpide. Evidente. Elle résonne avec une justesse incroyable à mon oreille de chercheuse d’eau, elle « met en lumière » des intuitions que j’avais depuis longtemps avec une limpidité absolue. Et pourtant, on touche parfois à des concepts philosophico-métaphysiques de haute volée.

♥ – Les doutes, la colère, les souffrances exprimés par Neale débordent d’humanité, de l’envie de faire mieux, de trouver du sens, de combattre les injustices. Les épreuves qu’il rencontre ont un caractère universel. On s’y retrouve totalement. Et les réponses que propose Dieu ouvrent des portes pour vivre autrement, comprendre et transformer nos problèmes et en faire des flamants roses danseurs de flamenco, ou quelque chose dans ce goût-là. Comme j’aime à le répéter : ce n’est pas un problème, c’est une opportunité sacrément bien masquée.

♥ – Lire Conversations avec Dieu dès que je rencontre une question, un embranchement, une difficulté m’aide à me recentrer, à trouver l’apaisement, à me poser la question de ce que je veux vraiment, et à choisir, à m’aligner (voire me ré-ré-ré-ré-ré-ré-aligner) avec moi-même en conséquence.

♥ – Dans Conversations avec Dieu, l’Univers nous dit (je reformule l’idée ici) : « à chaque instant de ta vie, il t’appartient de poser ton allégeance, de piocher ta paire de lunettes, d’arroser et de planter la graine de « qui tu veux être », il t’appartient de choisir. Tout est entre tes mains. Et si tu veux aller à la rencontre de ta part divine, du toi véritable, il n’y a qu’une seule règle, il n’y a qu’une seule question à te poser, à chaque seconde : que ferait l’Amour, ici ? »

 

Oui, même les flamants roses dansent le flamenco !^^

Source

 

 Les questions abordées dans cette trilogie couvrent un vaste panel.

On commence par l’angle personnel, individuel même : pourquoi je souffre (physiquement, psychologiquement, spirituellement) ? Comment fonctionnent les relations humaines et pourquoi échouent-elles ou sont-elles cause de souffrance ? (c’est une question très importante pour Neale et on y reviendra plusieurs fois). Pourquoi je n’arrive pas à créer l’abondance financière que j’espère ?

Deuxième angle : on s’intéresse à des questions morales : le bien et le mal, la vie et la mort. A des questions sociales, politiques, économiques, écologiques, structurelles (dans le tome 2, « Dieu » répond concrètement à ces questions et propose des solutions pragmatiques aux maux de la société, c’est juste passionnant à lire).

Troisième angle  : on aborde la nature métaphysique de l’Univers (un sujet quelque peu vertigineux^^). Pourquoi sommes-nous là ? Que sommes-nous ? Quelle est la nature de ce qu’on appelle « Dieu » ou l’Univers ? Et comment fonctionne une société d’êtres hautement évolués ? (Ce que nous ne sommes pas. Nous sommes une société primitive au niveau de la conscience).

Dernier point, et je m’arrête là : le premier tome de cette trilogie compte 20 années bien sonnées et, pourtant, son contenu est tout à fait d’actualité. On parle aujourd’hui d’élargissement, de basculement, de grand changement, d’ascension, d’éveil de la conscience, et c’est bien à ce phénomène extraordinaire que cette trilogie se consacre.

 

+++

 

Si tu as envie d’en découvrir un peu plus sur le phénomène d’éveil de conscience, je te propose de regarder la vidéo-témoignage de Christophe Allain, clairvoyant et chercheur en Spiritualité ayant expérimenté un éveil de Kundalini/conscience et qui partage son expérience avec une clarté merveilleuse. Sans surprise, il y a des liens étroits entre ce qu’il nous raconte ici et l’ouvrage de Neale Donald Walsch. ;-)

 

Christophe Allain – Un éveil de conscience

Source

 

Lumière sur ta journée !

Une étoile de plus dans l’Astrographe – Deuxième mise au point

 

createurs-astrographe

Honorable visiteur, mes hommages !

 

Aujourd’hui, court article chez les créateurs de tous poils ! Je dépose une étoile supplémentaire dans l’Astrographe, mais pas n’importe laquelle ! Cette étoile, c’est une nébuleuse qui répond au merveilleux nom de Shibalba…

Connais-tu le fabuleux film de Darren Aronofsky : The Fountain ?

 

The Fountain

Source

 

Si tu ne le connais pas, c’est une chance, car tu as l’opportunité de le découvrir pour la première fois !°_°

 

Quelle histoire ?

En résumé (court et succinct pour éviter de trop en dire ^^) : The Fountain nous raconte le combat millénaire d’un homme pour sauver la femme qu’il aime, mais aussi son voyage intérieur, initiatique, face à l’inéluctabilité de la mort.

Ce film est composé de trois récits entrelacés qui se déroulent dans :

◊ le cadre de l’Espagne des conquistadors

◊ le présent (avec une mise en avant du paradigme scientifique de notre société)

◊ une dimension spirituelle expérimentée par le personnage principal lorsqu’il est en transe méditative

Ces trois récits peuvent être perçus comme une seule et même histoire qui comporterait trois réalités, trois manières de percevoir la mort (et donc la vie), finalement trois manières d’aimer.

 

The Fountain

Source

 

Pourquoi ranger soigneusement The Fountain dans l’Astrographe des créateurs ?

Je te propose trois raisons !

 

Contempler

Œuvre poétique (à haute portée spirituelle), The Fountain allie le fond du propos à un esthétisme visuel d’une grande beauté. On peut presque défiler une à une les scènes du film qui sont autant de tableaux au graphisme élaboré. Chaque détail est pensé, agencé avec soin dans un équilibre des formes, des matières et des symboles (il y en a partout !) qui fait de ce visionnage une contemplation. On dit souvent que le beau nourrit l’âme et c’est vraiment le cas ici. La richesse visuelle de ce film joue avec la notion de perfection, d’harmonie, à un très haut niveau. La lumière, l’or, nimbe et sacralise chaque minute du film de ses riches nuances : blancheur aveuglante de l’astre que l’on regarde en face, soleil chaud du midi, dorures patinées par le temps, flammes des bougies, éclats rougeoyants, presque sombres, du couchant. Le processus entier est beau, chaque étape, chaque instant. La forme au service du fond. Et quel fond !

 

The Fountain

Source

 

Voyager

Choisir de s’immerger dans The Fountain, c’est partir en voyage aux côtés de Tom dont l’objectif premier est de vaincre la mort. Darren Aronofsky entremêle intimement le thème de l’Amour à celui de la Mort et ces deux « entités » (presque palpables) ne cesseront de dialoguer au fil de l’histoire : confrontation, fuite, combat, acceptation, réconciliation, déni, sublimation. Lorsqu’on embarque dans l’étonnant vaisseau-bulle de The Fountain, on a pour seuls compagnons un très vieil arbre qui a traversé les âges, un livre dont il manque la dernière page (et qu’on a pour mission de terminer), et le fantôme d’une femme vêtue de blanc. Le vaisseau-bulle se dirige vers la nébuleuse, Shibalba, mais Shibalba s’apprête à mourir. C’est inévitable. Quel est donc le sens de ce voyage dont on connait déjà la fin ? On se pose la question avec Tom : pourquoi donc avons-nous embarqué dans ce satané vaisseau-bulle ?

 

The Fountain

Source

 

S’émouvoir

Le jeu d’acteur dans The Fountain est à la hauteur de la recherche esthétique et des thématiques abordées par Daronofsky. Hugh Jackman nous invite à revisiter la palette des émotions humaines. Et, parce que la quête du protagoniste principal touche à des réalités universelles (qui ne se pose jamais la question d’aimer et de perdre ?), on retrouve ses propres errances dans les siennes, on partage sa colère, ses questionnements, sa passion d’aventurier et son amour pour cette femme, cet arbre, cette étoile qui, quelque part, semble incarner tous les êtres aimés que nous sommes sur le point de perdre.

Honorable visiteur, je te laisse en tête à tête avec la bande-annonce de The Fountain.

 

The Fountain

Source

 

Lumière sur ta journée !

 

 

Et si on empruntait les lunettes de… Jean-Sébastien Guillermou !

 

ecriture-lunettes
Cher visiteur, prépare tes lunettes en forme de caravelle, nous embarquons pour une aventure palpitante sur les ailes de l’imaginaire !

 

Je sautille partout en ce 7 février car j’ai la joie d’accueillir une paire de lunettes qui défrise les moustaches sur ce blog : celle de Jean-Sébastien Guillermou !

Jean-Sébastien est le talentueux créateur du Monde-Fleur dans lequel se déroule sa trilogie : Les pirates de l’Escroc-Griffe. Ses romans ont été publiés chez Bragelonne en trois tomes successifs puis, dernièrement, sous la forme d’une magnifique intégrale que tu peux admirer ci-dessous.

 

L’intégrale des pirates de l’Escroc-Griffe !

Source : Jean-Sébastien Guillermou

 

Jean-Sébastien est un être étrange : mi-homme, mi-magicien, mi-troubadour de l’extrême. La tête dans les étoiles, le cœur aussi gros qu’une grenouille des sables (trempée dans une carafe d’eau), il est animé par la volonté d’aller au delà des frontières visibles et invisibles de l’être. Ceux et celles qui ont le privilège de le fréquenter lui donnent le titre de Capitaine et il n’a de cesse de le mériter, accompagnant, inspirant, encourageant chaque personne qui croise son chemin à poursuivre ses rêves, à ne jamais abandonner. Son enthousiasme est contagieux et c’est un grand bonheur que de suivre ses péripéties littéraires et ses réflexions débordantes d’humour et de sagesse sur son blog. N’hésite pas à y faire un tour, mon cher visiteur. Tu repartiras vers les horizons qui te tiennent à cœur, les voiles de la créativité gonflées à bloc !

 

Voilà notre Capitaine en chair et en os !

Source : Jean-Sébastien Guillermou

 

Hum. J’en suis toute chose. Passons donc à la matière vivante de cette interview !

 

*Siècle s’approche, les joues rosies d’émotion, pour accueillir son Capitaine à la porte du royaume de Heart Shaped Glasses Theory. Elle se fend d’une triple révérence ornée d’un petit saut et de trois tours sur elle-même. Jean-Sébastien reproduit à son tour cette révérence alambiquée. Ils se sourient de toutes leurs dents et s’inclinent une nouvelle fois avant de s’adresser (enfin) la parole.*

 

Siècle : Hello Jean-Sébastien ! Sois le bienvenu sur HSGT et merci de nous prêter tes jumelles de Capitaine le temps d’une interview débridée !

Jean-Sébastien : Merci ! Heureux d’être avec toi dans cet univers ô combien coloré !

Siècle : Tu sais ce qu’on dit, les esprits déjantés…

Jean-Sébastien : … viennent de contes enchantés ?

Siècle : Évidemment ! Je n’en attendais pas moins de toi !^^ Ma première question, toujours la même, ne surprendra personne : Qui es-tu et à quoi ressemble ta paire de lunettes, celle à travers laquelle tu regardes le monde ?

Jean-Sébastien : Bonne question… Je pense être un conteur de rêves, mes lunettes sont celles d’un géographe de l’imaginaire qui explore des mondes inconnus. De grosses lunettes mécaniques télescopiques, gainées de cuir, qui ressemblent à de vieilles jumelles. Elles me permettent d’observer de loin des créatures exotiques. Le souci, c’est que les verres double-foyer rendent mes pupilles énormes ! Et j’ajoute que ces lunettes ne sont pas très discrètes, car on entend parfois l’engrenage mal huilé pousser des cliquetis plaintifs, ce qui n’est pas l’idéal quand tu découvres un temple perdu dans la jungle, et que tu réalises qu’il est hanté par des créatures qu’il vaut mieux ne pas réveiller…

 

Capitaine Bretelle, « L’Homme-Qui-N’a-Jamais-Réussi-Un-Abordage »


Source – Illustration de Céline Lacomblez

 

Siècle : Diantre. Tu aimes vivre dangereusement, dis-moi ! Me voilà toute fiérote, je n’étais pas loin avec ces jumelles de Capitaine ! Du coup, je suis méga intriguée par cette réponse prometteuse. Aurais-tu la gentillesse d’éclairer ma lanterne ? C’est quoi un conteur de rêves ?

Jean-Sébastien : Je sais qu’on va me juger bon pour la psychiatrie, mais je parle de rêves car je ne choisis pas vraiment de thèmes pour mes histoires. À vrai dire, ce sont les histoires qui me choisissent ! Pour être plus clair, il y a un arc narratif dans les corsaires de l’Ecosphère qui m’est apparu… dans un songe, des années avant l’écriture de ce bouquin. Je me souviens qu’au réveil j’étais troublé car il était question d’une reine en fuite dans les montagnes, et dont la garde royale se sacrifiait héroïquement pour lui faire gagner un peu de temps. Bien sûr, je faisais partie des victimes ! (Rires). Dans mon rêve, les vêtements étaient extrêmement détaillés, à la fois familiers et étranges, une sorte de XIXe siècle alternatif. Tout semblait si réel… Je pense sincèrement que certains rêves nous permettent de parvenir à des états de conscience modifiés, et parfois même d’avoir des souvenirs de vies antérieures… ou d’autres mondes. Aujourd’hui, certains scientifiques se demandent très sérieusement si nous ne sommes pas entourés d’une infinité d’univers… Dans ce cas, cela signifierait que presque tout ce que nous imaginons existe, quelque part ! Un de mes auteurs favoris, Michael Moorcock, va dans ce sens, ses héros rêvent d’anciennes existences… Il a peut-être raison, qui sait ?

Siècle : Ce n’est pas moi qui dirait le contraire. Hum.^^ On va y revenir tout à l’heure à cette question d’Univers (celui qui ouvre la porte ne se plaindra pas de me voir la franchir allègrement^^). Merci pour cette réponse détaillée et passionnante, Jean-Sébastien. J’ai bizarrement entendu parler (au détour du chemin) de ces corsaires de l’Ecosphère que tu évoques ici, et même d’une trilogie burlesque et palpitante parue chez Bragelonne, ces dernières années. Les pirates de l’Escroc-Griffe, j’imagine que ça te dit quelque chose ? Tu nous ferais un pitch inédit sauvage et rêveur (oui, oui, tout ça à la fois) de ton roman ?

Jean-Sébastien : Les pirates de L’Escroc-Griffe, c’est un hommage déjanté. La rencontre improbable entre l’Ile au Trésor de Robert Louis Stevenson, et les aventures du baron de Munchaüsen de Terry Gilliam. Une trilogie épique, comique, et même un peu mystique vers la fin…

Siècle : Quelle définition élégante. C’est tout toi !^^

Jean-Sébastien : Merci ! ^^

 

Le Monde-Fleur, l’univers des Mers Turquoise

Source : Jean-Sébastien Guillermou

 

Siècle : Dis-moi, je m’interrogeais, à la suite de ce fameux rêve évoqué plus haut, comment s’est construit ton univers ?

Jean-Sébastien : Ce rêve est intervenu au milieu d’une phase de construction qui a duré… de nombreuses années. Avant même d’écrire le début d’une histoire, j’ai besoin de connaître un minimum l’univers dans lequel vont évoluer les personnages, son histoire, mais aussi ses religions, son économie, sa géographie, sans oublier bien sûr la technologie… Créer des mondes est une activité qui me plait autant que l’écriture en elle-même, car cela demande une certaine rigueur… même dans le cadre d’un univers aussi déjanté que celui des Mers Turquoise ! C’est un long travail, parfois ingrat, mais à mes yeux essentiel. C’est pour moi une forme de respect envers mes lecteurs. L’idée, c’est de leur dire « vous voulez une vraie aventure ? Eh bien profitons-en pour partir VRAIMENT dans un coin très étrange de l’univers »… Enfin, j’essaie !

Siècle : Tu réussis, même !^^

Jean-Sébastien : Je suis touché, merci ! (bande ses chevilles avec mithril pour éviter qu’elles n’explosent).

Siècle : Ah la la…^^ L’un des joyaux de ton roman, c’est ta galerie de personnages incroyables. Je suis curieuse et je te pose trois mini-questions à ce sujet ! Pour commencer, quel est ton personnage préféré dans l’équipage de l’Escroc-Griffe et pourquoi ?

Jean-Sébastien : Une question cruelle… Même si j’ai une tendresse particulière pour le professeur Van Stoorwan, archéologue improbable de l’équipage, je pense que c’est, mais tu dois t’en douter, Goowan, l’homme-iguane. C’est un sage, et je l’aime parce que même si ce n’est pas un être humain, il incarne ce qu’il y a de meilleur en chacun de nous. C’est vraiment l’ami que j’aurais aimé avoir quand j’étais adolescent, et un peu (beaucoup) perdu…

 

Goowan, l’homme-iguane

Source – Illustration de Céline Lacomblez

 

Siècle : Je te comprends parfaitement et j’enchaîne sans attendre sur une deuxième question : quel est le personnage sans qui l’Escroc-Griffe aurait forcément coulé depuis belle lurette ?

Jean-Sébastien : C’est tout simplement mon héros, Caboche. Dans la toute première version il était insupportable ! Mes proches disaient qu’ils avaient envie de lui coller des gifles, c’était un peu le faire-valoir écervelé du capitaine Bretelle. À cette époque le capitaine Bretelle était au cœur de l’histoire, mais au fil des versions Caboche s’est tellement étoffé qu’il est devenu la pièce centrale de la trilogie. Aujourd’hui, quand un lecteur me dit qu’il a été touché par Caboche, je suis fier du parcours de mon orphelin !

Siècle : Et quel est le personnage qui porte le message le plus fort, à tes yeux ? (dans ou hors équipage officiel ;-) )

Jean-Sébastien : Dans l’équipage, Goowan bien sûr, car j’ai toujours adoré au cinéma les films comme Enemy, Danse avec les loups ou le Dernier Samouraï, quand le héros adopte un peu (beaucoup) les coutumes d’une civilisation étrangères qui va l’accueillir. Dans la trilogie, c’est le cas, on sent que la philosophie de mon homme-iguane déteint sur l’équipage, Bretelle et Caboche en particulier. En dehors de l’équipage, je pense naturellement à Mange-Sang, le roi-tyran des Mers Turquoise, mais je ne peux pas en dire plus sans révéler des éléments essentiels de l’intrigue…

 

Caboche !

Source – Illustration de Céline Lacomblez

 

Siècle : Héhé, je vois ce que tu veux dire et une goutte de teasing, c’est parfait pour la route ! Aujourd’hui, avec un peu de recul, cette aventure à bord de l’Escroc-Griffe, que t’aura-t-elle appris ? Qu’en auras-tu retiré ?

Jean-Sébastien : Ça peut paraître cliché de dire ça, mais c’est une aventure qui a changé ma vie à tout jamais. J’ai quand même lâché un métier d’enseignant pour écrire à temps complet, ce qui était un pari un peu fou ! Au final, je ne le regrette pas. Je ne suis qu’un tout petit auteur au milieu de la grande famille de l’imaginaire, mais c’est déjà un bonheur incroyable de pouvoir écrire quotidiennement. J’ai appris la patience, surtout dans les moments de doute lors des soumissions éditoriales. Quand mon éditeur m’a dit « oui », les mois suivants je n’ai pas pu m’empêcher de me poser des questions. Avait-il changé d’avis entre temps ? Les attentes ne sont jamais simples à gérer pour les auteurs qui sont, dans le monde réel, des créatures maladroites qui doutent beaucoup… J’ai retiré de cette aventure une plus grande confiance en moi, le sentiment de m’épanouir dans l’écriture, et donc dans ma vie. Pendant longtemps je me suis demandé si écrire était compatible avec un sentiment de plénitude (je médite quotidiennement), il y a peu j’ai réalisé qu’au contraire, écrire était finalement ma façon à moi de trouver une place dans ce vaste univers… J’aime raconter des histoires depuis toujours, c’est ainsi, je dois l’accepter.

Siècle : Merci pour cette magnifique réponse, cher Jean-Sébastien. C’est vraiment merveilleux de lire tout ce que l’écriture t’a apporté à titre personnel.
Et maintenant, une question qui m’amuse beaucoup. Il y a peu de temps, tu faisais ton coming out sur les réseaux sociaux : six mois pour rédiger le synopsis de ton prochain one shot (roman en un tome unique) et une nuit pour concocter celui d’une seconde trilogie dans l’univers de tes pirates.^^ Mais que s’est-il passé ? Les muses ont-elles toujours le dernier mot ?

 

Ecrivain, illustrateur, artiste, qui que tu sois, be prepared… or not !

Source – Copyright, 2009 The Advanced Magazine Publishers Inc./Les Arènes

 

Jean-Sébastien : Hahahaha ! Oui, j’en ai bien peur… Je tiens tout d’abord à dire que je ne renie pas le projet de one shot ! Je l’écrirai un jour… mais c’est encore trop tôt. Un soir dans le train, l’idée d’une nouvelle trilogie dans l’univers des pirates s’est imposée comme une évidence, et effectivement, en une nuit, j’ai écrit trois synopsis, avec un plaisir fou. Je pense que j’avais envie d’écrire ce projet de one shot pour de mauvaises raisons, je voulais changer de style, écrire des choses plus sombres, plus adultes… en fait j’avais des choses à prouver ! Et puis est venue cette idée de trilogie, avec cet univers que j’ai du mal à quitter, le sentiment de ne pas l’avoir assez exploré. Sur les réseaux sociaux, beaucoup de lecteurs ont semblé soulagé ! Je pense comme eux qu’il aurait été dommage de ne pas aller au bout de ce voyage, même si les personnages, le royaume et l’époque seront différents. Et puis, une seconde trilogie m’évite d’infliger six tomes au lecteur, puisque les deux trilogies seront indépendantes. Enfin, presque…

Siècle : Je souris de toutes mes dents !

Jean-Sébastien : Heureux je suis !

Siècle : Et tu n’es pas le seul… écrire là où son cœur donne la pulsation juste…

Jean-Sébastien : C’est joliment dit !

Siècle : Je m’incline et t’offre une nouvelle révérence ! Et puisqu’on parle de justesse… nous allons passer à la partie en forme d’étoile de cette interview (je t’avais dit que j’y reviendrai^^). Sur ton blog, tu nous parles de la voie du dao et de l’art d’être kintsugi. Je crois également savoir que tu pratiques le bouddhisme, la méditation quotidienne et que les questions de développement personnel/spirituel t’intéressent profondément. Tu nous en dis un mot ?

 

Kintsugi power !

Source

 

Jean-Sébastien : Révérence à toi également ! (^^). Je considère que mon écriture est un artisanat, mais l’Ecriture avec un grand E est un art, un « dao » comme diraient les Japonais. À vrai dire, n’importe quelle activité humaine peut être considérée ainsi, au Japon existe même un art de la composition florale ! Le bouddhisme est venu à un moment important de ma vie, lors des soumissions éditoriales dont on parlait plus haut. J’étais stressé, migraineux, en plein doute existentiel. Je me posais des questions sur le sens de l’univers, et ma place dans celui-ci. Est-ce que je n’avais pas passé une décennie à écrire des livres pour rien ? Depuis toujours, j’étais passionné par la science et la spiritualité, mais je ne trouvais pas de sagesse susceptible de concilier les deux, jusqu’au jour où je suis tombé les livres de Matthieu Ricard, le moine bouddhiste et traducteur officiel du Dalaï-Lama, qui a eu des échanges passionnants avec des scientifiques et des philosophes. J’ai découvert la culture tibétaine et la méditation, qui m’a fait beaucoup de bien. Je me suis mis à fréquenter des centres bouddhistes dans différentes régions de France… et je suis « devenu bouddhiste », même si l’expression n’est pas adéquate, car la prise de refuge n’est pas un « baptême ». Le bouddhisme, c’est une spiritualité très difficile à résumer en langage occidental, un mélange harmonieux de philosophie, de science et de religion. Une science contemplative. « Science » car dans le bouddhisme il n’y a pas « d’âme » ou de dieu créateur comme dans les trois monothéismes. Il y a une démarche très rationnelle car on doit toujours développer une pensée critique et ne rien accepter aveuglément. « Religion » car il y a l’idée qu’un flux de conscience survit après la mort, et surtout celle d’un humanisme pacifique qui respecte toute forme de vie… sans faire de prosélytisme pour le bouddhisme !

Siècle : Ne t’inquiète pas, c’est super intéressant de t’entendre en parler. Merci !

Jean-Sébastien : Pour répondre à ta question, pour moi, l’Univers et nos consciences se façonnent mutuellement, c’est la condition même de leur coexistence. L’Univers, c’est ce jeu d’interdépendance entre tous les êtres. J’aime beaucoup la métaphore de l’arc-en-ciel, qui apparait… et qui pourtant n’a pas de substance. Il n’ « existe » que parce que certaines conditions sont réunies. De la même façon, nous n’existons que par et pour les autres, rien d’autre n’a de sens. En ce qui concerne mon cheminement, je pense que cette spiritualité m’a apporté plus de sérénité. Essayer de rester dans l’instant présent pousse à moins céder à la colère, l’angoisse ou à de faux besoins, surtout dans un monde aussi complexe que le nôtre. C’est pour cette raison que je fais souvent des parallèles sur le blog entre l’écriture et la philosophie orientale, je trouve que considérer l’Écriture comme un art est profondément enrichissant.

Siècle : Un très grand merci à toi pour cette réponse si authentique et si émouvante. <3

Jean-Sébastien : Je t’en prie <3

 

Apprendre le vrai sens de la méditation…

Source

 

Siècle : Un petit brin de poésie dans la prochaine question. ^^ Quel est ton plus grand rêve à venir/avenir quand tu te penches sur le miroir des souhaits ?

Jean-Sébastien : Difficile à dire car je suis vraiment heureux, j’ai tout ce que je désire, du moins l’essentiel, j’ai donc de moins en moins d’attentes. Mes rêves concernent surtout mes proches et moins proches, en particulier mes nombreux amis auteurs pas encore publiés de CoCyclics, un forum d’écriture que tu connais un peu, il me semble… Je pense très fort à eux et leur souhaite le bonheur d’une publication, et surtout le bonheur tout court…

Siècle : Des paroles bien sages, mon Capitaine ! ;-)

 

*Nouvel échange de révérences rocambolesques… Décidément, ces auteurs de l’imaginaire, ils sont complètement frappadingues. Aucun garde-fou, aucune pudeur ne les arrêtent !*

 

Siècle : Une dernière question pour la route. En fait, c’est plutôt un jeu. Je te donne deux ou trois mots et tu me dis en une (seule) phrase spontanée (sans trop réfléchir), ce que cette expression ou ce nom t’évoque. Tu es partant ?

Jean-Sébastien : C’est parti !

Siècle : Go go go ! Si je te dis : Océan ?

Jean-Sébastien : Liberté.

Siècle : Gastéropode poilu ?

Jean-Sébastien : Loufoque ! Hahahaha !

 

Bien sûr que ça existe les gastéropodes poilus, cher visiteur, tsss tsss !

Source

 

Siècle : Le mot le plus important ?

Jean-Sébastien : Compassion.

Siècle : Époustouflant. Je suis émue comme une petite cuillère empathe. Un immense merci de nous avoir prêté ta paire de lunettes méca-télescopique, mon cher Jean-Sébastien. Heart Shaped Glasses Theory te remet solennellement une cassette en métal comprenant les items suivants : des lunettes en forme de cœur, un flacon de fous-rires extra-condensés (attention, pas plus d’une goutte à la fois !) et une boussole qui indique toujours ton étoile favorite.

Jean-Sébastien : Génial ! C’est Noël avant l’heure, merci pour tous ces cadeaux que je vais garder précieusement. Et merci à toi pour ton blog que j’ai tant plaisir à lire, ça fait du bien un tel concentré de bonheur !

Siècle : Je te retourne le compliment ! Merci à toi pour tant de générosité, c’est un plaisir toujours renouvelé de te lire et de suivre tes aventures ! Tu portes bien ton titre, mon Capitaine ! ;-)

Jean-Sébastien : Je suis très touché, merci !!!

 

*Siècle et son Capitaine se noient mutuellement sous une déferlante de petits cœurs !*

  

 

Ce moment de grâce touche à sa fin. Te voilà aussi ému que moi, cher visiteur. Tiens, prends un flacon en forme de gastéropode pour récolter les larmes qui sillonnent tes charmantes joues. C’était trop court ! Je vous avais prévenu, ce merveilleux Capitaine ne laisse personne indifférent !

 

 

Tu peux retrouver Jean-Sébastien sur la Toile par ici :

Jean-Sébastien Guillermou – Blog officiel de l’Escroc-Griffe
Jean-Sébastien Guillermou – Page Facebook
Jean-Sébastien Guillermou – Twitter
Venez dévouvrir les pirates de l’Escroc-Griffe sur le site de Bragelonne !

 

 

Que le nénuphou coule à flots, matelot !

Lumière sur ta journée !