Atelier Univers – Apprendre à s’émerveiller

 

univers-babillage

Hello hello, cher visiteur !

J’espère que tu vas bien, que tu as fait bon usage de ce petit nectar de folie que j’ai dissimulé dans ta besace la dernière fois et que tes lunettes en forme de cœur sont prêtes à l’emploi !

Aujourd’hui, nous retournons dans l’Atelier Univers et nous allons nous pencher sur l’un de mes outils préférés : l’émerveillement. Je te sers une coupe de nénuphou ou une tasse de monflu-crème (au choix^^) pour célébrer ce moment privilégié.

 

A ta santé et à tes rêves, merveilleux visiteur !


Source

 

Bien bien bien. ^^ Et maintenant, prends ta gradine et ton maillet, enfile ton tablier à fleurs, c’est parti !!!

Dans le dernier article, je te présentais l’Atelier de l’Univers, la démarche du Sculpteur de statue et ses premiers coups de maillets. Je te propose de t’intéresser, cette fois-ci, à un outil à consommer sans modération lorsque l’on choisit de suivre la voie et la voix de l’Univers : l’émerveillement, donc. Sacré sujet. Sujet sacré, à vrai dire^^.

Oui, cher visiteur ? Tu as une question ? Tu as raison, il y a plein d’outils sympathiques qui accompagnent le Sculpteur dans son périple vers lui-même. Alors pourquoi commencer par cet outil-là précisément ? Et bien parce que j’en ai envie, parce que mon intuition me dit que c’est le bon outil par lequel commencer et que lorsque j’envisage de t’en parler, l’énergie coule, les mots me viennent plus facilement : autant de petits signes Univers qui m’indiquent que c’est la bonne direction. ;-)

 

C’est quoi s’émerveiller ?

Commençons par une rapide définition sièclienne. S’émerveiller c’est, dans toute chose, choisir de voir la part lumineuse, le beau, le bon, le magique, l’inspirant. C’est ré-enchanter le monde. C’est valoriser l’être partout autour de soi. C’est ré-accéder à la profondeur de la vie à travers la légèreté. C’est se réconcilier avec sa part d’enfance, s’interroger, s’amuser d’un brin d’herbe, essayer de voir pour la première fois à chaque instant. C’est poser un regard aimant sur le monde et porter des lunettes en forme de coeur. C’est observer les rouages, les clés de la création et rendre grâce. C’est faire des bulles de savon, élargir sa croyance et déployer son imaginaire vers un horizon sans limites.

 


Source

 

Pourquoi cultiver l’émerveillement ?

Pour te donner une explication qui plaise davantage à ton mental, cultiver l’émerveillement, c’est faire d’une pierre trois coups :

  • Progresser dans son travail de Sculpteur, élaguer la gangue, se rapprocher de soi.
  • Générer une émulation positive qui rend le chemin, ses chutes et ses pentes escarpées plus faciles à négocier. En bref, de la motivation !
  • Trouver le plaisir, la joie dans l’instant présent, dès aujourd’hui.

 

dialogue1 Vaëlban : Pardon ? Excuse-moi de te déranger, Siècle, mais je ne vois pas en quoi le fait de m’écrier « Oh, un petit oiseau bleu ! Qu’il est joli ! Et en plus, il fait de la musique naturelle !!! » va me permettre de sculpter ma statue. Déjà, l’oiseau, il est extérieur, et tu m’as bien dit la dernière fois que mon seul terrain d’action, il était à l’intérieur de moi. Si je me focalise sur un pioupiou qui couine dans son nid, je ne saurais pas davantage qui je suis ! Je suis là pour travailler sérieux, moi ! Pour souffrir au service de la cause ! Pas pour chantonner, les yeux ouverts et la tronche naïve tournée vers les étoiles.

 

Bah justement, si !


Source – Apod Nasa

 

Siècle : Cher Vaëlban, hum, merci de partager avec nous tes questions. Déjà, je t’invite à réévaluer l’objectif final du Sculpteur de statue : savoir qui tu es, c’est une démarche sur le long terme. C’est incarner et même t’émonder en incarnant, pas à pas. Ce n’est pas viser et atteindre. C’est devenir. Dans cette optique, pratiquer l’émerveillement te permettrait, petit à petit, de te recentrer sur un sentiment (intérieur) de joie, de contemplation, de beauté et ce sentiment participe à ta transformation vers toi. L’émerveillement t’encourage à choisir l’Amour plutôt que la Peur. Lorsque tu ressens de la joie, lorsque tu admires, tu sculptes (parfois sans même t’en rendre compte) ta propre statue puisque tu dégages de sa gangue la part de toi belle, joyeuse, aimable et merveilleuse.

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Deuxième point important dans ce que tu dis et qui m’interpelle : c’est qu’il faut souffrir pour sculpter et se transformer. Et que l’émerveillement (ressenti positif par excellence) ne peut logiquement pas être la voie qui mène à l’Univers, et donc à toi-même.

 

La souffrance – Petit point métaphysique (en quelque sorte^^)

Disclaimer : J’ai pas mal hésité avant de faire ce petit point métaphysique sur la souffrance, mais je trouve pertinent d’aborder les rouages de notre fonctionnement pour t’expliquer à quel point l’émerveillement a des répercussions profondes sur la structure de l’être. Comme toujours, ce qui suit a été dit et répété par de nombreux pious avant moi, et ce n’est que le fruit de ma réflexion que je t’expose. Une vérité authentique parmi d’autres. Si c’est trop emberlificoté et que ça ne te parle pas, n’hésite pas à défiler l’article jusqu’à la Fée Clochette et à reprendre ta lecture à partir de là. ;-)

C’est une erreur d’appréciation fréquente que de considérer la souffrance comme « l’unique chemin menant au divin » (je suis d’ailleurs la première à la faire, à la refaire, à la re-re-faire. >< Heureusement, il y a les myrtilles et le Dieu des Pious. Merci à eux). La culture judéo-chrétienne est enracinée dans nos sociétés occidentales, et nous avons (tous) intégré cet héritage plus ou moins conscient : la souffrance mène à « Dieu », il faut « souffrir pour être beau », on ne mérite l’accès au bonheur, à soi, que lorsque l’on traverse de grandes épreuves pour y arriver. D’un point de vue « Univers », ce n’est pas exactement comme cela que ça marche.

Ce qui est vrai, c’est que nous sommes confrontés (durant notre incarnation sur Terre) à la souffrance, physique, mentale, émotionnelle. Pour être précis, ce dont nous souffrons d’abord (la cause première sur le plan métaphysique), c’est la séparation d’avec le divin, avec la part divine en nous, avec nous-même. Lorsque nous nous incarnons, nous oublions qui nous sommes, et nous passons notre vie à rechercher (souvent inconsciemment) notre identité perdue. De cette séparation originelle découlent les autres formes de séparation et la souffrance sous toutes ses formes.

Prenons un exemple rigolo dans lequel je suis une poire : belle, entière, délicieusement courbe, ravissante. Oui, oui, je sais, cher visiteur, la poire est un noble fruit, un peu juteux, mais noble. Presque autant que la myrtille, je te le concède volontiers. Hum. Revenons à notre poire : un jour où l’aigle volait au-dessus des flots, j’ai pris mon couteau préféré et j’ai séparé la poire (que je suis) en deux. (Le pourquoi j’ai décidé de me fendre en deux est une question extrêmement intéressante, mais on ne va pas s’en sortir si je l’aborde ici, tu me pardonneras, j’espère, de ne pas m’y attarder aujourd’hui). Lorsque j’ai séparé ma poire en deux, j’ai créé, ce faisant, un vide entre les deux parts du fruit. J’ai oublié instantanément ma deuxième moitié et j’ai cru être (depuis toujours) une moitié de fruit. Depuis, je souffre de l’absence de ma totalité, sans avoir pour autant conscience que ma forme originelle, totale, entière, c’est la poire et non la demi-poire.

 

C’est mon couteau préféré qui a fait ça !°_°


Source

 

Notre part de lumière est bien là, elle est à sa place. Mais elle est incomplète. Notre aspiration au divin, à la totalité, c’est l’idée qui persiste dans notre inconscient de la forme de la poire entière. Puisque ma seconde moitié d’être à disparu, puisque je l’ai oubliée, je ne vois que le vide, l’absence.

Et c’est là que nous faisons généralement une petite erreur d’appréciation. Nous cédons au besoin impérieux de compléter notre poire avec la première chose que nous avons sous la main : la souffrance issue de la séparation. Cette souffrance va constituer la matière première de nos ombres.

Pourquoi cette erreur d’appréciation ? Le vide, si tu te souviens bien de l’opposition conceptuelle que je t’ai présenté dans le dernier article, c’est le Néant, c’est le contraire de l’Être. Ce vide m’est insupportable. Je suis prêt à tout accueillir plutôt que rien. Tout plutôt que ce vide, que ce manque, que cette absence de demi-poire ! Mon royaume pour une demi-poire complémentaire, qu’importe si elle est tissée de souffrance, de colère, de tristesse ! Pour accéder à ma totalité divine, j’embrasse ma souffrance, j’embrasse mes ombres, elles me sont nécessaires ! Je vais combler le manque de ma moitié perdue par n’importe quel moyen. Je vais (de manière quasiment automatique) répondre à ce besoin en construisant mes ombres et en les positionnant à l’endroit où je manque.

Que sont les ombres ? Les ombres sont l’expression énergétique, mentale, émotionnelle et physique de la Peur avec un P majuscule (soit le contraire de l’Amour avec un grand A). La Peur est issue de la souffrance de la séparation, du moment où l’Être (la poire) s’est déchiré en deux. Là où il n’y avait que la complétude de l’Amour, il y a aussi désormais (en négatif, dans le sens photographique du terme) la déchirure de la Peur. Les symptômes de la Peur sont, par exemple : la jalousie, l’angoisse, la colère, l’orgueil, la tristesse. Il y en a bien d’autres, cela va de soi.

Au final, nous voilà composés d’une demi-poire d’Être bien juteuse et fondante (l’expression de l’Amour) et d’une demi-poire d’ombres (l’expression de la Peur) qui nous semble indispensable et inamovible. Nous pensons que nos ombres, notre souffrance est le seul chemin pour re-devenir divin/entier. En fait, c’est la transcendance, la transmutation de la souffrance en lumière qui est divine (au sens christique du terme) pas le fait de serrer les dents et d’encaisser. Il y a souvent confusion sur cet aspect des choses. ;-)

Ce qui m’est, en réalité, nécessaire, ce n’est pas de souffrir ou de cultiver mes ombres, mais de retrouver la plénitude de ma forme entière.

 

Ceci est l’image de ma poire intérieure réunifiée : adorable, n’est-ce pas ?^^


Source – ©Karen l’Hémeury

 

Voilà venu le moment du choix. Le choix de sculpter ma statue pour retrouver la mémoire de ma forme primordiale, retrouver ma moitié de poire originelle, ou le choix d’accueillir une fausse moitié de poire qui me donne la sensation biaisée, éphémère, de retrouver mon entièreté. Mais souvent, je préfère cette illusion confortable plutôt que d’accepter le vide, et la quête de la demi-poire perdue.

Regardons dans le miroir cinq minutes : ne nous le cachons pas, nous avons tous constitué une demi-poire d’ombres pour palier à la séparation et au Néant. Tous. Et maintenant ? Maintenant, deux portes se matérialisent devant nos mirettes écarquillées. Si je prends la porte de métal aux arabesques argentées et parfaites, je choisis d’entretenir ma souffrance, mes ombres (quelles que soient leurs manifestations dans ma vie). Si je prends la porte en bois moussue, un peu brinquebalante sur les bords, je choisis de transformer, de transmuter, de mettre mes ombres en lumière.

L’ombre s’installe dans l’espace du manque. L’ombre, ce n’est pas l’adversaire, le démon, l’entité qui « combat la lumière ». L’ombre, c’est l’absence de lumière. Mais si j’éclaire mon ombre, elle disparait.

Pourquoi je ne le fais pas ? Tout simplement parce que j’ignore la cause de mes maux. Je confonds les symptômes (ou les causes indirectes) avec la cause première de ma souffrance. Parce que j’ai oublié pourquoi je souffre, parce que j’ai oublié que je suis séparé. Parce que je ne sais pas que ma demi-poire d’ombres a été générée pour compenser le vide, pour lutter instinctivement contre le Néant. Parce que, du coup, je crois que mon identité est une poire composée d’ombres et de lumière. Je crois que mes ombres sont inévitables. Et en posant cette croyance là (tous les jours), je renouvelle mon allégeance aux ombres, j’entretiens la pérennité de ma souffrance. Pour être plus précis, j’entretiens la pérennité de mon ressenti de souffrance.

Note : Il est essentiel de distinguer la souffrance extérieure (que je rencontrerai partout dans le monde) de la manière dont je ressens/je gère/j’accueille cette souffrance. Cette souffrance extérieure ne m’appartient pas et je ne peux pas la transformer d’un coup de baguette magique (même si ce serait cool^^).

 

Source

 

Ce qui compte, ce n’est pas ce que l’on vit, c’est ce que l’on ressent, ce n’est pas ce qui nous arrive, mais ce qu’on en fait.

 

« Frodo : I wish the ring had never come to me. I wish none of this had happened.

Gandalf : So do all who live to see such times. But that is not for them to decide. All we have to decide is what to do with the time that is given to us. There are other forces at work in this world Frodo, besides the will of evil. Bilbo was meant to find the Ring. In which case, you were also meant to have it. And that is an encouraging thought. »

The Lord of the Rings, Tolkien

 
(Je me permets une petite traduction en français pour les non anglophones.^^)
 

« Frodon : Je voudrais que l’anneau ne soit jamais venu à moi. Que rien de tout ceci ne se soit passé.

Gandhalf : Comme tous ceux qui vivent des heures si sombres. Mais ce n’est pas à eux d’en décider. Tout ce que nous avons à décider c’est quoi faire du temps qui nous est imparti. Il y a d’autres forces en action dans ce monde, Frodon, à part la volonté du mal. Bilbon était supposé trouver l’Anneau. Et puisque c’est le cas, tu étais également supposé le posséder. Et c’est une pensée encourageante »

Le Seigneur des Anneaux, Tolkien

 

Ma marge d’action est (once again, hé hé^^) à l’intérieur de moi : ma croyance, ma manière d’accueillir la souffrance extérieure, d’y répondre, de l’entretenir ou de la transformer. Au moment où je prends conscience de la cause première de ma souffrance (la séparation de ma poire), je récupère aussi la possibilité de poser une autre croyance, un autre choix. Je peux décider de me reconnecter avec ma moitié de poire originelle. Je peux décider de sculpter ma propre statue, décider de mettre mes ombres en lumière. Et une excellente manière de transmuter ses ombres en lumière, c’est… d’apprendre à s’émerveiller.^^

Vaëlban : J’en suis comme deux ronds de poire écrabouillés !°_°

Siècle : Je te comprends, c’est des trucs compliqués tout ça. T’inquiète pas, on va passer à des choses plus pragmatiques, à présent ! Pour reprendre tes mots, mon grand : à chaque fois que tu écoutes vraiment le chant d’un oiseau, que tu t’extasies sur la couleur de son plumage ou de la perfection avec laquelle il agence les branchages de son nid, tu es sur le chemin de l’Univers et tu te rapproches de toi. Tu vois, l’émerveillement te permet de sculpter ta propre statue. Il te permet aussi de générer de l’émulation. De te nourrir de matière positive, de t’abreuver de nectar de piou mis en bouteille. L’émerveillement te donne envie de continuer d’avancer, de voir la suite, de progresser. Un peu comme si tu te coachais toi-même sur le chemin de l’Univers.^^

Vaëlban : Allez, Vaël, tu peux le faire !!!

Siècle : Voilà.^^

Vaëlban : Je donne tout ce que j’ai là.

Siècle : Brave petit. La cerise sur le gâteau, c’est que plus tu t’émerveilles, plus tu vis, au quotidien, des moments où tu te sens bien, où tu te sens heureux, il y a donc un troisième effet Kiss Cool qui s’installe assez vite lorsque l’on apprend à s’émerveiller. Et ça fait du bien !

 

 « Kiss Cool, c’est frais, mais c’est pas grave »


Source

 

L’émerveillement : Comment ça marche sur le plan énergétique ?

Pfiiiouuuuu… ça dépote, tout ça !^^.

Courageux visiteur, je te file deux ou trois notions sur le fonctionnement de l’émerveillement et après on passe aux travaux pratiques. D’accord ? Tu te souviens de tes trois premiers coups de maillet (ceux qu’on a donné ensemble dans l’Atelier précédent) : la responsabilité envers soi-même, agir plutôt que subir, remplir son Lac ?

Pour s’émerveiller, on va avoir besoin des trois. S’émerveiller c’est remplir son Lac. Pour s’émerveiller, il est essentiel de savoir qu’on a le choix de ce que l’on sème à l’intérieur de soi, de ce qu’on cultive en positif ou en négatif. On reprend alors sa responsabilité en agissant dans le sens de l’émerveillement et non en subissant les ombres douillettement installées dans leur cocon d’habitude. Oui, je sais, ce n’est pas facile, elles sont tenaces, les coquines !

Vaëlban : J’en ai marre ! Pourquoi elles s’accrochent comme ça, ces ombres velues ? Je frotte, je passe la serpillère, je me concentre super fort pour voir le positif, mais j’y arrive pas ! Il y a des vagues entières de rancune et de fatigue qui me submergent la gueule jusqu’à plus soif ! C’est trop dur de faire pioupiou, en fait !

Siècle : Bah oui.

Vaëlban : Comment ça « bah oui » ? Tu fais pioupiou tout le temps, toi !

Siècle : Et tu croyais que c’était naturel, que ça faisait partie intégrante de ma petite personne et que je suis née comme ça ?

Vaëlban : Euh… bah oui.

Siècle : Bah non. En réalité, le Dieu des Pious, c’est la forme que j’ai choisi de donner à mon émerveillement quand j’ai commencé à le cultiver, il y a plusieurs années. Avant, je ne faisais pas pioupiou du tout. Je contemplais, le front noble et l’œil humide, la profondeur de mes abysses et les splendides ombres qui valsaient pour l’éternité sur l’océan de ma souffrance !

Vaëlban : Ah ouais… ça avait l’air sérieux, ton histoire. Classe, hein, mais…

Siècle : Déprimant ?

Vaëlban : Ouais, j’avoue.

Siècle : Un poil grandiloquent sur les bords ?

Vaëlban : C’est toi qui le dit !

Siècle : En effet. Tu veux un bonbon à la myrtille ?

 

Source

 

Vaëlban : Euh… Peut-être une prochaine fois ? ><

Siècle : A ta guise, mon grand. Tout ça pour dire que s’émerveiller, ce n’est (la plupart du temps) pas une capacité innée. La raison pour laquelle on a l’impression de s’engluer dans des tas d’ombres lourdes et pas pioupiou, c’est parce que, pendant des années, on a choisi d’entretenir son ressenti souffrant plutôt que son ressenti positif. On récolte les graines de centaines de moissons passées. Notre énergie se coule bien plus facilement dans le vieux sillon de trois mètres de profondeur plutôt que dans le nouveau chemin que l’on vient d’esquisser.

On sème pour aujourd’hui et demain. On récolte ce que l’on a semé hier et aujourd’hui. Forcément, au début, l’émerveillement nous parait factice, forcé, artificiel. C’est la réitération du geste émerveillé, c’est le fait d’arroser la graine du merveilleux tous les jours (qu’il vente, pleuve ou fasse soleil) qui va permettre à l’arbre de l’émerveillement de prendre racine à l’intérieur de nous. Grâce à la répétition et à la persévérance, l’énergie creuse un nouveau sillon qu’il nous sera de plus en plus facile d’emprunter au fil du temps et de préférer à l’ancien sillon.

 

On suit la règle des 3C : Création. Constance. Confiance.

  • Je crée un nouveau sillon, je plante la graine du merveilleux en moi.
  • Tous les jours, toutes les heures, toutes les secondes, constamment, je l’arrose.
  • J’y crois à cette graine, j’ai confiance en ce qu’elle m’apportera et en l’Univers qui me l’a confiée.

 

L’arbre du Merveilleux


Source – The Fountain

 

Apprendre à s’émerveiller

Ça va, cher visiteur ? Tu es toujours là ? (Je m’émerveille que tu sois toujours là.^^)

Vaëlban : Moi je suis toujours là en tout cas ! Ca y est, tu as fini de blablater ? On passe aux travaux pratiques ?

Siècle : Allons-y !

C’est quoi la technique ultime pour s’émerveiller ? Eh bien, il n’y en pas. Ou plutôt, il y en a un nombre infini. Le meilleur conseil qu’on pourrait donner à celui ou celle qui décide de semer l’émerveillement dans sa vie, c’est de fabriquer sa propre recette avec les ingrédients qui lui conviennent et de l’assaisonner avec sa propre sauce magique.

 

Use your imagination !

Source – ©Hook/Steven Spielberg

 

Déjà, un point à retenir (même si on n’arrivera pas à le mettre en application à chaque instant) : on peut s’émerveiller de tout, tout le temps. S’émerveiller de petites, moyennes et grandes choses. S’émerveiller, ce n’est pas être niais, naïf, ignorant des dures réalités du monde, c’est avoir la sagesse de balayer d’abord à l’intérieur de sa maison avant de balayer devant sa porte. C’est planter du bonheur pour soi et pour les autres. S’émerveiller, c’est prendre soin. Ce qui nous émerveille, ce qu’on aime, on a aussi envie de le protéger, de le partager.

 

Voilà quelques pistes d’émerveillement :

 

  • Se nourrir de la beauté du monde

Contempler la beauté et s’y attarder partout où elle frappe notre œil, notre oreille, nos papilles, nos sens, c’est une excellente manière de s’émerveiller. La beauté peut prendre bien des formes, peut conjuguer les sens, les savoirs-faire, la nature et la création de l’esprit. On peut la voir au coin de la rue, à travers la Toile, les images, les sons, l’art, le cosmos.

 

La nature est une source perpétuelle de beauté


Source

 

« There is a sunrise and a sunset every day and you can choose to be there for it. You can put yourself in the way of beauty »

(Wild, Jean-Marc Vallée)

 
(En en français, ça donne…)

« Chaque jour, le soleil se lève et le soleil se couche et tu peux choisir d’être là pour le contempler. Tu peux te placer sur le chemin de la beauté » »

(Wild, Jean-Marc Vallée)

 

On peut s’émerveiller de l’infiniment grand

Source : Nasa/APOD

 

S’émerveiller de l’infiniment petit


Source – Boîte de Petri

 

De la patte de l’homme dans la matière

Source – La Sagrada Familia

 

De la virtuosité scénique et musicale

La reine de la Nuit – Diana Damrau dans La Flute enchantée – Mozart
     

  • S’émerveiller à travers l’empathie

On accède aussi à l’émerveillement par le biais de l’empathie. Non pas l’émotion personnelle qui nous submerge, mais la capacité à se mettre en lien avec tout ce qui est. Un peu comme si le monde/les autres étaient une extension du soi, et qu’il y avait un peu de nous dans chaque être vivant.

L’empathie, la vibration de connexion entre les êtres, est la quintessence du merveilleux.

Se poser la question de la perception de l’autre. Voir en chacun le beau. Mettre en valeur ce qu’il y a de plus touchant chez lui, chez elle, c’est ennoblir, adouber le merveilleux dans sa propre vie et dans celles de ceux qui sont enluminés par le regard émerveillé.

 

Naissance et connexion

Source

 

Parfois, on entre en lien avec des émotions ancestrales, inexplicables par les mots, ou par la logique. Là encore, l’empathie est à l’oeuvre.

 

Les racines de l’émotion sont partout

Source
     

  • On peut aussi cultiver l’émerveillement par des exercices pratiques au quotidien

♥ – Remercier. Pour ce qui nous est donné de vivre. Les petites choses qui embellissent notre existence, mais aussi les épreuves douloureuses dont nous pouvons tirer des fruits. Plus on remercie, plus on arrose en soi un sentiment de reconnaissance qui pousse comme une fleur d’émerveillement. Remercier ou rendre grâce, cela semble très très simple comme geste. Mais le faire vraiment demande une grande volonté. Il s’agit d’un acte énergétique pourtant extrêmement puissant.

♦ – S’entraîner à voir le verre à demi-plein et non le verre à moitié vide dans toutes les situations que nous expérimentons. On peut, par exemple, s’exercer en tenant un cahier dans lequel on écrira 10 réalités de notre vie pour lesquelles nous sommes reconnaissants tous les matins.

♠ – Transformer ses habitudes. On peut choisir de se reprendre à chaque fois que l’on se plaint de quelque chose, changer ses mots, son vocabulaire, y introduire des notions joyeuses, lumineuses, légères.

♣ – S’amuser. Si tu veux retrouver tes lunettes d’enfant, Art Mella (une merveilleuse artiste, chercheuse d’eau et d’images ;-) ) propose un chouette exercice à faire sur son blog.

 

Les opportunités de s’émerveiller sont aussi nombreuses que les étoiles, cher visiteur, à toi de forger ton chemin entres les galaxies, si tu le souhaites ! Vers l’infini et au delà !

 

Lumière sur ta journée !

 

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Si cet article t’a intrigué, que tu as un peu de temps devant toi et que tu as envie de t’émerveiller (au travers d’une exploration périlleuse et renversante, je te préviens^^), je t’invite à emprunter d’autres paires de lunettes que les miennes et à regarder cette longue et magnifique vidéo sur la Conscience.

 

En Conscience

Source – Tistrya – Documentaire « En conscience »

 

 

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