Atelier Univers – Apprendre à s’émerveiller

 

univers-babillage

Hello hello, cher visiteur !

J’espère que tu vas bien, que tu as fait bon usage de ce petit nectar de folie que j’ai dissimulé dans ta besace la dernière fois et que tes lunettes en forme de cœur sont prêtes à l’emploi !

Aujourd’hui, nous retournons dans l’Atelier Univers et nous allons nous pencher sur l’un de mes outils préférés : l’émerveillement. Je te sers une coupe de nénuphou ou une tasse de monflu-crème (au choix^^) pour célébrer ce moment privilégié.

 

A ta santé et à tes rêves, merveilleux visiteur !


Source

 

Bien bien bien. ^^ Et maintenant, prends ta gradine et ton maillet, enfile ton tablier à fleurs, c’est parti !!!

Dans le dernier article, je te présentais l’Atelier de l’Univers, la démarche du Sculpteur de statue et ses premiers coups de maillets. Je te propose de t’intéresser, cette fois-ci, à un outil à consommer sans modération lorsque l’on choisit de suivre la voie et la voix de l’Univers : l’émerveillement, donc. Sacré sujet. Sujet sacré, à vrai dire^^.

Oui, cher visiteur ? Tu as une question ? Tu as raison, il y a plein d’outils sympathiques qui accompagnent le Sculpteur dans son périple vers lui-même. Alors pourquoi commencer par cet outil-là précisément ? Et bien parce que j’en ai envie, parce que mon intuition me dit que c’est le bon outil par lequel commencer et que lorsque j’envisage de t’en parler, l’énergie coule, les mots me viennent plus facilement : autant de petits signes Univers qui m’indiquent que c’est la bonne direction. ;-)

 

C’est quoi s’émerveiller ?

Commençons par une rapide définition sièclienne. S’émerveiller c’est, dans toute chose, choisir de voir la part lumineuse, le beau, le bon, le magique, l’inspirant. C’est ré-enchanter le monde. C’est valoriser l’être partout autour de soi. C’est ré-accéder à la profondeur de la vie à travers la légèreté. C’est se réconcilier avec sa part d’enfance, s’interroger, s’amuser d’un brin d’herbe, essayer de voir pour la première fois à chaque instant. C’est poser un regard aimant sur le monde et porter des lunettes en forme de coeur. C’est observer les rouages, les clés de la création et rendre grâce. C’est faire des bulles de savon, élargir sa croyance et déployer son imaginaire vers un horizon sans limites.

 


Source

 

Pourquoi cultiver l’émerveillement ?

Pour te donner une explication qui plaise davantage à ton mental, cultiver l’émerveillement, c’est faire d’une pierre trois coups :

  • Progresser dans son travail de Sculpteur, élaguer la gangue, se rapprocher de soi.
  • Générer une émulation positive qui rend le chemin, ses chutes et ses pentes escarpées plus faciles à négocier. En bref, de la motivation !
  • Trouver le plaisir, la joie dans l’instant présent, dès aujourd’hui.

 

dialogue1 Vaëlban : Pardon ? Excuse-moi de te déranger, Siècle, mais je ne vois pas en quoi le fait de m’écrier « Oh, un petit oiseau bleu ! Qu’il est joli ! Et en plus, il fait de la musique naturelle !!! » va me permettre de sculpter ma statue. Déjà, l’oiseau, il est extérieur, et tu m’as bien dit la dernière fois que mon seul terrain d’action, il était à l’intérieur de moi. Si je me focalise sur un pioupiou qui couine dans son nid, je ne saurais pas davantage qui je suis ! Je suis là pour travailler sérieux, moi ! Pour souffrir au service de la cause ! Pas pour chantonner, les yeux ouverts et la tronche naïve tournée vers les étoiles.

 

Bah justement, si !


Source – Apod Nasa

 

Siècle : Cher Vaëlban, hum, merci de partager avec nous tes questions. Déjà, je t’invite à réévaluer l’objectif final du Sculpteur de statue : savoir qui tu es, c’est une démarche sur le long terme. C’est incarner et même t’émonder en incarnant, pas à pas. Ce n’est pas viser et atteindre. C’est devenir. Dans cette optique, pratiquer l’émerveillement te permettrait, petit à petit, de te recentrer sur un sentiment (intérieur) de joie, de contemplation, de beauté et ce sentiment participe à ta transformation vers toi. L’émerveillement t’encourage à choisir l’Amour plutôt que la Peur. Lorsque tu ressens de la joie, lorsque tu admires, tu sculptes (parfois sans même t’en rendre compte) ta propre statue puisque tu dégages de sa gangue la part de toi belle, joyeuse, aimable et merveilleuse.

dialogue2
Deuxième point important dans ce que tu dis et qui m’interpelle : c’est qu’il faut souffrir pour sculpter et se transformer. Et que l’émerveillement (ressenti positif par excellence) ne peut logiquement pas être la voie qui mène à l’Univers, et donc à toi-même.

 

La souffrance – Petit point métaphysique (en quelque sorte^^)

Disclaimer : J’ai pas mal hésité avant de faire ce petit point métaphysique sur la souffrance, mais je trouve pertinent d’aborder les rouages de notre fonctionnement pour t’expliquer à quel point l’émerveillement a des répercussions profondes sur la structure de l’être. Comme toujours, ce qui suit a été dit et répété par de nombreux pious avant moi, et ce n’est que le fruit de ma réflexion que je t’expose. Une vérité authentique parmi d’autres. Si c’est trop emberlificoté et que ça ne te parle pas, n’hésite pas à défiler l’article jusqu’à la Fée Clochette et à reprendre ta lecture à partir de là. ;-)

C’est une erreur d’appréciation fréquente que de considérer la souffrance comme « l’unique chemin menant au divin » (je suis d’ailleurs la première à la faire, à la refaire, à la re-re-faire. >< Heureusement, il y a les myrtilles et le Dieu des Pious. Merci à eux). La culture judéo-chrétienne est enracinée dans nos sociétés occidentales, et nous avons (tous) intégré cet héritage plus ou moins conscient : la souffrance mène à « Dieu », il faut « souffrir pour être beau », on ne mérite l’accès au bonheur, à soi, que lorsque l’on traverse de grandes épreuves pour y arriver. D’un point de vue « Univers », ce n’est pas exactement comme cela que ça marche.

Ce qui est vrai, c’est que nous sommes confrontés (durant notre incarnation sur Terre) à la souffrance, physique, mentale, émotionnelle. Pour être précis, ce dont nous souffrons d’abord (la cause première sur le plan métaphysique), c’est la séparation d’avec le divin, avec la part divine en nous, avec nous-même. Lorsque nous nous incarnons, nous oublions qui nous sommes, et nous passons notre vie à rechercher (souvent inconsciemment) notre identité perdue. De cette séparation originelle découlent les autres formes de séparation et la souffrance sous toutes ses formes.

Prenons un exemple rigolo dans lequel je suis une poire : belle, entière, délicieusement courbe, ravissante. Oui, oui, je sais, cher visiteur, la poire est un noble fruit, un peu juteux, mais noble. Presque autant que la myrtille, je te le concède volontiers. Hum. Revenons à notre poire : un jour où l’aigle volait au-dessus des flots, j’ai pris mon couteau préféré et j’ai séparé la poire (que je suis) en deux. (Le pourquoi j’ai décidé de me fendre en deux est une question extrêmement intéressante, mais on ne va pas s’en sortir si je l’aborde ici, tu me pardonneras, j’espère, de ne pas m’y attarder aujourd’hui). Lorsque j’ai séparé ma poire en deux, j’ai créé, ce faisant, un vide entre les deux parts du fruit. J’ai oublié instantanément ma deuxième moitié et j’ai cru être (depuis toujours) une moitié de fruit. Depuis, je souffre de l’absence de ma totalité, sans avoir pour autant conscience que ma forme originelle, totale, entière, c’est la poire et non la demi-poire.

 

C’est mon couteau préféré qui a fait ça !°_°


Source

 

Notre part de lumière est bien là, elle est à sa place. Mais elle est incomplète. Notre aspiration au divin, à la totalité, c’est l’idée qui persiste dans notre inconscient de la forme de la poire entière. Puisque ma seconde moitié d’être à disparu, puisque je l’ai oubliée, je ne vois que le vide, l’absence.

Et c’est là que nous faisons généralement une petite erreur d’appréciation. Nous cédons au besoin impérieux de compléter notre poire avec la première chose que nous avons sous la main : la souffrance issue de la séparation. Cette souffrance va constituer la matière première de nos ombres.

Pourquoi cette erreur d’appréciation ? Le vide, si tu te souviens bien de l’opposition conceptuelle que je t’ai présenté dans le dernier article, c’est le Néant, c’est le contraire de l’Être. Ce vide m’est insupportable. Je suis prêt à tout accueillir plutôt que rien. Tout plutôt que ce vide, que ce manque, que cette absence de demi-poire ! Mon royaume pour une demi-poire complémentaire, qu’importe si elle est tissée de souffrance, de colère, de tristesse ! Pour accéder à ma totalité divine, j’embrasse ma souffrance, j’embrasse mes ombres, elles me sont nécessaires ! Je vais combler le manque de ma moitié perdue par n’importe quel moyen. Je vais (de manière quasiment automatique) répondre à ce besoin en construisant mes ombres et en les positionnant à l’endroit où je manque.

Que sont les ombres ? Les ombres sont l’expression énergétique, mentale, émotionnelle et physique de la Peur avec un P majuscule (soit le contraire de l’Amour avec un grand A). La Peur est issue de la souffrance de la séparation, du moment où l’Être (la poire) s’est déchiré en deux. Là où il n’y avait que la complétude de l’Amour, il y a aussi désormais (en négatif, dans le sens photographique du terme) la déchirure de la Peur. Les symptômes de la Peur sont, par exemple : la jalousie, l’angoisse, la colère, l’orgueil, la tristesse. Il y en a bien d’autres, cela va de soi.

Au final, nous voilà composés d’une demi-poire d’Être bien juteuse et fondante (l’expression de l’Amour) et d’une demi-poire d’ombres (l’expression de la Peur) qui nous semble indispensable et inamovible. Nous pensons que nos ombres, notre souffrance est le seul chemin pour re-devenir divin/entier. En fait, c’est la transcendance, la transmutation de la souffrance en lumière qui est divine (au sens christique du terme) pas le fait de serrer les dents et d’encaisser. Il y a souvent confusion sur cet aspect des choses. ;-)

Ce qui m’est, en réalité, nécessaire, ce n’est pas de souffrir ou de cultiver mes ombres, mais de retrouver la plénitude de ma forme entière.

 

Ceci est l’image de ma poire intérieure réunifiée : adorable, n’est-ce pas ?^^


Source – ©Karen l’Hémeury

 

Voilà venu le moment du choix. Le choix de sculpter ma statue pour retrouver la mémoire de ma forme primordiale, retrouver ma moitié de poire originelle, ou le choix d’accueillir une fausse moitié de poire qui me donne la sensation biaisée, éphémère, de retrouver mon entièreté. Mais souvent, je préfère cette illusion confortable plutôt que d’accepter le vide, et la quête de la demi-poire perdue.

Regardons dans le miroir cinq minutes : ne nous le cachons pas, nous avons tous constitué une demi-poire d’ombres pour palier à la séparation et au Néant. Tous. Et maintenant ? Maintenant, deux portes se matérialisent devant nos mirettes écarquillées. Si je prends la porte de métal aux arabesques argentées et parfaites, je choisis d’entretenir ma souffrance, mes ombres (quelles que soient leurs manifestations dans ma vie). Si je prends la porte en bois moussue, un peu brinquebalante sur les bords, je choisis de transformer, de transmuter, de mettre mes ombres en lumière.

L’ombre s’installe dans l’espace du manque. L’ombre, ce n’est pas l’adversaire, le démon, l’entité qui « combat la lumière ». L’ombre, c’est l’absence de lumière. Mais si j’éclaire mon ombre, elle disparait.

Pourquoi je ne le fais pas ? Tout simplement parce que j’ignore la cause de mes maux. Je confonds les symptômes (ou les causes indirectes) avec la cause première de ma souffrance. Parce que j’ai oublié pourquoi je souffre, parce que j’ai oublié que je suis séparé. Parce que je ne sais pas que ma demi-poire d’ombres a été générée pour compenser le vide, pour lutter instinctivement contre le Néant. Parce que, du coup, je crois que mon identité est une poire composée d’ombres et de lumière. Je crois que mes ombres sont inévitables. Et en posant cette croyance là (tous les jours), je renouvelle mon allégeance aux ombres, j’entretiens la pérennité de ma souffrance. Pour être plus précis, j’entretiens la pérennité de mon ressenti de souffrance.

Note : Il est essentiel de distinguer la souffrance extérieure (que je rencontrerai partout dans le monde) de la manière dont je ressens/je gère/j’accueille cette souffrance. Cette souffrance extérieure ne m’appartient pas et je ne peux pas la transformer d’un coup de baguette magique (même si ce serait cool^^).

 

Source

 

Ce qui compte, ce n’est pas ce que l’on vit, c’est ce que l’on ressent, ce n’est pas ce qui nous arrive, mais ce qu’on en fait.

 

« Frodo : I wish the ring had never come to me. I wish none of this had happened.

Gandalf : So do all who live to see such times. But that is not for them to decide. All we have to decide is what to do with the time that is given to us. There are other forces at work in this world Frodo, besides the will of evil. Bilbo was meant to find the Ring. In which case, you were also meant to have it. And that is an encouraging thought. »

The Lord of the Rings, Tolkien

 
(Je me permets une petite traduction en français pour les non anglophones.^^)
 

« Frodon : Je voudrais que l’anneau ne soit jamais venu à moi. Que rien de tout ceci ne se soit passé.

Gandhalf : Comme tous ceux qui vivent des heures si sombres. Mais ce n’est pas à eux d’en décider. Tout ce que nous avons à décider c’est quoi faire du temps qui nous est imparti. Il y a d’autres forces en action dans ce monde, Frodon, à part la volonté du mal. Bilbon était supposé trouver l’Anneau. Et puisque c’est le cas, tu étais également supposé le posséder. Et c’est une pensée encourageante »

Le Seigneur des Anneaux, Tolkien

 

Ma marge d’action est (once again, hé hé^^) à l’intérieur de moi : ma croyance, ma manière d’accueillir la souffrance extérieure, d’y répondre, de l’entretenir ou de la transformer. Au moment où je prends conscience de la cause première de ma souffrance (la séparation de ma poire), je récupère aussi la possibilité de poser une autre croyance, un autre choix. Je peux décider de me reconnecter avec ma moitié de poire originelle. Je peux décider de sculpter ma propre statue, décider de mettre mes ombres en lumière. Et une excellente manière de transmuter ses ombres en lumière, c’est… d’apprendre à s’émerveiller.^^

Vaëlban : J’en suis comme deux ronds de poire écrabouillés !°_°

Siècle : Je te comprends, c’est des trucs compliqués tout ça. T’inquiète pas, on va passer à des choses plus pragmatiques, à présent ! Pour reprendre tes mots, mon grand : à chaque fois que tu écoutes vraiment le chant d’un oiseau, que tu t’extasies sur la couleur de son plumage ou de la perfection avec laquelle il agence les branchages de son nid, tu es sur le chemin de l’Univers et tu te rapproches de toi. Tu vois, l’émerveillement te permet de sculpter ta propre statue. Il te permet aussi de générer de l’émulation. De te nourrir de matière positive, de t’abreuver de nectar de piou mis en bouteille. L’émerveillement te donne envie de continuer d’avancer, de voir la suite, de progresser. Un peu comme si tu te coachais toi-même sur le chemin de l’Univers.^^

Vaëlban : Allez, Vaël, tu peux le faire !!!

Siècle : Voilà.^^

Vaëlban : Je donne tout ce que j’ai là.

Siècle : Brave petit. La cerise sur le gâteau, c’est que plus tu t’émerveilles, plus tu vis, au quotidien, des moments où tu te sens bien, où tu te sens heureux, il y a donc un troisième effet Kiss Cool qui s’installe assez vite lorsque l’on apprend à s’émerveiller. Et ça fait du bien !

 

 « Kiss Cool, c’est frais, mais c’est pas grave »


Source

 

L’émerveillement : Comment ça marche sur le plan énergétique ?

Pfiiiouuuuu… ça dépote, tout ça !^^.

Courageux visiteur, je te file deux ou trois notions sur le fonctionnement de l’émerveillement et après on passe aux travaux pratiques. D’accord ? Tu te souviens de tes trois premiers coups de maillet (ceux qu’on a donné ensemble dans l’Atelier précédent) : la responsabilité envers soi-même, agir plutôt que subir, remplir son Lac ?

Pour s’émerveiller, on va avoir besoin des trois. S’émerveiller c’est remplir son Lac. Pour s’émerveiller, il est essentiel de savoir qu’on a le choix de ce que l’on sème à l’intérieur de soi, de ce qu’on cultive en positif ou en négatif. On reprend alors sa responsabilité en agissant dans le sens de l’émerveillement et non en subissant les ombres douillettement installées dans leur cocon d’habitude. Oui, je sais, ce n’est pas facile, elles sont tenaces, les coquines !

Vaëlban : J’en ai marre ! Pourquoi elles s’accrochent comme ça, ces ombres velues ? Je frotte, je passe la serpillère, je me concentre super fort pour voir le positif, mais j’y arrive pas ! Il y a des vagues entières de rancune et de fatigue qui me submergent la gueule jusqu’à plus soif ! C’est trop dur de faire pioupiou, en fait !

Siècle : Bah oui.

Vaëlban : Comment ça « bah oui » ? Tu fais pioupiou tout le temps, toi !

Siècle : Et tu croyais que c’était naturel, que ça faisait partie intégrante de ma petite personne et que je suis née comme ça ?

Vaëlban : Euh… bah oui.

Siècle : Bah non. En réalité, le Dieu des Pious, c’est la forme que j’ai choisi de donner à mon émerveillement quand j’ai commencé à le cultiver, il y a plusieurs années. Avant, je ne faisais pas pioupiou du tout. Je contemplais, le front noble et l’œil humide, la profondeur de mes abysses et les splendides ombres qui valsaient pour l’éternité sur l’océan de ma souffrance !

Vaëlban : Ah ouais… ça avait l’air sérieux, ton histoire. Classe, hein, mais…

Siècle : Déprimant ?

Vaëlban : Ouais, j’avoue.

Siècle : Un poil grandiloquent sur les bords ?

Vaëlban : C’est toi qui le dit !

Siècle : En effet. Tu veux un bonbon à la myrtille ?

 

Source

 

Vaëlban : Euh… Peut-être une prochaine fois ? ><

Siècle : A ta guise, mon grand. Tout ça pour dire que s’émerveiller, ce n’est (la plupart du temps) pas une capacité innée. La raison pour laquelle on a l’impression de s’engluer dans des tas d’ombres lourdes et pas pioupiou, c’est parce que, pendant des années, on a choisi d’entretenir son ressenti souffrant plutôt que son ressenti positif. On récolte les graines de centaines de moissons passées. Notre énergie se coule bien plus facilement dans le vieux sillon de trois mètres de profondeur plutôt que dans le nouveau chemin que l’on vient d’esquisser.

On sème pour aujourd’hui et demain. On récolte ce que l’on a semé hier et aujourd’hui. Forcément, au début, l’émerveillement nous parait factice, forcé, artificiel. C’est la réitération du geste émerveillé, c’est le fait d’arroser la graine du merveilleux tous les jours (qu’il vente, pleuve ou fasse soleil) qui va permettre à l’arbre de l’émerveillement de prendre racine à l’intérieur de nous. Grâce à la répétition et à la persévérance, l’énergie creuse un nouveau sillon qu’il nous sera de plus en plus facile d’emprunter au fil du temps et de préférer à l’ancien sillon.

 

On suit la règle des 3C : Création. Constance. Confiance.

  • Je crée un nouveau sillon, je plante la graine du merveilleux en moi.
  • Tous les jours, toutes les heures, toutes les secondes, constamment, je l’arrose.
  • J’y crois à cette graine, j’ai confiance en ce qu’elle m’apportera et en l’Univers qui me l’a confiée.

 

L’arbre du Merveilleux


Source – The Fountain

 

Apprendre à s’émerveiller

Ça va, cher visiteur ? Tu es toujours là ? (Je m’émerveille que tu sois toujours là.^^)

Vaëlban : Moi je suis toujours là en tout cas ! Ca y est, tu as fini de blablater ? On passe aux travaux pratiques ?

Siècle : Allons-y !

C’est quoi la technique ultime pour s’émerveiller ? Eh bien, il n’y en pas. Ou plutôt, il y en a un nombre infini. Le meilleur conseil qu’on pourrait donner à celui ou celle qui décide de semer l’émerveillement dans sa vie, c’est de fabriquer sa propre recette avec les ingrédients qui lui conviennent et de l’assaisonner avec sa propre sauce magique.

 

Use your imagination !

Source – ©Hook/Steven Spielberg

 

Déjà, un point à retenir (même si on n’arrivera pas à le mettre en application à chaque instant) : on peut s’émerveiller de tout, tout le temps. S’émerveiller de petites, moyennes et grandes choses. S’émerveiller, ce n’est pas être niais, naïf, ignorant des dures réalités du monde, c’est avoir la sagesse de balayer d’abord à l’intérieur de sa maison avant de balayer devant sa porte. C’est planter du bonheur pour soi et pour les autres. S’émerveiller, c’est prendre soin. Ce qui nous émerveille, ce qu’on aime, on a aussi envie de le protéger, de le partager.

 

Voilà quelques pistes d’émerveillement :

 

  • Se nourrir de la beauté du monde

Contempler la beauté et s’y attarder partout où elle frappe notre œil, notre oreille, nos papilles, nos sens, c’est une excellente manière de s’émerveiller. La beauté peut prendre bien des formes, peut conjuguer les sens, les savoirs-faire, la nature et la création de l’esprit. On peut la voir au coin de la rue, à travers la Toile, les images, les sons, l’art, le cosmos.

 

La nature est une source perpétuelle de beauté


Source

 

« There is a sunrise and a sunset every day and you can choose to be there for it. You can put yourself in the way of beauty »

(Wild, Jean-Marc Vallée)

 
(En en français, ça donne…)

« Chaque jour, le soleil se lève et le soleil se couche et tu peux choisir d’être là pour le contempler. Tu peux te placer sur le chemin de la beauté » »

(Wild, Jean-Marc Vallée)

 

On peut s’émerveiller de l’infiniment grand

Source : Nasa/APOD

 

S’émerveiller de l’infiniment petit


Source – Boîte de Petri

 

De la patte de l’homme dans la matière

Source – La Sagrada Familia

 

De la virtuosité scénique et musicale

La reine de la Nuit – Diana Damrau dans La Flute enchantée – Mozart
     

  • S’émerveiller à travers l’empathie

On accède aussi à l’émerveillement par le biais de l’empathie. Non pas l’émotion personnelle qui nous submerge, mais la capacité à se mettre en lien avec tout ce qui est. Un peu comme si le monde/les autres étaient une extension du soi, et qu’il y avait un peu de nous dans chaque être vivant.

L’empathie, la vibration de connexion entre les êtres, est la quintessence du merveilleux.

Se poser la question de la perception de l’autre. Voir en chacun le beau. Mettre en valeur ce qu’il y a de plus touchant chez lui, chez elle, c’est ennoblir, adouber le merveilleux dans sa propre vie et dans celles de ceux qui sont enluminés par le regard émerveillé.

 

Naissance et connexion

Source

 

Parfois, on entre en lien avec des émotions ancestrales, inexplicables par les mots, ou par la logique. Là encore, l’empathie est à l’oeuvre.

 

Les racines de l’émotion sont partout

Source
     

  • On peut aussi cultiver l’émerveillement par des exercices pratiques au quotidien

♥ – Remercier. Pour ce qui nous est donné de vivre. Les petites choses qui embellissent notre existence, mais aussi les épreuves douloureuses dont nous pouvons tirer des fruits. Plus on remercie, plus on arrose en soi un sentiment de reconnaissance qui pousse comme une fleur d’émerveillement. Remercier ou rendre grâce, cela semble très très simple comme geste. Mais le faire vraiment demande une grande volonté. Il s’agit d’un acte énergétique pourtant extrêmement puissant.

♦ – S’entraîner à voir le verre à demi-plein et non le verre à moitié vide dans toutes les situations que nous expérimentons. On peut, par exemple, s’exercer en tenant un cahier dans lequel on écrira 10 réalités de notre vie pour lesquelles nous sommes reconnaissants tous les matins.

♠ – Transformer ses habitudes. On peut choisir de se reprendre à chaque fois que l’on se plaint de quelque chose, changer ses mots, son vocabulaire, y introduire des notions joyeuses, lumineuses, légères.

♣ – S’amuser. Si tu veux retrouver tes lunettes d’enfant, Art Mella (une merveilleuse artiste, chercheuse d’eau et d’images ;-) ) propose un chouette exercice à faire sur son blog.

 

Les opportunités de s’émerveiller sont aussi nombreuses que les étoiles, cher visiteur, à toi de forger ton chemin entres les galaxies, si tu le souhaites ! Vers l’infini et au delà !

 

Lumière sur ta journée !

 

universsigleuniverssigleuniverssigle

 

+++

Si cet article t’a intrigué, que tu as un peu de temps devant toi et que tu as envie de t’émerveiller (au travers d’une exploration périlleuse et renversante, je te préviens^^), je t’invite à emprunter d’autres paires de lunettes que les miennes et à regarder cette longue et magnifique vidéo sur la Conscience.

 

En Conscience

Source – Tistrya – Documentaire « En conscience »

 

 

Exercer sa créativité !

Cher visiteur, lumière sur ta journée !

Aujourd’hui, je vais babiller le temps d’un court article (une fois n’est pas coutume^^) au sujet de la créativité.

Comme tu peux le voir à t’en écarquiller les mirettes : création, acte créatif, créateurs de tous poils, créatures à lunettes et autre créa-choses prolifèrent librement sur ce blog. Ils en sont même l’objet principal. Que l’on parle d’écriture, d’œuvres d’art et d’initiatives créatives, ou de développement personnel, le fil rouge d’HSGT, le point commun entre ces différents sujets, c’est toujours l’acte créateur.

 

Devenir en créant !

Source

 

Pourquoi cette obsession pour la création, ma petite Siècle ? me diras-tu. Est-ce que tu gagnes une myrtille à chaque fois que tu places le terme créatif dans l’un de tes articles ? Pas exactement. Mais, euh… en fait si. En quelque sorte. L’Univers adore qu’on parle de création et il me récompense en myrtilles énergétiques. Merci Univers.^^

Hum. Entrons dans le vif du sujet. Pour amorcer cette réflexion, je vais utiliser une image, celle des journées-boucles et des journées-surprises. On y va ? Prêt, feu, partez !

 

Journées-boucles et journées-surprises

Dans la vie de chacun d’entre nous, il y a des journées-boucles et des journées-surprises. Les journées-boucles sont celles durant lesquelles nous répétons une routine quotidienne, des habitudes, des gestes automatiques. Lorsque nous observons, ultérieurement, cet ensemble de journées-boucles, notre mémoire nous fournit (avec papier cadeau en prime) une seule journée-souvenir ornée d’un gros ruban. Un peu comme si les événements vécus lors de ces différentes journées s’étaient contractés pour n’en former plus qu’un.
Si nous accumulons un grand nombre d’actions-boucles ou de journées-boucles, le temps accélère et nous avons souvent l’impression de nous faire dépasser par le train de la vie et de rester à quai. Immobile. Spectateur. Pas ultra agréable comme sensation, je te l’accorde volontiers.

 

Attendez-moi !°_°

Source

 

Ce qui va donner de la couleur, du mouvement, une délicieuse odeur de vivant à notre existence, ce sont les journées-surprises, celles qui rompent avec le quotidien de mille et une manières.

 

Comment génère-t-on une journée-surprise, par exemple ?

  • En partageant un moment important avec une personne (et je ne pense pas à un échange du type : « tu as pensé à acheter du pain, ce matin ? Non, la boulangerie était encore fermée ! Décidément, ça devient une habitude, ils feraient mieux d’ouvrir un magasin d’origamis à la place ! » Là, on est dans un échange-boucle).
  • En se détachant suffisamment de l’habitude pour s’émerveiller de ce qui nous entoure et de ce que nous vivons. On reviendra plus en détail sur la notion d’émerveillement dans l’Atelier des sculpteurs au prochain article.
  • En vivant des événements nouveaux, imprévus ou qui nous engagent en profondeur, qui nous demandent d’improviser, de sortir de notre zone de confort, de prendre des décisions. Typiquement, quand je pars en voyage (au hasard^^), chaque journée diffère de celle d’avant, je parle à de nouvelles personnes, mon environnement varie, suscitant des réflexions inattendues, un expérientiel unique.

 

Les journées-surprises sont comme des cadeaux : une expérience de plus dans le sablier du temps !


Source

 

Géant ! t’enthousiasmes-tu. Je signe tout de suite pour des journées-surprises à gogo ! Avec plaisir, cher visiteur, pioche donc une paire de lunettes en forme de paquet cadeau dans le chapeau d’allégeance ! Tu commences à me connaître alors je suis certain que tu sais ce que je m’apprête à te dire : il t’appartient de vivre une journée-boucle ou une journée-surprise, c’est à toi de choisir. ;-)

Oui mais, contestes-tu encore, je n’ai pas la possibilité de partir en voyage, les conversations passionnantes, encore faut-il les dénicher… et une baguette de pain me serait bien plus utile qu’un origami ! Si je signe, il est où mon ingrédient magique ?

Le veux-tu, le voilà ! L’ingrédient magique, celui ce qui différencie les journées-boucles des journées-surprises, c’est… taratataaaaaaam… l’acte créatif ! (Je t’ai pris par surprise, là, avoue !^^)

Oui, parce que créer, ce n’est pas seulement créer « une œuvre », c’est aussi créer une situation, un projet, une relation. Trouver des solutions. C’est innover, improviser, imaginer, élucubrer, inventer. Lorsque nous nous mettons en « mode créatif », nous basculons du même coup en mode conscient, éveillé, actif. Nous réveillons la part de nous-même (semi-comateuse, à force de répéter en boucle °_°) qui veut le mouvement, l’inattendu, l’expérience, qui veut apprendre. Nous l’aiguisons, nous la défions d’échafauder, de projeter, d’assembler, de concevoir. Nous la libérons de son carcan d’habitude. Or, cette part de nous en meurt (et pas que littéralement) d’envie car son essence, c’est justement de créer. De créer dans le monde et de se créer elle-même au passage.

Lorsque je vis des journées-surprises, j’ai l’impression que le temps s’étire et ma mémoire me restitue, au final, plusieurs journées-souvenirs enrubannées au lieu d’une seule. Créer, c’est vivre deux fois (ou plus), à travers un rapport au temps différent d’une part, et à travers la multiplication (et non la répétition) des expériences que nous faisons, d’autre part.

 

Créer, c’est vivre deux fois


Source

 

Il est où le piège ?

Si c’est si facile de créer, si c’est un besoin, pourquoi ne déployons nous pas notre créativité à tous les vents tel le cerf-volant moyen ? Nous sommes ralentis par notre environnement, nous sommes arrêtés par nos peurs.

Prenons un exemple très concret d’environnement qui peut brider la créativité : la systématisation et l’automatisation des tâches. La vie d’entreprise simplifie, réglemente, sectorise le travail dans un objectif d’efficacité. Si de nombreuses personnes sont malheureuses ou peu motivées par leur quotidien professionnel, c’est parce que celui-ci a été vidé de toute part créative, de la responsabilité personnelle d’innovation, de l’opportunité de concocter des solutions, d’inventer des projets. L’effet pervers de cette situation, c’est que l’entreprise qui fonctionne ainsi se prive de la richesse créative de ses membres qui perdent leur motivation à s’investir dans les tâches quotidiennes… désormais vidées de sens/d’essence. Bien entendu, ce n’est pas une généralité et il y a des entreprises tout à fait créatives, au demeurant. 

La vraie raison, celle qui nous fige, prend toujours racine au même endroit : la peur. Nous avons souvent peur de devenir créateur, peur de créer, car nous craignons de chuter, de ne pas être à la hauteur de nos propres espérances, ou devrais-je dire de nos propres exigences. Nous craignons de nous perdre en chemin, de devenir autre. Et cette peur nous paralyse. Si nous acceptons la responsabilité de notre créativité, nous acceptons aussi le pouvoir qui va avec et ce que nous en faisons, ou n’en faisons pas… ;-) Je ne développe pas davantage ce point ici car j’en ai déjà parlé en détail le mois dernier dans l’Atelier Univers.

 

Ouverture

Sur le long terme, l’acte créateur nous offre un grand nombre de journées-surprises, il nous offre du temps, il nous abreuve de sens.
Lorsque nous créons, nous sommes plus vivants, nous vibrons davantage. Nous sommes plus heureux aussi. Nous nous nourrissons, nous nous transformons, nous nous renouvelons. Nous libérons notre image in air pour aller à la rencontre de nous-même.
C’est pourquoi, saisir toute occasion de créer, petite et grande, sur le court, le moyen et le long terme mène à l’épanouissement. C’est pourquoi, à titre personnel, je me crée l’occasion de créer (des articles) en créant un blog où l’on parle de création. Par exemple.

 

Et hop !^^


Source

 

Et toi, cher visiteur, crées-tu tes propres portes ?°_°

Et si on empruntait les lunettes de… Cindy Van Wilder !

 

ecriture-lunettes

Cher visiteur, je te salue !

Aujourd’hui, je suis joie, car je reçois pour la première fois d’autres paires de lunettes que les miennes sur HSGT – et quelles paires de lunettes ! Accroche-toi à tes moustaches, prépare-toi à rencontrer la seule, l’unique, la merveilleuse Cindy Van Wilder.

 

Cindy Van Wilder

portrait_salon_fantastique
Source : Cindy Van Wilder

 

Qui est Cindy Van Wilder ? Question facile. Une auteur de talent à la plume à la fois aiguisée et enchanteresse. Cindy n’a pas peur d’oser. Dans ses romans, elle explore plus d’un univers, des thèmes durs et sensibles, et des ambiances où le merveilleux et le parfois grandiose se mêlent au vulnérable, à l’intime, au caché. Les ombres de l’être affleurent dans ses personnages qui combattent pour leur droit d’exister. Il y a de la poésie dans ses mots, celle de la plume, mais aussi celle du cœur ouvert.

Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous invite à découvrir la trilogie des Outrepasseurs parue chez Gulfstream et dont le premier tome, Les Héritiers, a remporté le prix des Imaginales 2014 (catégorie jeunesse). Cindy est également l’auteur de Memorex, un thriller haletant et sans concessions, paru chez Gulfstream en 2016.

 

Les Outrepasseurs, tome 1 et 2 !

1-722-72

Source : Cindy Van Wilder et Gulfstream

 

Parce que nous sommes chanceux, en 2017, Cindy publiera deux nouveaux romans : Ferenusia, spin off de la série des Outrepasseurs qui a des furieuses allures de tome 4, là aussi aux éditions Gulfstream. Et son dernier projet contemporain que j’attends, pour tout vous dire, avec grande impatience : Ce soir, le ciel nous appartient, cette fois-ci aux éditions Scrineo.

 

Le Libérateur

3-72

Source : Cindy Van Wilder et Gulfstream

 

Maintenant que te voilà préparé à la rencontre qui se profile, cher visiteur, je chausse mes lunettes en forme de cœur pour accueillir Cindy.

*La voilà qui entre dans mon royaume de son pas fier et altier.*

Siècle : Bonjour Cindy ! Merci de nous prêter tes lunettes le temps d’une interview !

Cindy : Avec grand plaisir :)

Siècle : Je vais commencer par te poser une question de base. Simple formalité indolore (ou presque), ne t’inquiète pas ! Qui es-tu et à quoi ressemble ta paire de lunettes, celle à travers laquelle tu regardes le monde ?

Cindy : Je suis une rêveuse, qui n’a pas pour autant oublié ses pieds sur terre. Mes lunettes ne sont ni roses, ni noires, un mélange de blanc (pour l’écoute envers les autres) et de gris (pour respecter toute la nuance du réel autour de nous). Mes verres ne sont ni carrés ni ronds, mais un large rectangle pour absorber le plus possible. :)

Siècle : Une réponse comme je les aime ! C’est un plaisir d’emprunter tes lunettes panoramiques pour plonger dans ton univers. Entrons dans le coeur du sujet. Te souviens-tu de la première fois où tu as eu le sentiment de « vraiment écrire » une histoire jusqu’au bout (même un texte très court) ?

Cindy : Bonne question… J’ai eu ce sentiment, non pas sur un texte fini, mais sur des passages du premier « vrai » roman dans lequel je me suis investie, à savoir donc le Tome 1 des Outrepasseurs. J’ai l’habitude de comparer ces moments, où tout semble couler de source, où il n’y a plus que le texte qui compte, à des moments de transe. Et c’est vraiment ce que j’ai ressenti sur ce roman. Après, il y a toujours des jours sans, des moments où tu batailles avec les mots, avec toi-même aussi – tu voudrais exprimer tellement de choses mais tu ne trouves pas la manière, tout te semble bancal. Donc, quand ces moments de grâce arrivent, hé bien, tu en profites à fond (et tu les gardes en mémoire pour plus tard – la preuve que oui, tu peux écrire).

Siècle : Il est vrai que les jours derrière le clavier ne se ressemblent pas et qu’il est précieux de garder en tête qu’on a pu écrire et qu’on le pourra encore. Dis-moi, le premier jet des Outrepasseurs, c’était il y a combien de temps ?

Cindy : Le NaNo 2008 ! Et oui, ça remonte quand même !

Siècle : Je suis curieuse (ça n’étonnera personne) : de quoi parlait ton texte lors de ces moments de grâce ?

Cindy : ZE bonne question ^^ Je pense qu’il devait s’agir du premier passage où le Chasseur apparaît, la première fois où je me suis dit que j’allais peut-être réussir à trouver la voix de ce personnage disons tellement controversé. ^^

 

Controversé un peu comme ça ?

lady-of-the-woods_1981

Source –  ©Susan Seddon Boulet

 

*Cher visiteur, notre interview est momentanément interrompue par l’irruption d’un invité inattendu*

« Votre naissance se déroule dans les cris de douleur et le sang. Vous, mortels, ne connaissez pas d’autre manière de venir au monde. Vous êtes des créatures si étranges. Si fascinantes également. Vous n’osez croiser mon regard : vous mettrait-il mal à l’aise ? Ressaisissez-vous ! Mon histoire débute à peine. En plein cœur de Féerie, quand cette dernière régnait encore sur la terre. Alors que vos ancêtres se dressaient sur leurs jambes chancelantes, encore à moitié animaux, les miens chantaient et dansaient sous le regard bienveillant des dieux d’antan. Nous étions beaux, forts et puissants. Nous avions l’éternité devant nous et le monde nous appartenait. Du moins l’avons nous cru. »

(Le Chasseur dans… les Outrepasseurs, Tome 3, Le Libérateur, Chapitre 2)

*Hum, il semblerait que notre invité se soit évaporé de son propre chef. Tant mieux, il n’a pas l’air commode. Bref, reprenons.*

 

Siècle : Tu nous en dis un poil plus sur ce personnage controversé ? Pourquoi est-il si spécial à tes yeux ?

Cindy : D’abord parce qu’il est aux antipodes de ce que je suis ou encore de ce que je pouvais me représenter comme personnage. Il est cruel, il n’écoute que ses désirs, ses impulsions, c’est quelqu’un qui se fiche de blesser les autres tant que lui obtient ce qu’il veut. Ce qui était intéressant, c’est de voir son évolution, comment le lien qu’il développe avec X (je ne vais pas le mentionner sous peine de spoiler) le transforme lui aussi. Y’a un côté « rédemption de bad boy » même si le Chasseur est réellement un criminel. Après, c’est aussi un éternel malheureux, une âme en peine. Ce qui est surtout visible sur l’évolution de la saga. Au final, je ne sais pas lequel des deux, de moi ou de lui, s’avère le plus cruel ! :)

 

*L’air se rafraichit, le vent souffle, un rire malveillant s’immisce dans ma conversation avec Cindy. Ah non, pas encore !*

« La curiosité brille dans vos yeux. Vous vous demandez de quelle manière ma chute s’est produite. Quand ai-je quitté les miens et n’ai-je plus jamais regardé en arrière ? Quand je suis devenu ce que je suis, à présent : un prédateur sans pitié, un monstre ? Je devine vos suppositions, les hypothèses que vous élaborez dans votre petit crâne de mortel. Votre appétit s’aiguise, votre satisfaction aussi. Chère petite âme, comme vous brûlez de connaître ma déchéance ! Vous permettra-t-elle de mieux supporter votre vie misérable et dénuée d’intérêt ? Vous endormirez-vous mieux le soir en pensant à moi ? Comme c’est touchant ! Vous vous en défendez, bien entendu. Vous n’êtes pas de ce bois-là. Silence ! Sinon, je mettrai un terme définitif à votre hypocrisie. Souvenez-vous que je suis un être amoral. Et dangereux. »

(Le Chasseur dans… les Outrepasseurs, Tome 3, Le Libérateur, Chapitre 7)

*Un origami ensorcelé ou deux, et la présence magnétique s’évapore. Pfiouuuu ! Sacré gaillard, tout de même !°_°*

 

Siècle : Un personnage savoureux, ce Chasseur. On en redemanderait presque au dessert…

 

Et comme ça… controversé ? °_°

artemis_1986

Source –  ©Susan Seddon Boulet

 

Siècle : Hum. Revenons à nos fés, pardon, à notre interview. Pourquoi as-tu commencé à écrire et pourquoi écris-tu aujourd’hui ? Est-ce que tes motivations ont changé entre ta première histoire et celle sur laquelle tu travailles actuellement ?

Cindy : Je ne dirais pas qu’elles ont changé, mais elles se sont certainement affinées. Je pense qu’on écrit d’abord pour soi (cliché mais vrai). Pour cette voix qui nous susurre à l’oreille, ces images qui s’imposent à nous, ce fourmillement dans les doigts. Pour le plaisir de voir les personnages, qui nous sont à la fois tellement familiers et étrangers, apparaître.

Ensuite, écrire pour les autres, c’est un choix. Perso, je l’ai fait très vite, je voulais partager mes histoires avec d’autres, c’était un besoin. Comme disent les anglophones : no man is an island. Le mythe de l’écrivain seul dans sa tour d’ivoire, je n’y ai jamais cru. Et dans ce cadre, je n’aurais pas pu mieux tomber que sur CoCyclics.

Siècle : Quand tu dis que c’était un besoin, tu peux préciser ?

Cindy : Besoin de voir les réactions des autres, de se dire que peut-être tu parviens à les distraire, les tenir en haleine, les faire rêver. Et à présent, dans le monde où nous vivons aujourd’hui, j’ai aussi pris conscience de voix qui ne sont pas toujours entendues, mais qui sont bel et bien là. Qui existent. Des voix qui ressemblent parfois à la mienne, parfois pas du tout. Mais tout ce qu’elles ont à dire m’intéresse. Et c’est un travail conscient de ma part de les inclure dans mes histoires autant que je peux.

Siècle : Ah, je suis bien aise que tu ailles dans cette direction là… parce que justement, je voulais t’en parler, de ces voix.^^ J’ai lu tes romans (avec grand plaisir), et cela fait un petit moment que je suis ce qui se passe sur ton blog. Je voudrais m’arrêter sur une question spécifique qui revient souvent dans tes posts. Celle de l’identité. Et plus spécifiquement de l’identité en souffrance, en recherche, et confrontée au regard pas toujours bienveillant des autres. Un sujet que tu as déjà évoqué sur les réseaux, au travers de tes chroniques pour des romans LGBTQIA+ et par le biais de tes personnages et de leurs dilemmes. Tu veux bien nous expliquer pourquoi c’est un thème important pour toi ?

 

Memorex

Adobe Photoshop PDF

Source : Cindy Van Wilder et Gulfstream

 

Cindy : On dit souvent que l’auteur, par le jeu de l’écriture, par le truchement de ses personnages, se cherche soi-même. Dans mon cas, je n’avais pas mesuré à quel point c’est vrai. On se cherche toujours un peu. On se retrouve aussi dans ce qu’on écrit (et c’est parfois même dérangeant de voir à quel point c’est vrai).

Je me suis rendue compte aussi que, depuis quelque temps, j’avais envie de m’ouvrir à d’autres thématiques, d’autres questions qui m’ont toujours attirée plus ou moins inconsciemment. La question de l’identité de genre, de la manière dont on se définit, envers soi et les autres, en fait partie. Et le large spectre que j’ai pu découvrir par ce biais me fascine.

Je parlais de voix tout à l’heure, j’évoquais mes lunettes aux teintes de gris, ce qui reflète justement, à mon sens, la diversité qui existe autour de nous. Une diversité malheureusement encore trop niée au profit de la seule vision que nous impose notre société – hétéro, blanche, cisgenre. Et c’est d’autant plus toxique qu’on nous l’impose dès l’enfance, avant même que nous n’ayons conscience que la réalité, elle, se décline dans une large palette de mots et de couleurs (comme, par exemple, le Rainbow Flag). Donc oui, c’est quelque chose qui me touche, qui me concerne et dont j’entends bien poursuivre l’exploration notamment dans mes écrits.

Siècle : Merci de ta longue réponse. Pour préciser un peu ton point de vue, je me demandais quel rôle peut avoir, d’après toi, le créateur et ici l’écrivain sur ces sujets douloureux ?

Cindy : Pour moi, l’acte d’écrire est aussi militant. Un mot qui peut faire peur, mais qui décrit aussi une réalité. Que nous en ayons conscience ou pas nous transmettons des messages dans nos romans. Nous reflétons notre univers, nos référents. Et dans ce sens, je pense que l’écrivain, surtout quand il écrit en YA (pour un public Young Adult), ce qui est mon cas, peut aussi offrir à ses lecteurs une autre vision que celle qu’on peut leur offrir habituellement. Il/Elle peut leur dire « Je vous entends, je vous vois, vous faites partie de mon monde également ». Et c’est un message très précieux à transmettre, surtout maintenant.

Siècle : Je te remercie beaucoup de partager ta vision avec nous, Cindy. Tu nous montres bien de quelle manière l’écrivain peut (s’il en fait le choix) dégringoler de sa tour d’ivoire pour se retrouver au coeur du réel. Et qu’il choisit, au fond, de qui ou de quoi il se fait le porte parole.

Cindy : C’est moi qui te remercie de me poser cette question et de m’offrir cet espace pour m’exprimer !

 

*Siècle sort un mouchoir avec discrétion pour tapoter les verres de ses lunettes en forme de cœur.*

29d5cdcd

Source

 

Siècle : Y a-t-il d’autres thèmes qui te tiennent à coeur et que tu souhaites aborder dans tes romans (d’aujourd’hui et de demain) ?

Cindy : Oh, je pense que les thèmes à explorer sont impossibles à recenser ! Tellement riches, tellement nombreux, et je suis certaine que je ne suis qu’au début de mon cheminement dans ce cadre.

Siècle : Une petite souris m’a d’ailleurs chuchoté à l’oreille que ton #NouveauRoman allait adopter une paire de lunettes bien particulière : celle de personnages qui se cachent d’ordinaire dans les coulisses. Tu veux bien nous en dire un peu plus ?

Cindy : Ah je vois que tu as de très bons informateurs. :D Donc oui, #NouveauRoman, dont le titre provisoire est Ce soir, le ciel nous appartient, va avoir comme fil rouge l’apparence physique. Comme je le disais dans sa vidéo d’intro, mes deux personnages principaux seront gros – ou du moins, ils se percevront comme tels. Et sans spoiler, je peux dire qu’il ne sera en aucun cas question de régime pour eux :D comme ce que l’on voit encore bien trop souvent dès que ce thème est abordé dans les fictions.

 

Ce soir, le ciel nous appartient – Présentation

Source : Cindy Van Wilder – Chaîne Youtube

 

Le message principal de ce roman, c’est vraiment l’acceptation de soi, le body positivity, même si on ne correspond pas aux normes. Bien entendu, j’aborderai aussi d’autres thématiques, et pas toujours liées à l’apparence physique, mais ce thème me tenait particulièrement à coeur. Et surtout pour du Young Adult !

Siècle : En effet, on rejoint bien là ce que tu nous disais plus haut sur le rôle de l’écrivain qui peut choisir de dire « je vous entends et vous faites partie de mon monde également » à des personnes qui se sentent exclues des spotlights et des normes sociales.

Cindy : Exactement.

Siècle : La question traditionnelle que tu attends et à laquelle tu n’échapperas pas : aurais-tu un conseil à donner aux écrivains en herbe ?

Cindy : Les trois que je donne d’habitude en fait. :)

Primo : écrire. Ecrire, écrire, et écrire. Il ne faut pas croire que ce qu’on nomme talent nous tombe tout cuit dans le bec ou que l’inspiration divine va un jour nous apparaître – la réalité de l’écriture est plus prosaïque. C’est en écrivant qu’on devient écrivain.

Donc au taf !

 

Adoptez la Kawaii Keyboard attitude !

twhkez3fhooplfx8jqz2exjhspq
Source

 

Secundo – lire. Développer son sens critique, sa curiosité culturelle, et lire de tout – sortir de sa zone de confort, explorer d’autres horizons.

Tertio enfin – ne pas rester dans sa tour d’ivoire ! Au contraire – avoir autour de soi des gens qui partagent la même passion, le même intérêt ne peut qu’être bénéfique. Pour se soutenir, pour s’entraider, pour se relire aussi. Je sais que je ne suis pas arrivée là sans avoir pu compter sur le soutien de ceux et celles qui me donnent encore de l’énergie à présent.

Siècle : Des conseils à graver dans le marbre, merci Cindy ! Une dernière question pour la route. En fait, c’est plutôt un jeu. Je te donne deux ou trois mots et tu me dis en une (seule) phrase spontanée (sans trop réfléchir), ce que cette expression ou ce nom t’évoque. Tu es partante ?

Cindy : A fond !

Siècle : Alors, c’est parti !^^ Si te te dis : murène à poils longs ?

Cindy : Mon chat, qui est quand même vachement plus gentil qu’une murène ! :D

Siècle : Elliot Wake ?

Cindy : Un auteur qui est définitivement entré dans mon panthéon personnel – lisez Black Iris !!!!

Siècle : Le mot le plus important ?

Cindy : Liberté.

Siècle : Merveilleux. Un immense merci pour nous avoir prêté ta paire de lunettes panoramique, ma chère Cindy. Heart Shaped Glasses Theory te remet solennellement une cassette en bois comprenant les items suivants : des lunettes en forme de coeur, une paire de (super) chaussettes dépareillées et un sachet de myrtilles fraîches.

Cindy : J’adore ! Et miam !

 

Je sais, c’est tellement beau…

Blueberries

Source

 

*Je raccompagne Cindy jusqu’à la porte en sautillant. Elle croule sous le poids d’un sac de myrtilles de 15 kilos, ce qui me satisfait au plus haut point. Il n’est pas dit que la myrtille ne vaincra pas, j’en fais une affaire personnelle ! Le portail de mon royaume se referme derrière elle.*

 

Nous voilà déjà à la fin de cet article, c’est que le temps passe vite en si charmante compagnie.

universsigle

 

Pour suivre les aventures de Cindy Van Wilder, ça se passe par ici :

Cindy Van Wilder – Site officiel
Cindy Van Wilder – Page Facebook
Cindy van Wilder – Chaîne youtube
Cindy Van Wilder – Twitter

 universsigle                                                                                                                                       universsigle

Le mois prochain, cher visiteur, ce n’est pas une mais trente paires de lunettes qui débouleront sur ce blog !

 

Accroche-toi à tes mirettes, ça va swinguer !